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Nos lecteurs ont la parole

Il y a un an disparaissait Odette Salem

Par Nayla TAHAN ATTIÉ
Le mois de mai est connu pour être le mois de la Vierge Marie.
Cette année, le mois de mai a coïncidé avec des élections dans de nombreux pays, notamment au Liban.
Aussi, le mois de mai est synonyme de printemps. Mais depuis le 16 mai 2009, pour moi, la joie et le printemps du mois de mai se sont transformés en tristesse. Comme dirait Gebran Khalil Gebran : « Votre joie, c'est votre tristesse sans masque. »
Le 16 mai 2009, à 10h du matin, Odette Salem était fauchée par une voiture qui allait à toute vitesse. Un conducteur qui ne méritait pas son permis de conduire, comme tant d'autres...
Beaucoup ne savent pas qui est Odette. Un petit nombre de Libanais, mais aussi d'étrangers (Européens, Américains, etc.) ont eu la chance de la connaître.
Odette a été, est et sera toujours l'âme de la khaymé au centre-ville de Beyrouth.
Cette même khaymé où se réunissent, régulièrement, les parents de Libanais, disparus arbitrairement pendant les différentes guerres qui ont sévi au Liban et que les différentes générations encore en vie aujourd'hui ont vécues.
Nombreuses sont les familles, pères, mères, sœurs, frères, enfants, cousins et même amis, toutes religions et confessions confondues, qui se regroupent et espèrent encore un signe de leurs familiers, emprisonnés, en grande majorité, dans les prisons syriennes, depuis plus de vingt ans.
« L'État libanais s'en fout, disent-ils. C'est notre droit de savoir ce qu'il est advenu de nos enfants... »
Odette était cette femme que tous les curieux, journalistes ou simples promeneurs passant par là ont connue, à un moment donné. C'est comme ça que je l'ai connue moi-même, la première fois, après avoir vu un reportage sur « les prisonniers libanais en Syrie ».
Odette est partie sans avoir su le destin de ses deux enfants Christine et Richard, enlevés et disparus il y a, aujourd'hui, 23 ans.
Odette savait parfaitement que Christine et Richard avaient atterri, un jour, après leur enlèvement, dans une prison syrienne.
Aujourd'hui, un an après le départ précipité d'Odette, l'État libanais n'a toujours pas entamé d'action, de négociation ou toute autre ouverture de dossier avec la Syrie concernant ces citoyens libanais disparus. Je me sens concernée par leur cause.
Personnellement, je n'ai aucun parent dans ce cas, mais les circonstances de la vie m'ont rendue familière de tous ces gens.
Je pense que le président Sleiman devrait faire un geste envers la mémoire d'Odette, envers la mémoire de tous les parents et familiers décédés sans avoir eu signe de vie de leurs disparus. Un geste, aussi, envers ses compatriotes emprisonnés ou morts dans les geôles. Un geste, n'importe lequel, mais un geste, qui prouve aux Libanais du Liban et du monde que le Liban est une nation qui se préoccupe du sort de ses citoyens et ressortissants.
Odette, la femme de la khaymé, n'est plus. Mais son âme veillera à jamais sur cette khaymé.
Que tous ceux qui ont connu Odette, qui l`ont aimée, qui l'ont respectée pour le dur combat qu'elle a mené, pensent à elle en ce 16 mai. Elle le mérite et le méritera toujours.
Elle fait partie des vrais martyrs libanais.
Repose en paix Odetta.

NB : la khaymé se trouve en ville dans le jardin de Gebran, en face de l'Escwa.
Le mois de mai est connu pour être le mois de la Vierge Marie.Cette année, le mois de mai a coïncidé avec des élections dans de nombreux pays, notamment au Liban. Aussi, le mois de mai est synonyme de printemps. Mais depuis le 16 mai 2009, pour moi, la joie et le printemps du mois de mai se sont transformés en tristesse. Comme dirait Gebran Khalil Gebran : « Votre joie, c'est votre tristesse sans masque. »Le 16 mai 2009, à 10h du matin, Odette Salem était fauchée par une voiture qui allait à toute vitesse. Un conducteur qui ne méritait pas son permis de conduire, comme tant d'autres...Beaucoup ne savent pas qui est Odette. Un petit nombre de Libanais, mais aussi d'étrangers (Européens, Américains, etc.) ont eu la...
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