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Liban - Éclairage

L’équation S-S (syro-saoudienne) a-t-elle été remplacée par l’équation I-T (irano-turque) ?

L'ambassadeur iranien à l'ONU a félicité son homologue libanais Nawwaf Salam qui, au nom de Beyrouth, a choisi l'abstention lors du vote par le Conseil de sécurité des sanctions contre l'Iran, le remerciant pour cette position prise malgré les spécificités du Liban et ses amitiés internationales.
Cette position iranienne a d'ailleurs poussé un membre du 14 Mars à fermement dénoncer l'attitude extrêmement plus royaliste que le roi de certains dirigeants du 8 Mars, à commencer par celle du président de la Chambre Nabih Berry qui appelait à un vote contre les sanctions et à un alignement sur la Turquie ; une requête qui a d'ailleurs été transmise par écrit dès mardi dernier par le ministre des Affaires étrangères Ali Chami à Nawwaf Salam - ce qui a poussé le Premier ministre Saad Hariri à exiger que cette question soit débattue en Conseil des ministres.
Il faut dire que le Liban, depuis le départ, se dirigeait, et pour plusieurs raisons, vers l'abstention. On dit que la veille de la réunion à New York, un mot d'ordre a été donné aux ministres du 8 Mars : celui de voter contre les sanctions, surtout après que Saad Hariri eut averti Hassan Nasrallah, lundi dernier dans la nuit, que la tendance allait être à l'abstention.
Il n'empêche : le chef de l'État, Michel Sleiman, a multiplié les contacts afin d'accoucher d'une position qui ne mettrait aucunement en péril la paix civile et qui préserverait les intérêts du Liban sur le plan international. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il n'existait aucun consensus sur la question des sanctions contre l'Iran entre les pays arabes ; ce qui a fait que le Liban a été prié de décider tout seul, dans une des affaires les plus compliquées pour lui... Résultat des courses : c'est à une ingénierie de joaillier que l'on a eu droit en Conseil des ministres, où 14 ministres (majorité + Joumblatt) ont voté pour l'abstention et 14 (minorité + Sleiman) ont voté contre les sanctions. Il faut dire que le chef de l'État insiste pour que le Liban ne soit pas impliqué dans les conflits régionaux et internationaux ; voilà pourquoi il a demandé à ses ministres de voter de telle façon qu'aucune surenchère ou aucune provocation ne soient permises.
Il n'en reste pas moins que plusieurs pôles du 14 Mars s'interrogent désormais sur le devenir de l'équation S-S, à savoir l'entente syro-saoudienne ; une équation chère au cœur d'un Nabih Berry par exemple, persuadé qu'elle garantit la paix civile au Liban, renforce la stabilité et éloigne le pays des vents mauvais régionaux. Et la question, désormais, se pose : pourquoi l'équation S-S a-t-elle été remplacée par l'équation I-T ? Avec une question corollaire : pourquoi certaines factions au sein du 8 Mars veulent-elles privilégier les intérêts d'une partie tierce, l'Iran, à ceux de l'État libanais ? Surtout que les Arabes n'ont pas ouvert la bouche au sujet des sanctions contre l'Iran, et notamment la Syrie, où se trouvait tout récemment le Premier ministre Saad Hariri...
Reste à savoir si ce qui s'est passé en Conseil des ministres aura ou pas des répercussions sur le terrain et sur la très bancale solidarité interministérielle. Est-ce que la minorité se contentera juste de ses déclarations publiques et médiatiques ? Un ministre évoque à ce sujet trois étapes à venir : le sommet libano-syrien le 15 juin, la table de dialogue censée se réunir le 17 juin, jour de grève générale décidée par la CGTL.
L'ambassadeur iranien à l'ONU a félicité son homologue libanais Nawwaf Salam qui, au nom de Beyrouth, a choisi l'abstention lors du vote par le Conseil de sécurité des sanctions contre l'Iran, le remerciant pour cette position prise malgré les spécificités du Liban et ses amitiés internationales.Cette position iranienne a d'ailleurs poussé un membre du 14 Mars à fermement dénoncer l'attitude extrêmement plus royaliste que le roi de certains dirigeants du 8 Mars, à commencer par celle du président de la Chambre Nabih Berry qui appelait à un vote contre les sanctions et à un alignement sur la Turquie ; une requête qui a d'ailleurs été transmise par écrit dès mardi dernier par le ministre...
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