Le site d’Opel à Ruesselsheim, en Allemagne. Photo AFP
Jusqu'ici, Opel soulignait que GM s'était redressé grâce à l'argent des contribuables américains, que le groupe ne pouvait dépenser hors des États-Unis. Mais après six mois de poker infructueux avec l'Allemagne tiraillée entre son désir de sauvegarder des emplois et sa volonté de montrer un visage rigoureux, le constructeur a perdu patience. Il renonce à obtenir de l'aide du Royaume-Uni et de l'Espagne, malgré des signaux positifs : Opel ne se voyait pas « entrer à nouveau dans un processus bureaucratique assez long », a dit M. Reilly. « General Motors fait des profits et a les moyens » de restructurer sa filiale, a réaffirmé hier le ministre allemand de l'Économie, Rainer Brüderle, qui s'estime « conforté dans (sa) décision » de ne pas aider Opel. De fait, pour l'instant, Opel « n'a aucune intention de changer (son) plan de restructuration », a assuré M. Reilly. Le plan prévoit la suppression de 8 000 emplois sur 46 000 en Europe. Le constructeur emploie environ 25 000 salariés en Allemagne et prévoit 3 900 suppressions d'emplois dans le pays. « General Motors a fait preuve de clarté, et mis fin aux incertitudes et aux spéculations pour les salariés », a déclaré le président du comité d'entreprise d'Opel, Klaus Franz, cité dans un communiqué. Le constructeur a assuré que les accords conclus avec les salariés, qui prévoient 265 millions d'euros d'économies par an jusqu'en 2014 en échange d'investissements et de lancements de nouveaux modèles, tenaient toujours.
Tout reste à faire pour Opel et sa jumelle Vauxhall au Royaume-Uni, qui veut désormais mettre « rapidement en œuvre » son plan. La marque à l'éclair, en perte de vitesse depuis des années et tournée vers les marchés européens dont les perspectives de croissance sont faibles, a promis d'investir 11 milliards d'euros en cinq ans en nouveaux modèles. « Nous avons l'intention d'accroître nos ventes (hors d'Europe) et de régénérer la marque dans certains pays », a expliqué M. Reilly, qui dit par ailleurs ne pas craindre une cannibalisation par d'autres marques du groupe, comme Chevrolet et Cadillac, également vendues en Europe. Le feuilleton Opel a démarré en novembre 2008 lorsque le constructeur avait demandé pour la première fois des aides publiques. Sorti de faillite, GM a décidé en novembre de ne plus vendre sa filiale et de la restructurer lui-même, au grand dam de Berlin et de la chancelière Angela Merkel qui s'était fortement engagée dans un rachat par l'équipementier canadien Magna.

