L’arrivée du philosophe et linguiste américain Noam Chomsky au meeting organisé par le Hezbollah à Mlita. Photo AFP
« Les armées qui sortent victorieuses des guerres exposent leurs exploits dans des musées », a affirmé le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de la cérémonie d'inauguration, dans une allocution retransmise sur écran géant. Ce site « est une initiative modeste comparée (...) aux sacrifices et aux victoires historiques remportées », a-t-il ajouté, en référence à la guerre de 2006 avec Israël.
« L'une de nos principales responsabilités est de préserver l'histoire de la Résistance (...) et ce musée est créé sur la terre de la Résistance », a souligné le secrétaire général du Hezbollah, qui s'adressait à des centaines de personnes rassemblées dans une cour à l'intérieur du complexe.
Pour mettre en exergue l'importance de cette idée de préservation de l'histoire, Hassan Nasrallah a donné l'exemple de l'Holocauste. « Même nos ennemis, le mouvement sioniste dans le monde ont écrit des ouvrages, rédigé des rapports et réalisé des films sur l'Holocauste, dont certains sont diffusés sur nos écrans arabes. Ils mêlent ce sujet à n'importe quel film, même s'il n'a aucun lien, même s'il est social, politique, artistique ou destiné au simple divertissement. Ils ont édifié des musées pour l'Holocauste dans plusieurs capitales du monde, pour que l'être humain où qu'il aille puisse entrer dans un musée sur l'Holocauste, indépendamment du fait de savoir si celui-ci est véridique ou pas, ou de savoir quelle est sa proportion exacte. Nous ne voulons pas polémiquer sur ce sujet », a-t-il indiqué.
Le secrétaire général du Hezbollah a ensuite abordé la question de l'écriture de l'histoire au Liban, déplorant le fait que « chaque communauté, région ou famille ait sa propre histoire ». Il a évoqué dans ce cadre l'histoire de la résistance à Israël à travers ses différentes étapes de 1948 à nos jours, avant d'appeler à « des efforts communs pour écrire l'histoire de la résistance au Liban dans ses différents aspects ». « Un tel ouvrage constituera une base pour tous les travaux et toutes les recherches. On pourra écrire des scénarios, réaliser des films et des pièces de théâtre, et organiser des conférences et des colloques pour célébrer l'histoire du jihad », a-t-il dit.
Le site, dans la localité de Mlita, était une ancienne base militaire du Hezbollah avant le retrait d'Israël du Sud après une occupation de 22 ans et jusqu'à la guerre de 2006. Le secrétaire général du Hezbollah a évoqué son importance symbolique.Il sera ouvert au public à partir de mardi 25 mai, date de la commémoration du retrait israélien.
Des dizaines de roquettes antichars, de roquettes Katioucha, de missiles iraniens « Raad 1 », de mortiers et de lance-roquettes sont exposés dans une grotte creusée dans une montagne, dans un bois ainsi que dans des salles nouvellement construites.
Plusieurs combattants du Hezbollah sont tombés lors de raids israéliens alors qu'ils creusaient la grotte en vue d'y cacher des armes, selon le guide Mohammad Sayyed. Des chars israéliens Merkava couverts d'une toile, pour symboliser, selon le Hezbollah, l'« embourbement » des soldats israéliens au Liban, sont également exposés dans l'une des cours du complexe.
Il s'agit du premier complexe du genre, selon un communiqué distribué par le Hezbollah, avec 60 000 mètres carrés de jardins, 4 500 mètres carrés de surface bâtie et un parking d'une capacité de 2 000 places.
Dimanche dernier, le Hezbollah avait organisé, pour la troisième année consécutive, un « jihad-tour » dans le Sud pour des étudiants afin de leur faire connaître « les exploits de la Résistance islamique ».


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