La thématique des colloques a soulevé quelques questions : qu'y a-t-il à dire sur les programmes de formation universitaire ? Valent-ils la peine d'organiser un colloque là-dessus ?
La réponse est positive : nous débattons des programmes de formation universitaire, de leurs objectifs et référentiels, de leurs approches, de leurs outils, de leurs évaluations et du rôle de l'enseignant à l'ère du numérique parce qu'il y a un besoin immédiat de réflexion dans un nouvel espace mondial, avec de nouveaux acteurs.
Nous ne voulons plus, dans nos programmes, former les étudiants en vue d'une consommation du savoir mais produire des richesses. Ainsi, les programmes de formation universitaire supposent la mise sur pied des équipes pédagogiques et des enseignants chevronnés dont l'objectif sera d'accompagner les étudiants tout au long de leur parcours de formation.
Avec la mondialisation, le système universitaire est invité à opérer une profonde mutation, un « aggiornamento » qui consistera non seulement à réformer les programmes, mais aussi à formater la mentalité des enseignants et surtout celle des étudiants, dans le cadre d'une approche par compétences, par projets et par programmes. Il s'agit donc d'un véritable chantier stratégique et opérationnel afin de parvenir à une formation universitaire pertinente, qui met en exergue la nécessité de s'adapter au nouvel environnement culturel et économique.
Cette adaptation est inéluctable dans un espace universitaire extrêmement concurrentiel au sein duquel le Liban doit trouver sa place. Cette ouverture se traduira nécessairement par une flexibilité académique et surtout par une plus grande employabilité, ultime objectif de la formation universitaire.
Formation suppose orientation. L'Unesco définit celle-ci comme « une pratique de type continu visant à aider chaque individu à choisir lui-même la formation la plus conforme à ses aptitudes, à ses goûts et à ses intérêts ; à s'y adapter et à résoudre éventuellement ses problèmes en vue de son plein épanouissement personnel et son insertion dans la vie active, en conformité avec les besoins du pays, et ses perspectives de progrès économique, social et culturel ».
Des experts nationaux et internationaux et plus de 28 pays ont été représentés aux deux colloques pour témoigner que la francophonie se porte très bien. Les expertises mutuelles ont permis, sans aucun doute, à la communauté universitaire de relever les défis du XXIe siècle. Il est sûr que seule, celle-ci ne peut rien. Elle a besoin d'autres partenaires privés et publics : entreprises, ONG, monde rural, ministères de l'Emploi et de la Formation professionnelle, de la Jeunesse, de la Santé publique, de l'Enseignement secondaire et de l'Éducation de base.
Les professeurs du numérique ont pour mission principale de former les générations à venir, de redonner aux jeunes le zèle pétulant et inventif d'un Gavroche (héros des Misérables de Victor Hugo) pour que l'enthousiasme remplace la peur et l'échec. Donnons à la jeunesse le rêve nécessaire pour bien réussir. Élaborons de nouvelles stratégies et méthodes d'orientation universitaire et professionnelle afin de permettre aux étudiants de développer leur capacité à s'autonomiser et à se responsabiliser tout au long de leur formation.
Dr Cynthia EID
Directrice - pôle langueset CLER
Université antonine


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