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CD, DVD - Un Peu Plus De...

De l’art du bon voisinage

Elles sont quatre. Sont devenues amies. Mais au départ, ce n'étaient que de simples voisines. Lynette, Gaby, Suzan et Bree entre autres habitent la même rue. Wisteria Lane. Elles s'épient, se soutiennent, s'engueulent, s'entraident. Ce sont des voisines comme les autres. En plus glam, plus célèbres, plus scénarisées certes, mais ce sont des voisines. Plein de séries ont fonctionné sur le mode on-habite-dans-le-même-quartier, genre Melrose Place, Neighbours... mais là n'est pas le propos. On n'a pas besoin de sitcom et autres soaps pour avoir nous-mêmes des voisins. On en a déjà assez comme ça. Le Liban est un pays de voisinage. De bon, de mauvais. Peu importe, le Libanais est par essence même un(e) voisin(e). Au Liban, on grandit avec ses voisins. Ils sont nos amis d'enfance, nos amis d'abris et de cage d'escalier pendant la guerre, nos amis de complainte. Nos voisins sont nos amis et parfois, quand la chance nous sourit, nos amis sont nos voisins. C'est la plus belle équation parce que l'on combine proximité, utilité et amitié. Rien de mieux. « Tu as un citron ? De la semoule pour mon couscous, une ceinture cloutée, une cravate noire, une mékweyé ? » « Qu'est-ce que tu fais ce soir? Vous venez manger un petit bout? On fait delivery ? Un Trivial ? On lit l'avenir dans la tasse de café ? » Pratique, très pratique. Ça attend les enfants, prend la température du petit quand il est malade, reçoit un colis à votre place. Sauf que ce schéma n'existe pas fréquemment. Malheureusement. Généralement, on ne s'entend pas avec nos voisins. Ils nous épient, on les espionne, ils nous bloquent la voiture, on la leur raye, ils ne payent pas le moteur alimentant l'ascenseur, on ne le leur débloque pas quand ils se sont cassés la jambe. Radinerie, coups bas, mesquineries, voyeurisme, tous les coups sont permis. C'est que le voisin libanais est vicieux. Il squatte sa porte, l'œil vissé sur le judas dans l'attente d'un retour tardif ou d'un baiser sous le porche à une heure indue. Il vous zyeute d'en face quand vous êtes en petite tenue. Il joue (mal) au piano le jour où vous avez une migraine et devient soudainement DJ d'électro/transe qui ne trouve son inspiration qu'à 5 heures du matin. Il vous vole votre chien pour le vendre à d'autres voisins... La voisine est souvent jalouse et surtout cancanière. Elle est oisive et se fait concierge sans crier gare. « Tiens, elle sort sans son mari. Il n'a pas payé l'entretien du groupe électrogène, ni ses factures de mazout. » Ça a beaucoup hurlé, pleuré, insulté hier, ça barde chez les voisins du 3e. Divorce à l'horizon ? Adultère consommé ? On appelle la voisine du 7e, qui est une vraie pipelette, et celle du second, qui doit en savoir un peu plus...
Les mesquineries des voisins sont terribles. On invite tout l'immeuble sauf le vieux du premier : aucun intérêt. Car le voisin est souvent intéressé. Par le directeur de banque du 4e, la fille de bonne famille du 6e ou la cordon bleu du 8e. On ne sait jamais de qui peut-on avoir besoin. L'eau coule dans la salle de bains, les murs s'écaillent, les toilettes sont bouchées, les cafards deviennent envahissants, c'est toujours la faute des voisins... Il est difficile, très difficile d'entretenir des relations de bon voisinage au Liban. Surtout qu'on a des voisins partout et que comme le dit si bien l'adage : « Le Liban est un tout petit pays. » On a des voisins à la montagne, dans un complexe balnéaire. Des voisins de bureau. Vous savez, ceux qui connaissent tout de votre vie, connaissent les moindres détails de votre prise de poids, de vos problèmes conjugaux ou d'argent, car ils sont assis pile en face de vous. On parle fort au Liban, surtout au téléphone. Surtout au cinéma. Surtout aux concerts. Surtout au restaurant. Ah les voisins de table qui veulent à tout prix savoir de quoi vous parlez, ce que vous faites ce soir. Ces voisins de fauteuils qui mangent bruyamment du pop corn, envoient des SMS/BBM/Whatsapp pendant la scène finale du dernier Tarantino. Ces voisins de strapontins à la coiffure trop crêpée et qui vous empêchent d'apprécier Mika en concert. Ceux-là mêmes qui partent avant la fin du concert pour ne pas être bloqués dans les embouteillages et qui vous écrasent les pieds sans scrupule. Ces voisins-là qui étaient assis à côté de vous en classe, vous piquaient vos gommes odeur bubble gum, qui copiaient vos réponses en maths ou qui vous refilaient la crève parce que maman avait décidé de les envoyer quand même à l'école malgré 39 de fièvre... Des voisins pas bien et des voisins bien. Ceux chez qui on monte quand tout va mal.
Elles sont quatre. Sont devenues amies. Mais au départ, ce n'étaient que de simples voisines. Lynette, Gaby, Suzan et Bree entre autres habitent la même rue. Wisteria Lane. Elles s'épient, se soutiennent, s'engueulent, s'entraident. Ce sont des voisines comme les autres. En plus glam, plus célèbres, plus scénarisées certes, mais ce sont des voisines. Plein de séries ont fonctionné sur le mode on-habite-dans-le-même-quartier, genre Melrose Place, Neighbours... mais là n'est pas le propos. On n'a pas besoin de sitcom et autres soaps pour avoir nous-mêmes des voisins. On en a déjà assez comme ça. Le Liban est un pays de voisinage. De bon, de mauvais. Peu importe, le Libanais est par essence même un(e) voisin(e). Au Liban, on...
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