Landis et Armstrong au bon vieux temps, à l’époque où le septuple vainqueur du Tour expliquait à Landis les bienfaits du dopage... Passée cette période, ce dernier était tourmenté par les remords et décidait de tout balancer, y compris son copain. Après une suspension de deux ans à la suite de son contrôle positif sur le Tour 2006, Landis avait fait son retour au cyclisme en février 2009 lors du Tour de Californie, couru sous les couleurs de la modeste équipe OUCH et avec une prothèse de hanche après une opération. Ce retour avait été un échec. Martin Bureau/AFP
Dans un entretien téléphonique accordé à ESPN, Floyd Landis a avoué que le dopage l'avait accompagné une bonne partie de sa carrière. Au menu de ce « programme », EPO, mais aussi hormones de croissance (hommes et femmes), testostérone, fréquentes transfusions sanguines ou encore insuline. Selon lui, c'est en juin 2002, alors qu'il portait le maillot de l'équipe US Postal, qu'il a commencé à se doper. Il ne s'est plus jamais arrêté, que ce soit chez US Postal ou chez Phonak, jusqu'à ce qu'il soit pris en flagrant délit, au pire moment pour lui, en plein Tour de France 2006. Il aurait dépense jusqu'à 90 000 dollars par an pour subvenir à ses besoins en matière de produits dopants.
« Ma parole contre la leur »
S'il avoue aujourd'hui, c'est aussi parce que Landis a compris que sa carrière était bel et bien terminée. Le Pennsylvanien a très longtemps espéré qu'il pourrait retrouver une équipe de haut niveau et repartir de zéro. À bientôt 35 ans, il n'en est plus question. Cette histoire lui a coûté sa victoire sur le Tour, sa carrière, son mariage et toutes ses économies (il a déjà dépensé 1 million de dollars pour assurer sa défense). « C'est fini pour moi. Les dommages sont irréversibles. Si je ne parle pas maintenant, je ne le ferai jamais, explique-t-il. Je veux me libérer de ça, je ne veux plus faire partie de ce problème. » Et Landis d'avouer qu'il avait dû passer le coup de fil le plus douloureux de toute sa vie quand il a appelé sa mère pour lui dire toute la vérité.
Au-delà de son cas personnel, Landis est également prêt à impliquer ceux qui l'ont entouré pendant toutes ces années. Il a ainsi indiqué qu'il avait envoyé des courriers électroniques des dernières semaines à la Fédération américaine ainsi qu'à l'UCI, mais aussi à certaines autorités antidopage. Dans ces courriels, l'Américain implique des dizaines d'autres coureurs et directeurs sportifs. Il tient à la disposition des autorités ses cahiers d'entraînement de l'époque, sur lesquels il répertoriait son programme. Parmi les personnes incriminées par Landis, on retrouve tout le gratin de l'équipe US Postal du milieu des années 2000.
Armstrong, Hincapie et Leipheimer impliqués
Selon l'édition d'hier du Wall Street Journal, Landis affirmerait en effet dans ces mails qu'il a commencé à se doper sous la houlette de Johan Bruyneel, alors manager de l'équipe US Postal. Il explique aussi que Lance Armstrong, qui était alors son leader, l'a aidé à comprendre l'usage des produits dopants. « Lance et moi avons eu de longues discussions pendant nos sorties d'entraînement pendant lesquelles il m'expliquait aussi l'évolution des tests contre l'EPO qui rendait du coup nécessaires les transfusions. » Il implique également David Zabriskie, Levi Leipheimer et George Hincapie. De tels aveux vont à n'en pas douter faire l'effet d'une bombe. Pas sûr cependant qu'ils aient des répercussions concrètes. Landis l'admet, il n'a aucune preuve pour étayer ses allégations. « Ce sera ma parole contre la leur. » Or, l'Américain est le premier à l'admettre, sa parole pourrait ne pas peser très lourd après quatre années de mensonge. Mais il ne voulait plus se taire.

