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Cinema- - Entre Parenthèses

Et la Palme d’or est attribuée à...

Apichatpong Weerasethakul. Un nom à retenir. Et pourtant si difficile à retenir car jusqu'à présent ce metteur en scène thaïlandais n'avait pas fait de grandes apparitions sur la scène cinématographique.
C'est cela Cannes. Une longue histoire de révélations, de surprises, d'étonnements et parfois d'échecs commerciaux. Mais le festival n'est pas responsable de ce qui adviendra par la suite. Lorsqu'un film, un réalisateur sont révélés, leur vie continue après Cannes. Le festival n'a fait qu'éclairer cette petite lanterne sur l'œuvre. Aux spectateurs par la suite de faire revivre ou mourir l'œuvre. Ainsi Rome, ville ouverte, en 1946 n'a pas révélé le cinéaste Roberto Rossellini, car il n'était pas débutant, mais sa façon nouvelle d'envisager les rapports du cinéma et de la réalité. Par contre, lorsque Ingmar Bergman présente en 1947 son Éternel Mirage, c'était un véritable naufrage critique et commercial. Le grand cinéaste a dû par la suite dévier son cours.
Youssef Chahine est certainement un fils de Cannes. Débarqué sur la Croisette en 1952 (il avait 25 ans) avec Le fils du Nil, il enchante le festival et deviendra par la suite un grand cinéaste mondial.
Un autre nom qu'il était difficile à l'époque de retenir était celui de Satyajit Ray que le Nouvel Observateur appela le géant du Bengale. C'est encore une fois les spotlights cannois qui le mirent sous la lumière en 1956. Et n'est-ce pas encore une fois ce même festival qui a fait connaître Andrezj Wajda avec Kanal en 1957 ?
Cannes est un festival qui embrasse, qui aime ses enfants. Et leur pardonne même s'ils lui ont fait du mal. François Truffaut, grand baroudeur, critique-flingueur démolissait toujours Cannes, qui ne lui tint jamais rancune puisqu'en 1959 le jury décernera au réalisateur français le prix de la mise en scène pour Les Quatre cents coups. C'est cette même année qu'a été présenté le film d'Alain Resnais, Hiroshima mon amour, demeuré une œuvre indémodable.
Hiroshi Teshigahara (prix spécial du jury), avec sa Femme de sable en 1964 ; Mohammad Lakhdar Hamina (Algérie), Palme d'or en 1975 pour Chronique des années de braise ; Akira Kurasawa (Japon), Palme d'or en 1980 pour Kagemusha ; Volker Sclöndorff en 1966 à qui on décerne le prix de la critique internationale pour Les désarrois de l'élève Törless. Mais aussi Francis Ford Coppola, Bob Fosse, Dennis Hopper (Easy Rider), dont Hollywood ne voulait pas, ou Robert Altman, Steven Spielberg, Lars von Trier en 1984 ou les deux frères Coen que Cannes fit connaître - car après Arizona Junior, suivit Barton Fink et d'autres encore. Et encore et surtout ce fêlé du cinoche considéré comme une grande révélation cannoise. J'ai nommé : Mr Quentin Tarentino.
Alors oui, pour le cru 2010 c'est Apichatpong Weerasethakul (merci au copier/coller qui permet de ne pas faire d'erreurs) qui prend la Palme en félicitant le président du jury, Tim Burton, pour sa coiffure.
Des révélations certes, mais également des bouderies de la presse pas toujours unanime, pas toujours ayant compris. Et pour mieux se consoler, certains collègues brandiront des hypothèses, des postulats auxquels ils tiendront mordicus. Est-ce une Palme politique ? La crise de la Thaïlande serait-elle en jeu ? Cannes reste impavide devant ces rumeurs.
D'autres réalisent que le péril jaune existe. Pas un péril, mais une sorte de raz-de-marée rafraîchissant, car en quelques années le Japon, la Chine, la Corée et maintenant la Thaïlande, ces pays asiatiques, ont su faire déferler sur Cannes un tsunami de rêves, de poésie, de subtilité et de raffinement.
Apichatpong Weerasethakul. Un nom à retenir. Et pourtant si difficile à retenir car jusqu'à présent ce metteur en scène thaïlandais n'avait pas fait de grandes apparitions sur la scène cinématographique. C'est cela Cannes. Une longue histoire de révélations, de surprises, d'étonnements et parfois d'échecs commerciaux. Mais le festival n'est pas responsable de ce qui adviendra par la suite. Lorsqu'un film, un réalisateur sont révélés, leur vie continue après Cannes. Le festival n'a fait qu'éclairer cette petite lanterne sur l'œuvre. Aux spectateurs par la suite de faire revivre ou mourir l'œuvre. Ainsi Rome, ville ouverte, en 1946 n'a pas révélé le cinéaste Roberto Rossellini,...
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