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Nos lecteurs ont la parole

Tolérance zéro

Raja RASSI
Monsieur le Ministre de l'Intérieur,
Je suis désolé de ressasser un sujet soulevé maintes et maintes fois mais malheureusement toujours au point mort, à savoir l'application du code de la route.
Je fais encore partie de ces incorrigibles ringards que la vue d'une mobylette brûlant un feu rouge ou roulant à contresens agace énormément, et que celle d'une file de voitures impunément arrêtées sous un panneau d'interdiction de stationner met hors d'eux ou encore celle d'un papier jeté avec désinvolture par un automobiliste sur la voie publique irrite sérieusement le regard.
Monsieur le Ministre, je suis convaincu que cette situation déplorable n'est pas une fatalité et que le remède est beaucoup plus facile qu'on ne le pense, jusqu'à en paraître simpliste peut-être, et ne nécessite de surcroît ni nouvel outil législatif ni recrutement onéreux pour les caisses de l'État.
Le maître-mot est la tolérance zéro, c'est-à-dire le fait de sanctionner impérativement toute infraction écart au code de la route aussi minime qu'elle soit.
Je vous propose humblement l'approche suivante :
- Lancer une campagne d'information et d'éveil avec de multiples messages simples mais percutants.
- La faire diffuser gratuitement et intensivement dans tous les médias locaux. Je m'engage à le faire dans le journal dont j'assure la direction (al-Hayat - NDLR).
- Choisir parmi les effectifs actuels une centaine de policiers motivés, alertes, courtois et intransigeants (on devrait sûrement en trouver une centaine). Ce nombre suffira, sachant que 90 % du problème se situe dans le Grand-Beyrouth. Les automobilistes se plieront au code même s'il n'y a pas de policier en vue à condition d'être sûrs que la tolérance est nulle et qu'ils seront sûrement sanctionnés si par hasard l'un d'eux se pointe.
- Assurer à ces policiers la formation nécessaire en termes de connaissance du code de la route, de courtoisie, mais aussi de fermeté et de rigueur.
- Débarrasser les routes des blocs de béton et autres barrières qui les asphyxient (allez jeter un coup d'œil aux rues du centre-ville, M. Baroud) et laisser les policiers appliquer la loi.
- Demander à ces policiers de sillonner inlassablement la ville à moto, d'ouvrir l'œil et de sanctionner immédiatement, sans tergiversation mais avec une infinie courtoisie, tout écart de conduite. À ce sujet, notons qu'une voiture arrêtée sous un panneau d'interdiction de stationnement avec les « flashers » allumés est un écart, une autre stationnée en deuxième file  pour une minute est aussi un écart, même si le conducteur est un militaire ou un officiel, ou si elle a les vitres fumées. Notons enfin qu'un motocycliste sans casque, sans plaque, qui brûle un feu à contresens commet plusieurs graves infractions.
Finalement, Monsieur le Ministre, mettez la pression suffisante pour que cette action ne soit pas un effet d'annonce et qu'elle ne s'essouffle pas au bout d'une semaine, et croyez-moi qu'au bout de  quelques mois, voire un an, une grande partie du cauchemar qu'est devenue la circulation routière à Beyrouth aura été résolue et que vous aurez réconcilié la quasi-totalité des automobilistes avec leurs routes, leur ville, mais surtout avec les agents de la circulation et leur ministère.

Raja RASSI
Monsieur le Ministre de l'Intérieur, Je suis désolé de ressasser un sujet soulevé maintes et maintes fois mais malheureusement toujours au point mort, à savoir l'application du code de la route.Je fais encore partie de ces incorrigibles ringards que la vue d'une mobylette brûlant un feu rouge ou roulant à contresens agace énormément, et que celle d'une file de voitures impunément arrêtées sous un panneau d'interdiction de stationner met hors d'eux ou encore celle d'un papier jeté avec désinvolture par un automobiliste sur la voie publique irrite sérieusement le regard. Monsieur le Ministre, je suis convaincu que cette situation déplorable n'est pas une fatalité et que le remède est beaucoup plus facile qu'on ne le...
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