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Liban - Le Commentaire

Le Conseil supérieur syro-libanais reste nécessaire, affirme Hussein Husseini

Évoquant Taëf, le président Hussein Husseini indique que le principe de relations privilégiées avec la Syrie y avait été retenu comme allant de pair avec deux autres objectifs essentiels : la libération du territoire occupé par l'application des résolutions de l'ONU, et l'édification d'un État libanais effectif. Aucun de ces points n'a été réalisé car, dit-il, les États-Unis n'ont pas tenu leurs engagements concernant la concrétisation de la 425, et ils se sont focalisés sur le processus de Madrid. L'État libanais n'a pu prendre corps, et les relations avec la Syrie n'étaient pas au mieux.
À ce propos, le président Husseini estime que l'existence d'un Conseil mixte est plus que jamais nécessaire, malgré l'établissement de relations diplomatiques, car il constitue un modèle similaire au Conseil franco-allemand de l'après-guerre, qui avait été le noyau de l'Union européenne.
Il convient de signaler que le président Husseini avait été le premier à lancer cette idée d'un Conseil syro-libanais. Il l'avait défendue en 87 dans un discours aux Makassed, sous le titre « La paix au Liban ». Déclarant que le Liban et la Syrie, pays arabes étroitement liés, membres de la Ligue et des Nations unies, devaient promouvoir les mécanismes les plus serrés de coopération et d'action commune. Dans ce cadre, et dans cet esprit, il n'y a aucune contradiction entre l'existence du Conseil et le fait qu'ils soient deux États indépendants.
À l'époque, les milices libanaises s'étaient opposées au projet. Mais Abdel Halim Khaddam, alors vice-président en Syrie, aussi. Sans doute parce qu'il ne voulait, à l'époque, d'aucune forme de reconnaissance de l'entité libanaise. Il avait remontré au président Husseini que le président Chamoun réclamait la fédération, cheikh Pierre Gemayel l'union et lui le Conseil, sous-entendant qu'il fallait les renvoyer dos-à-dos.
Cependant, le président Hafez el-Assad avait tranché en faveur du Conseil. Et il y avait eu un « pacte de fraternité et de coordination ». Un label inspiré des résolutions de la célèbre conférence épiscopale maronite de 1936. Les prélats y plaidaient, en même temps que pour l'indépendance, pour un renforcement des liens fraternels avec la Syrie, notamment dans le domaine socio-économique.
D'ailleurs, poursuit le président Husseini, lors de la toute première réunion du Conseil supérieur mixte, il avait été discuté d'une importation directe de pétrole syrien, d'État à État. Mais le cartel pétrolier des deux pays y avait fait obstacle.
Selon le président Husseini, le Conseil est conçu pour régler les problèmes qui se sont accumulés depuis l'indépendance, dans un esprit de coordination et de coopération susceptible, par lui-même, de dénouer tous les écheveaux. Le Conseil doit abriter des réunions élargies, annuelles ou même semestrielles. Tout en confortant la reconnaissance totale du Liban par la Syrie, il peut prévenir, par le dialogue constant, d'éventuels nouveaux problèmes relationnels. Mais depuis la rupture de 2005, les travaux du Conseil sont bloqués et aujourd'hui, il a pour vocation d'œuvrer pour éviter une réédition de la crise. Ce qui est à sa portée, du moment qu'il regroupe, à son sommet, les principaux dirigeants des deux pays.
Le président Husseini pense que la Syrie ne serait pas vraiment contrariée si le pacte dit de fraternité et de coordination était aboli. Car, estime-t-il, elle constitue un maillon fort qui n'a pas besoin de textes le ligotant, alors qu'ils protègent le maillon faible.
On sait que ces vues sont rejetées par les indépendantistes libanais. Ils trouvent que le pacte dit de fraternité et le Conseil qui le chapeaute constituent un cadre de confédération camouflée au sein de laquelle la décision appartient au plus fort, c'est-à-dire à la Syrie. Ce qui explique pourquoi Damas continue à refuser obstinément la suppression du Conseil, malgré l'établissement de relations diplomatiques.
Évoquant Taëf, le président Hussein Husseini indique que le principe de relations privilégiées avec la Syrie y avait été retenu comme allant de pair avec deux autres objectifs essentiels : la libération du territoire occupé par l'application des résolutions de l'ONU, et l'édification d'un État libanais effectif. Aucun de ces points n'a été réalisé car, dit-il, les États-Unis n'ont pas tenu leurs engagements concernant la concrétisation de la 425, et ils se sont focalisés sur le processus de Madrid. L'État libanais n'a pu prendre corps, et les relations avec la Syrie n'étaient pas au mieux.À ce propos, le président Husseini estime que l'existence d'un Conseil mixte est plus que...
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