La Maison-Blanche a proposé d'imposer aux banques présentes aux États-Unis une taxe, actuellement débattue au Congrès, d'un montant d'« environ 0,15 % » de leurs actifs, sauf les moins risqués comme les dépôts. Plusieurs pays ont estimé que cette taxe présenterait un désavantage pour les filiales de banques étrangères implantées à Wall Street, puisqu'elles y ont des activités de nature plus risquée.
M. Summers, qui fut secrétaire au Trésor de l'ancien président américain Bill Clinton, a par ailleurs nié avoir changé radicalement sa doctrine quant à la régulation financière, après son œuvre de libéralisation dans les années 1990.
« Dans les années 1990, en tant que secrétaire au Trésor j'ai prévenu des dangers de l'endettement de Fannie Mae et Freddie Mac », a relevé M. Summers, évoquant deux entreprises chargées de faciliter les prêts immobiliers mises sous tutelle de l'État en septembre 2008 pour éviter une faillite.
« Donc je pense que ces arguments ont toujours été quelque chose dont j'ai été convaincu, la nécessité de la régulation, mais que ces arguments sont devenus certainement plus forts étant donné ce qui s'est passé », a poursuivi M. Summers.
M. Clinton, dont la présidence (1993-2001) avait été marquée par la libéralisation de la finance, avait affirmé en avril sur la chaîne ABC qu'il avait été « mal conseillé », entre autres par M. Summers, sur la régulation de marchés comme ceux des produits dérivés.
« Les CDS (un de ces dérivés responsables entre autres de la chute de l'ex-numéro un mondial de l'assurance AIG, NDLR) en étaient à leurs balbutiements dans les années 1990. Ce n'était pas un grand marché et pourtant nous avons vu quels dégâts ils ont faits », s'est défendu M. Summers.
« C'est un type très différent de nécessités qui s'est fait jour, et c'est la raison pour laquelle nous avons travaillé si dur pour renforcer la régulation sur les dérivés, pour ne donner qu'un seul exemple », a-t-il ajouté, en référence au projet de réforme sur la régulation financière proposée par la Maison-Blanche en 2009.

