La conférence donnée par l'architecte Richard Rogers, coauteur de ces deux références de l'architecture contemporaine, n'a pas enclenché la polémique à laquelle on pouvait s'attendre, celle de la nature même de l'acte créateur. C'est peut-être parce que l'on ne se trouvait pas en milieu strictement académique. Ce que l'on a compris plutôt de la suite de l'exposé a quelque peu décontenancé les Levantins que nous sommes. Surtout ceux parmi nous qui font leur business à partir de petits ou grands bureaux d'architecture installés à Beyrouth. Sir Richard Rogers avait expliqué que les bénéfices générés par les commandes confiées à son groupe étaient versés en totalité aux œuvres sociales après déduction des frais généraux, salaires des employés et salaires des principaux associés. Les émoluments mensuels de ceux-ci ne pouvant en aucun cas être supérieurs à huit fois les salaires minima pratiqués dans l'agence. Les personnes de l'assistance se sont demandé dans leur for intérieur comment on pouvait concilier une telle droiture morale avec un statut de célébrité mondiale.
La reine Elizabeth II d'Angleterre l'a bien compris. Elle n'a pas hésité à offrir au talentueux architecte et à l'humaniste de faire partie de la Chambre des lords.
Le message aux étudiants qui pensent obtenir un diplôme d'architecte est donc clair : « Si vous cherchez la fortune, la profession libérale n'en est pas la porte d'entrée. Les possibilités ne manquent pas ailleurs, réfléchissez bien. »


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef