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Économie - Crise Financière

Le G20 hésite à serrer la bride aux banques

Les ministres des Finances et banquiers centraux des grands pays riches et émergents réunis à Busan se sont engagés à réformer « rapidement » le système financier, tout en jugeant la reprise économique mondiale plus rapide que prévu.

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (à droite), au cours d’une conférence de presse, à l’issue de la réunion du G20. Kim Jae-hwan/AFP

Les ministres des Finances et banquiers centraux des grands pays riches et émergents du G20 se sont félicités ce week-end d'une reprise économique « plus rapide que prévu », tout en restant divisés sur la mise en place d'une taxe bancaire mondiale.
« L'économie mondiale continue de croître plus vite que prévu, mais à un rythme inégal selon les pays et les régions. Cependant, la récente volatilité sur les marchés financiers nous rappelle que des défis significatifs persistent », ont souligné les grands argentiers du G20 dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion de deux jours à Busan, en Corée du Sud.
Convoquée dans un contexte d'inquiétudes face à la crise de la dette dans la zone euro, cette réunion destinée à évaluer l'état de l'économie mondiale avait également pour but de trouver un difficile accord sur les réformes du système financier et sur un équilibre délicat entre les politiques de relance et les équilibres budgétaires.
Les crises budgétaires traversées par plusieurs pays et les remous sur les marchés financiers soulignent « la nécessité pour nos pays de mettre en place des mesures crédibles, favorables à la croissance, pour parvenir à des finances publiques viables », ont estimé les responsables du G20.
Mais loin d'imposer des remèdes uniques, le G20 estime que ces mesures doivent être « différenciées et adaptées à chacune des circonstances nationales ». « Les pays qui traversent de sérieuses difficultés budgétaires doivent accélérer le rythme de la consolidation. En fonction de leurs capacités, les pays accroîtront leurs sources de croissance intérieures, tout en préservant la stabilité macroéconomique », a conclu le G20.
« L'impact sur la croissance ne devrait pas être considéré comme négatif, car la réduction budgétaire aiderait à consolider la reprise », a commenté Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE).
Concernant la réforme du système financier, le G20 s'est engagé à « parvenir rapidement à un accord sur le renforcement des exigences en matière de capital et de liquidité, qui constitue le cœur de notre programme de réformes ».
Il a confirmé qu'il souhaitait qu'un nouveau cadre réglementaire pour le secteur bancaire soit défini d'ici à novembre prochain et appliqué avant fin 2012. Les ministres et dirigeants de banques centrales sont en revanche restés muets sur la possibilité d'introduire une taxe mondiale sur les banques, dont le produit servirait à financer de futurs plans de sauvetage.
Cette taxe, dont le produit serait versé au budget des États ou bien alloué à un fonds destiné à financer d'éventuels plans de sauvetage massifs du système bancaire, constituerait une sorte de « prime d'assurance », a expliqué un haut responsable du Fonds monétaire international (FMI), qui planche sur le sujet.
Mais le projet se heurte à l'opposition de plusieurs pays, principalement le Canada, le Brésil et l'Australie, dont les banques n'ont été pour rien dans la débandade financière et qui refusent de payer les pots cassés, alors qu'il est défendu par les Européens et les États-Unis.
Le débat sur la taxe bancaire « nous a distraits des problèmes de fond », a critiqué le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, pour qui la plupart des pays du G20 « ne soutiennent pas le concept d'une taxe universelle ». Le G20 s'est borné à plaider pour « une contribution juste et substantielle » des banques aux éventuels plans de sauvetage futurs.
La ministre française de l'Économie Christine Lagarde, tout en reconnaissant que « tout le monde ne sera pas au rendez-vous de la taxe bancaire », a cependant assuré que « de nombreux pays sont d'accord pour examiner le principe ».
Censée à l'origine se pencher sur les stratégies de sortie de crise, la réunion de Busan a vu son agenda modifié par la crise de l'euro. Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a cependant indiqué que les ministres n'avaient pas discuté de la chute de l'euro, qui ne manque pas d'inquiéter certains pays exportateurs. « Le G20 a fermement soutenu des mesures annoncées par l'Union européenne », a-t-il indiqué, évoquant le plan de soutien de 750 milliards d'euros, afin d'aider certains pays européens en crise, dont la Grèce. « Nous devons faire plus pour soutenir la croissance européenne. Nous ne pouvons pas compter sur le reste du monde », a-t-il ajouté.
Les ministres des Finances et banquiers centraux des grands pays riches et émergents du G20 se sont félicités ce week-end d'une reprise économique « plus rapide que prévu », tout en restant divisés sur la mise en place d'une taxe bancaire mondiale.« L'économie mondiale continue de croître plus vite que prévu, mais à un rythme inégal selon les pays et les régions. Cependant, la récente volatilité sur les marchés financiers nous rappelle que des défis significatifs persistent », ont souligné les grands argentiers du G20 dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion de deux jours à Busan, en Corée du Sud.Convoquée dans un...
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