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Liban

Abboud et Samy Gemayel s’élèvent contre la campagne visant le groupe Placebo

 Les mesures prises hier par le ministre de l’Intérieur Ziyad Baroud ont permis d’assurer à tous, sans accrocs, la liberté d’expression. Mohammad Azakir/Reuters

Le concert du groupe de rock britannique Placebo a eu lieu en définitive hier soir, comme prévu, sans accrocs et dans une atmosphère normale, en dépit des appels au boycottage et à la tenue d'un sit-in sur le lieu du concert, au Forum de Beyrouth. Ces appels avaient été lancés la veille par des organisations défendant le boycottage d'Israël qui ont mené campagne contre le groupe britannique sous prétexte qu'il a donné un concert à Tel-Aviv avant de venir à Beyrouth.
L'appel de ces organisations, qui ont tenté ainsi de torpiller la soirée musicale d'hier soir, n'a pas reçu l'écho requis par les protestataires puisque, à peine une quinzaine de contestataires se sont rassemblés à l'entrée du Forum de Beyrouth, brandissant un drapeau palestinien. Si le concert a pu ainsi se dérouler dans des conditions normales, c'est sans doute en grande partie grâce aux mesures de sécurité prises par le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, qui a ordonné le déploiement d'une unité de commandos des FSI dans le périmètre du Forum. Le ministre Baroud a ainsi apporté hier soir la preuve que lorsque l'État assume ses responsabilités, la liberté d'expression peut être assurée à toutes les factions sans pour autant que les lignes rouges portant sur le respect des libertés culturelles, artistiques et de pensée ne soient outrageusement violées.
Dans ce cadre, et après le ministre de la Culture, Salim Wardy, qui avait stigmatisé mardi soir, dans une interview express à la MTV, la campagne d'intimidation lancée contre le groupe Placebo, c'était au tour hier du ministre du Tourisme, Fady Abboud, de s'élever contre cette campagne. Réfutant l'argumentation des responsables des organisations anti-israéliennes, selon lesquels le groupe britannique devait être interdit au Liban parce qu'il s'est produit en Israël, M. Abboud a notamment déclaré : « À supposer même que le groupe ait des sympathies israéliennes, c'est en l'accueillant au Liban et en lui montrant le vrai visage du pays que l'on pourrait contrebalancer ses sympathies, si tant est qu'elles existent. La résistance touristique constitue l'un des fondements essentiels du Liban. La résistance touristique consiste à encourager les gens à visiter notre pays. Il faut mettre un terme à ces surenchères. S'il fallait interdire la venue au Liban de tous ceux qui se rendent en Israël, on en viendrait à interdire au pape de visiter le Liban. »
Et M. Abboud d'ajouter : « Personne n'est plus patriote que l'autre. Il est temps de mettre fin à ces surenchères. »

Samy Gemayel : Non à la culture monochrome
De son côté, le député Samy Gemayel, coordinateur du comité central du parti Kataëb, a également stigmatisé la campagne d'intimidation contre le groupe Placebo, soulignant que « ce n'est pas la première fois que des factions lancent des attaques ciblées contre des groupes culturels et artistiques étrangers venant au Liban ». « Ces factions ont recours dans leurs attaques contre ces groupes à des slogans qui donnent de notre pays une image rétrograde et qui nous font revenir à l'ère des ténèbres, a déclaré Samy Gemayel. Ces factions portent préjudice à notre image auprès de la communauté internationale, d'autant que nous avons déjà assisté à des campagnes similaires lancées contre les artistes Gad Maleh, Patrick Bruel et le réalisateur Francis Ford Coppola. Nous craignons ainsi qu'au nom de la résistance, on en arrive à porter atteinte aux libertés publiques, dont la liberté d'expression artistique, et à éliminer la diversité artistique et culturelle, de manière à imposer une culture monochrome au Liban. »
Et Samy Gemayel d'ajouter : « Ces factions s'emploient à imposer leur propre point de vue aux Libanais, faisant fi de la liberté d'expression, stipulée dans l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui insiste sur la liberté d'opinion et d'expression, et dans l'article 27, qui stipule que l'individu a le droit de participer librement à la vie culturelle et à bénéficier des activités artistiques. Ces deux articles sont au cœur du préambule de la Constitution libanaise. De ce fait, nous tenons à affirmer que de telles campagnes sont inadmissibles car elles contribuent à porter atteinte à la patrie de la liberté, sans compter que ces campagnes servent à réaliser les objectifs des pays qui tentent par tous les moyens d'isoler le pays du reste du monde en portant un coup à l'image d'un Liban pays de tourisme et de pluralisme culturel. Ceux qui mènent de telles campagnes cherchent à imposer la culture de la mort et du repli sur soi à l'un des peuples les plus cultivés, les plus évolués et les plus ouverts de la région. »
Et Samy Gemayel de conclure : « Nous tenons aussi à affirmer que l'État, à travers ses institutions constitutionnelles et juridiques, est seul habilité à prendre des décisions se rapportant à la censure. Ceux qui croient qu'ils peuvent imposer leur point de vue et leur culture à tous les Libanais doivent savoir que tant que nous sommes là, le Liban demeurera le pays de la civilisation. Nous demandons enfin aux ministres concernés et au gouvernement d'adopter une attitude claire au sujet de cette affaire, de même que nous invitons le parquet à engager des poursuites contre ceux qui portent préjudice à l'image du Liban à l'étranger. »
Le concert du groupe de rock britannique Placebo a eu lieu en définitive hier soir, comme prévu, sans accrocs et dans une atmosphère normale, en dépit des appels au boycottage et à la tenue d'un sit-in sur le lieu du concert, au Forum de Beyrouth. Ces appels avaient été lancés la veille par des organisations défendant le boycottage d'Israël qui ont mené campagne contre le groupe britannique sous prétexte qu'il a donné un concert à Tel-Aviv avant de venir à Beyrouth.L'appel de ces organisations, qui ont tenté ainsi de torpiller la soirée musicale d'hier soir, n'a pas reçu l'écho requis par les protestataires puisque, à peine une quinzaine de contestataires se sont rassemblés à...
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