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Lifestyle - Société

Desert Heat, un groupe de rap arabe en « alternative » au hip-hop occidental

Face aux conséquences désastreuses du 11-Septembre, deux frères émiratis estiment que leur passion de la musique peut servir à livrer un message positif.

Avec leurs jeans larges, leurs T-shirts bariolés et leurs bagues clinquantes, Salem Dahman, 29 ans, et son frère Abdallah, 24 ans, ressemblent aux rappeurs d’autres pays, même si leurs textes sont loin des chansons de leurs camarades basées parfois sur la violence et la drogue. Marwan Naamani/AFP

Soucieux de défendre l'image des Arabes et des musulmans écornée par les attentats du 11-Septembre 2001, deux jeunes Émiratis ont formé un groupe de rap qui se pose en « alternative » au hip-hop occidental, qu'ils jugent trop éloigné de leurs valeurs. Mais malgré une approche prudente de la religion, la politique ou la société, l'unique album du groupe Desert Heat (Chaleur du désert), a été interdit dans le royaume ultraconservateur d'Arabie saoudite, tout comme au Koweït, un émirat plus libéral.
Avec leurs jeans larges, leurs T-shirts bariolés et leurs bagues clinquantes, Salem Dahman, 29 ans, et son frère Abdallah, 24 ans, ressemblent aux rappeurs d'autres pays, même si leurs textes sont loin des chansons de leurs camarades basées parfois sur la violence et la drogue. Car le duo estime que face aux conséquences désastreuses des attentats du 11-Septembre 2001, sa passion pour le rap peut servir à livrer un message plus positif.
« C'était un défi : au début nous évoquions la lutte des Palestiniens, des Arabes, et puis nous avons décidé de parler du 11-Septembre, du terrorisme, de l'islam et de notre image qui a été déformée », dit à l'AFP Salem, qui se fait appeler Illmiyah ( « bien informé » en arabe), alors que son frère a choisi Arableak (contraction d'arabe et sombre en anglais). Dans un mélange d'arabe et d'anglais, l'une de leurs chansons, intitulée Did you Know ?, évoque le passé glorieux des Arabes : « Nos tribus se livraient à des concours de poésie (...) Saviez-vous que nous avons régné sur l'Espagne pendant huit siècles ? » « Les gens nous écoutent et viennent nous dire que même plusieurs Arabes et musulmans ne connaissent pas (leur histoire) » alors que d'autres se disent « fiers » de ce passé, dit encore à l'AFP Illmiyah.
L'une de leurs chansons, Alerte terroriste, évoque ce qui se passe dans la tête d'un kamikaze palestinien, alors qu'une autre affirme que les récentes difficultés financières de Dubaï ne vont pas influer sur leur moral. Le duo soutient que des soldats américains basés en Irak ont renoncé à servir au sein de leur armée après avoir écouté leur album, acheté lors d'une permission aux Émirats arabes unis. « Nous ne sommes ni des terroristes ni des ignorants. Nous ne traitons pas nos femmes comme du bétail », dit une autre chanson à l'adresse de l'Occident,dont les gouvernements doivent « être plus justes » selon les deux musiciens, même s'ils disent soutenir la France pour avoir interdit la burqa, « un choix du peuple français ».
Salem, employé à l'aéroport de Dubaï, et Abdallah, qui travaille dans une banque islamique locale, expliquent que leur famille ne s'est pas opposée à ce qu'ils forment un groupe de rap, à condition qu'ils respectent les coutumes. « Notre père est très ouvert, mais il nous a demandé de ne pas trahir nos valeurs », dit Illmiyah, soulignant que le groupe n'emploie pas de « grossièretés » dans ses chansons. Selon lui, Desert Heat a ainsi décliné le parrainage de firmes de cigarettes et d'alcool qui lui proposaient de l'argent pour tourner une vidéo de promotion de leurs produits où ils apparaissaient au milieu de six filles.
Les deux jeunes gens travaillent sur une chanson au sujet du mariage forcé des adolescentes au Yémen, le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique. Les rappeurs, qui prévoient de sortir leur deuxième album en octobre avec l'aide de leur jeune frère Saïd, affirment compter des fans au Moyen-Orient mais aussi en Australie, au Canada, en Allemagne et en France, alors que leur manager, Adeniyi Adetokunboh, un Nigérian, espère les faire se produire en Asie.

Soucieux de défendre l'image des Arabes et des musulmans écornée par les attentats du 11-Septembre 2001, deux jeunes Émiratis ont formé un groupe de rap qui se pose en « alternative » au hip-hop occidental, qu'ils jugent trop éloigné de leurs valeurs. Mais malgré une approche prudente de la religion, la politique ou la société, l'unique album du groupe Desert Heat (Chaleur du désert), a été interdit dans le royaume ultraconservateur d'Arabie saoudite, tout comme au Koweït, un émirat plus libéral.Avec leurs jeans larges, leurs T-shirts bariolés et leurs bagues clinquantes, Salem Dahman, 29 ans, et son frère Abdallah, 24 ans, ressemblent aux rappeurs d'autres pays, même si leurs textes sont...
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