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Liban - Parlement

Palestiniens : les milieux chrétiens se défendent après les propos de Joumblatt

Les milieux chrétiens, visés mardi par des propos acerbes tenus par Walid Joumblatt, se sont efforcés hier de s'expliquer sur leur attitude au sujet des droits civils palestiniens.

La proposition de loi relative à l'octroi de droits civils aux réfugiés palestiniens et les commentaires tenus par le chef du PSP à la suite de la séance parlementaire de mardi ont fait tache d'huile hier dans les divers milieux politiques, en particulier chrétiens.
Présentée par M. Joumblatt et deux autres députés de son bloc, Élie Aoun et Alaeddine Terro, la proposition en quatre points, revêtue du caractère de double urgence, s'est heurtée au refus des blocs chrétiens et son examen a fini par être ajourné.
Commentant ce qui s'est passé, une organisation palestinienne prosyrienne, le FPLP-CG d'Ahmad Jibril, qui entretient des bases militaires hors des camps de réfugiés au Liban, en a pris prétexte pour justifier le maintien de ses armes. « C'est la fin de toutes les tentatives hypocrites de retirer les armes palestiniennes au Liban », estime un communiqué de cette organisation, ajoutant un peu plus loin : « Tout indique que ces armes, en particulier hors des camps, sont une garantie nationale pour faire face à l'ennemi sioniste et à ses agents et pour protéger notre peuple palestinien au Liban des projets d'implantation et du spectre des massacres qui continue de planer au-dessus des camps. »
Prenant la mesure de cette réaction, le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, s'est nettement distingué de tous ses pairs chrétiens pour critiquer à la fois l'initiative de M. Joumblatt et la réaction « hâtive » qu'elle a entraînée.
« Ce qui s'est passé au cours des discussions à la Chambre au sujet des droits humanitaires des réfugiés palestiniens est une partie de tromperie programmée dont les Palestiniens eux-mêmes ont été les victimes, tout autant que la crédibilité de la position des chrétiens libanais à propos de la juste cause palestinienne », a déclaré M. Souhaid.
« Entre un piège tendu par certains amateurs de surenchères et les réactions hâtives de certains chrétiens, des forces étrangères bien connues en ont profité pour entrer dans la brèche par le biais du communiqué du FPLP-CG », a souligné le secrétaire général du 14 Mars.
Revenant hier à la charge, mais de façon un peu moins offensive que la veille, lorsqu'il avait taxé « la droite libanaise d'imbécilité », M. Joumblatt a émis le souhait que « le climat soit plus doux d'ici à un mois pour que l'on puisse, loin de toute crispation, donner aux Palestiniens des droits humanitaires minimaux ».
Interrogé sur ses propos de la veille, le chef du PSP s'est livré à une tirade contre la droite en général et dans le monde, mais sans trop insister cette fois-ci sur la « droite libanaise ».
Prenant le relais de M. Joumblatt, c'est la Jamaa islamiya qui a tiré hier à boulets rouges contre les principaux leaderships chrétiens, les accusant sans les nommer de faire preuve de « racisme ».
« Le repli sur soi confessionnel ne sera jamais un facteur de protection de la présence chrétienne en Orient », a notamment estimé la Jamaa dans un communiqué.
Même son de cloche de la part du Baas prosyrien, dont le secrétaire général, Fayez Chakar, a évoqué un « vrai scandale » pour décrire le comportement de « certains députés habités par des phobies quasi pathologiques ».

Sarcasmes
Du côté des chrétiens, les commentaires se sont partagés entre la justification du refus de la proposition de loi et les sarcasmes à l'encontre des propos tenus par M. Joumblatt.
Le chef du PNL, Dory Chamoun, a déclaré ne pas vouloir répliquer aux propos du chef du PSP. « Avant que je ne puisse lui répondre, il se peut qu'il ait déjà changé d'avis », a-t-il dit.
« Lorsque les Palestiniens seront soumis à la loi libanaise, qu'ils ne disposeront plus de leur propre police, et que l'État aura la possibilité d'entrer dans les camps, alors nous pourrons étudier la question de l'amélioration des conditions de vie des Palestiniens », a ajouté M. Chamoun.
Le secrétaire du Bloc du changement et de la réforme, Ibrahim Kanaan, a invité M. Joumblatt à cesser de parler de gauche et de droite. « Je le dis avec respect, il n'est plus permis que M. Joumblatt fasse de la surenchère à notre égard tantôt à droite, et même à l'extrême droite, et tantôt à gauche », a-t-il lancé.
« Nous sommes dans le principe pour l'octroi de droits civils aux Palestiniens et nous savons que cela est un facteur de stabilité. Mais en dépit de ces considérations, la manière dont le projet de loi a été soumis était mauvaise », a ajouté le député du Metn.
Son collègue du même bloc, Nehmetallah Abinasr, a précisé que l'opposition des blocs chrétiens concernait en premier lieu le caractère de double urgence revêtu par la proposition de loi. Selon lui, un dossier d'une telle importance devrait être débattu à la table du dialogue.
Toujours au sein du bloc aouniste, la députée Gilberte Zouein a estimé qu'il n'était « pas permis de légaliser les droits de peuples se trouvant sur notre territoire au moment où les droits des Libanais restent eux-mêmes soumis aux compromissions et à l'ajournement ».
Du côté des Forces libanaises, le député Antoine Zahra a souligné que si « la gauche est la promotrice de la vraie justice sociale, alors les FL sont à gauche de la gauche ». D'un autre côté, a-t-il ajouté, « si la défense de l'État est une imbécilité, alors nous sommes fiers d'être des imbéciles, parce que nous agissons selon nos convictions ».
« Nous ne sommes pas contre les droits civils des Palestiniens, mais l'octroi de ces droits ne se fait pas dans une telle urgence. L'acte de légiférer ne peut être le fruit d'une réaction », a encore dit M. Zahra, jugeant « suffisant » le délai d'un mois accordé par le président de la Chambre.
Nettement plus ironique à l'égard du chef du PSP, le député Kataëb Élie Marouni a dit : « Je rappelle que Walid Joumblatt avait traité le président syrien Bachar el-Assad de tous les noms avant de louer les services de la planète entière pour se faire pardonner de lui. Je n'écarte donc pas qu'il dise demain le contraire de ce qu'il affirme aujourd'hui. »
Enfin, du côté des chrétiens du Courant du futur, le député Atef Majdalani a affirmé avoir relevé des irrégularités juridiques dans le texte de la proposition de loi présentée par M. Joumblatt, notamment pour ce qui est de la question de la CNSS.
« Comment pourrions-nous approuver une proposition revêtant le caractère de double urgence alors qu'elle contient des erreurs et qu'elle n'a pas été examinée en commission ? » s'est-il interrogé.
La proposition de loi relative à l'octroi de droits civils aux réfugiés palestiniens et les commentaires tenus par le chef du PSP à la suite de la séance parlementaire de mardi ont fait tache d'huile hier dans les divers milieux politiques, en particulier chrétiens.Présentée par M. Joumblatt et deux autres députés de son bloc, Élie Aoun et Alaeddine Terro, la proposition en quatre points, revêtue du caractère de double urgence, s'est heurtée au refus des blocs chrétiens et son examen a fini par être ajourné.Commentant ce qui s'est passé, une organisation palestinienne prosyrienne, le FPLP-CG d'Ahmad Jibril, qui entretient des bases militaires hors des camps de réfugiés au Liban, en a pris...
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