« Blood Diamond », quand l’image inscrit les événements.
Ces médias (presse écrite, télévisée et autres) n'ont eu de cesse de jouer un rôle prédominant et actif dans le déroulement des événements et dans certaines décisions prises au niveau de l'État.
Principal acteur de renversements politiques, de U-turn sociaux démographiques ou de scandales à tous les niveaux, la presse est pourtant qualifiée aujourd'hui de fouille-merde. À part le terme paparazzi qu'a instauré Fellini sans le savoir, les médias sombrent dans le voyeurisme. Le cinéma s'est emparé de ce quatrième pouvoir pour illustrer deux catégories de journalistes qui se sont opposées au fil des années : ceux qui agissent par éthique et recherche de la vérité et les sans-morale qui flairent le scoop sans aucun scrupule.
Il y a d'abord le pionnier Citizen Kane (1940) d'Orson Welles. Chef de file des films de journalisme des années 1930-1960, cette œuvre a toujours été immortalisée par les nouvelles générations. Ce n'est qu'en 1975 que Michanlegelo Antonioni reprend avec brio le sujet et aborde dans Profession : reporter la manipulation par l'image de la télévision. Jack Nicholson y interprète un journaliste épris de liberté.
En 1976, Alan J. Pakula fait l'éclairage sur une nouvelle génération de journalistes, des trublions qui ont pour noms Carl Bernstein et Bob Woodward, interprétés par Dustin Hoffman et Robert Redford. All Presidents's Men suit l'enquête de ces journalistes du Washington Post qui ont révélé l'affaire du Watergate. Un classique qui mêle investigation journalistique et thriller politique, sur fond de faits réels. Une histoire qui sera reprise aussi par le cinéma dans le film Frost/Nixon (2009) de Ron Howard sous forme d'entretien télévisuel. The Insider de Michael Mann en 1999 avec le duo Al Pacino et Russell Crow, pour dénoncer une grande firme de tabac ; Blood Diamond d'Edward Zwick en 2006, film pour également dénoncer le trafic de diamants en Afrique, sont autant d'œuvres qui illustrent l'héroïsme du journaliste brandissant la flamme de la vérité.
I comme Icare, cette figure légendaire qui, en s'approchant trop près du soleil, s'est brûlée les ailes. En espérant que le quatrième pouvoir demeure une puissance, sans se brûler trop d'ailes et sans même perdre des plumes, on aimerait comme certains rajouter le nom de cinquième pouvoir à l'opinion publique. Cette opinion plébiscitée par la masse et qui, comme nous l'avons vu en 2005 au Liban, a valu son pesant d'or. Comme on le dit si bien chez Lucas : « May the force be with them, ou que la force soit avec eux. »
*Film de Serge Leroy avec Philippe Noiret et Nicole Garcia.

