Une chorégraphie vitaminée, qui fait se rencontrer hip hop et musiques baroques tout en lorgnant vers le Brésil et l'Afrique./AFP
La représentation de vendredi soir était très attendue, après l'annulation des deux premières dates (mercredi et jeudi) en raison d'un mouvement de grève d'une partie du personnel de Chaillot.
Le spectacle a d'ailleurs été retardé d'un quart d'heure afin qu'un message des grévistes soit transmis au public par la voix d'un porte-parole, qui a exprimé de "vives inquiétudes" quant à l'avenir du théâtre, le montant de sa subvention et les conditions de travail du personnel.
Puis José Montalvo et Dominique Hervieu, respectivement directeur artistique et directrice du lieu, ont pu dévoiler leur dernier opus. Avec "Les Paladins" de Rameau au Châtelet et "Porgy and Bess" de Gershwin à Lyon, le tandem a pris goût à l'opéra. Au départ, c'est d'ailleurs l'"Orphée" de Gluck que le duo aurait dû mettre en scène, à la demande de l'Opéra du Rhin. Le projet ne s'est finalement pas réalisé, mais "on avait commencé à s'immerger dans le mythe, et on a eu du mal à s'en débarrasser", a expliqué Dominique Hervieu à l'AFP.
C'est donc un "Orphée" que les Montalvo-Hervieu ont préparé à Chaillot, et il est naturellement sous influence vocale et musicale, avec la présence sur scène de quatre artistes lyriques (dont un à la fois ténor et violoncelliste, une performance), deux chanteurs africains et un joueur de théorbe.
Quelque 800 artistes ont été auditionnés pour composer la distribution qui présente, parmi les neuf danseurs choisis, deux personnalités singulières: un athlète monté sur des échasses pneumatiques et donc étonnamment bondissant, venu du Cirque du Soleil, et un jeune hip hopeur unijambiste mais d'une agilité stupéfiante. Deux figures d'Orphée entre domination et fragilité.
C'est le second danseur, d'une belle sensibilité, que l'on voit à l'écran déambuler sur les quais de Paris parmi les bouquinistes, découvrant un livre sur le mythe d'Orphée. Les images se font animales, urbaines ou aquatiques et parfois sanglantes pour raconter le destin de ce poète qui, pour s'être retourné afin de regarder son Eurydice, la condamnera aux Enfers avant de mourir dépecé par les Bacchantes (film gore mais efficace à l'écran).
Comme souvent chez les Montalvo-Hervieu, les personnages correspondent avec leurs doubles à l'image de façon troublante et saisissante. Leur danse souvent vitaminée, qu'elle puise dans le hip hop ou lorgne le Brésil et l'Afrique, colle bien aux musiques baroques sélectionnées (Durante, Jacchini, etc.). Mais il y a sans doute plus d'imagination et de fantaisie que de vertige dans cette vision d'Orphée, questionnement de l'artiste dans sa condition d'homme.
Avec une vingtaine de spectacles à leur actif, José Montalvo et Dominique Hervieu sont les chorégraphes contemporains français les plus reconnus et diffusés en France et dans le monde avec Angelin Preljocaj. Après Chaillot, leur "Orphée" est d'ailleurs promis à une impressionnante tournée en 2010-2011, qui les conduira notamment à Rome, en Amérique du Sud, ainsi qu'à Brest, Caen, Grenoble, Lyon et Luxembourg.
La représentation de vendredi soir était très attendue, après l'annulation des deux premières dates (mercredi et jeudi) en raison d'un mouvement de grève d'une partie du personnel de Chaillot.
Le spectacle a d'ailleurs été retardé d'un quart d'heure afin qu'un message des grévistes soit transmis au public par la voix d'un porte-parole, qui a exprimé de "vives inquiétudes" quant à l'avenir du théâtre, le montant de sa subvention et les conditions de travail du personnel.
Puis José Montalvo et Dominique Hervieu, respectivement directeur artistique et directrice du lieu, ont pu dévoiler leur dernier opus. Avec "Les Paladins" de Rameau au Châtelet et "Porgy and Bess" de Gershwin à Lyon, le tandem a...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine