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Culture

L’hommage de l’USEK à « l’humaniste croyant », Camille Aboussouan

C'est dans le cadre des journées « Thakafat 2010 » qui se sont déroulées le week-end dernier que l'USEK a organisé une cérémonie en hommage à Camille Aboussouan autour de son dernier ouvrage « De la montagne du Liban à la Bastide royale de Fleurance », en présence du ministre de la Justice, M. Ibrahim Najjar. Hommage suivi d'une signature du livre.

Le ministre Ibrahim Najjar remettant le trophée de l’USEK à Camille Aboussouan.    

Le mot de circonstance prononcé par l'éditeur de Camille Aboussouan, Maurice Saliba, a donné le coup d'envoi des allocutions qui se sont succédé.
Représentant le recteur de l'USEK, absent du pays, père Georges Hobeika, vice-recteur à la recherche et aux relations francophones, s'est « adressé à une des sommités intellectuelles du pays du Cèdre, lui avouant son « constant émerveillement devant les valeurs aussi bien humanistes et sociétales que littéraires et esthétiques qu'il n'a jamais manqué de défendre. Il a fait de ma lecture de ses œuvres une véritable passion ». Et sans vouloir égréner les principaux jalons du parcours glorieux d'écrivain, d'avocat, de journaliste et d'éditorialiste d'Aboussouan, Hobeika s'est contenté, en revanche, d'aborder succinctement quelques aspects de ses remarquables contributions.
Il devait développer trois points de l'ouvrage d'Aboussouan par lesquels il a été frappé : la saisissante synthèse de deux histoires, de deux mentalités, de deux cultures, celle du Liban et celle de la France. « Celle du Liban, du côté de son père Nagib Bey Aboussouan, fondateur de la haute magistrature libanaise et un des artisans de l'indépendance du Liban, du haut lignage de juristes et de drogmans ; et celle de la France, du côté de sa mère, Laure Lary, cristallisant le prestige historique, culturel et spirituel de la Gascogne... » Le deuxième point est « la haute dose d'humanisme croyant qui, comme un point d'orgue, traverse toutes les harmonies de sa pensée. Cela s'explique par les deux héritages religieux tant libanais que français, dans lesquels Camille Aboussouan baigne tout naturellement... Et enfin le troisième point. En lisant « ce monumental ouvrage, nous sommes profondément touchés par la défense du Liban-message que prend sans relâche Camille Aboussouan sa vie durant... »
Pour terminer, il devait remercier, au nom du recteur de l'Université Saint-Esprit de Kaslik, le R. P. Dr Hady Mahfouz, et au nom du conseil de l'université « pour la donation si précieuse que vous avez eu la générosité intellectuelle de faire à la Bibliothèque centrale de l'USEK, concrétisée dans le célèbre livre d'Avicenne sur la médecine, imprimé à Rome en 1594 ».
Sous le thème « Camille Aboussouan au Liban, l'homme et la parole », Khalil Ramez Sarkis, écrivain et philosophe, s'est dit heureux de cet hommage rendu à son grand ami qui fait partie de la conscience de la patrie, symbole de la multiculturalité. Sarkis a évoqué l'aspect classique et conservateur de l'homme dans un siècle de tourmentes. L'orateur devait alors évoquer le riche parcours de son ami au Liban comme à l'étranger.

Le soldat inconnu
 Ami de longue date de l'auteur et président du Pen club libanais, le Dr Jamil Jabre se demande par quoi commencer lorsqu'il s'agit d'évoquer Camille Aboussouan. « C'est la mer, dit-il, prise par n'importe quel bout, sa personne, son action humanitaire, son esprit etc. Jabre devait rappeler le Pen club qu'ils ont créé ensemble avec Kamal Joumblatt et Evelyne Bustros ; la Société des gens de lettres avec Michel Chiha, Michel Asmar, Charles Corm, Élie Tyan, Hector Khlat, Salah Labaki, Ruchdi Maalouf, Mohammad Baaalbacki, Khalil Takieddine, Khalil Ramez Sarkis et Ghassan Tuéni. Puis, il y a eu l'Association des amis de Michel Chiha, Charles Corm, Youssef Saouda et tant d'autres. Cela sans oublier les rencontres et soirées culturelles éclectiques. Mais pour Jabre, « l'action la plus importante de ce grand homme aura été son action permanente, tel un soldat inconnu, au service du Liban ».
En nous réunissant autour de Camille Aboussouan pour la signature de son dernier ouvrage, De la montagne du Liban à la Bastide royale de Fleurance, l'Université Saint-Esprit ne pouvait honorer plus prestigieux auteur, en cette année où Beyrouth est consacrée « capitale mondiale du livre ». C'est en ces termes que le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, devait commencer son allocution.
« C'est aussi une belle occasion de célébrer la francophonie, je veux dire cette liberté de s'exprimer autrement, par-delà les contextes et la culture dominante. Après tout, notre francophonie, telle que ce "livre magasin" l'illustre, est en soi un idéal de conquête, de préservation d'une identité culturelle, d'un fondamental, un patrimoine, une histoire, une fonction au service d'une culture ouverte. »

Un musée écrit
 En admirant la galerie, l'iconographie que propose Camille Aboussouan, on est saisi par l'extraordinaire richesse de ce musée écrit, s'il en est... « Il y a là une véritable œuvre d'art, où le lecteur est invité à se laisser séduire par deux destins : celui de Nagib Bey Aboussouan et celui de l'auteur lui-même. », a-t-il souligné
« Cet ouvrage aurait pu s'intituler, dans une première évocation, Avec mon père, le Liban du XXe siècle, poursuit Ibrahim Najjar qui devait évoquer, en détails, cette figure libanaise marquante qu'a été Nagib Bey Aboussouan, et son action qui a fait date dans la magistrature et même l'histoire du Liban, et celle de son épouse Laure, issue d'une vieille famille de Gascogne, en France, « dans la Bastide royale de Fleurance depuis trente générations, c'est-à-dire depuis la fondation de la ville, au XIIIe siècle, par Philippe III le Hardi », comme l'écrit Carole Dagher.
« À la fois biographie familiale, bibliographie historique du Liban du XXe siècle, archives d'une littérature juridique, poétique, épistolaire et politique, ce livre est surtout lesté par son versant montagne... Cet ouvrage apporte une somme rarissime d'informations pour le juriste et pour le parcours du Liban depuis la préparation du mandat à l'avènement du nouveau et récent martyre du Liban », a souligné le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar.
M. Najjar devait notamment évoquer les ouvrages de Camille Aboussouan : L'architecture libanaise du XVe au XIXe siècles (1982), Le livre et le Liban (1985), et aussi et surtout la traduction en français du Prophète de Gibran Khalil Gibran, parallèlement à ses nombreuses activités culturelles au sein du Pen club, du Festival de Baalbeck, du musée Sursock, et ses contributions à l'Unesco. Le ministre a souligné que le nouvel ouvrage est un retour aux sources, un témoignage de ce qu'a apporté la francophonie aux fondements de notre culture.
Tant de témoignages ne pouvaient laisser indifférent Camille Aboussouan qui a pris la parole avec beaucoup d'émotion pour remercier tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé au succès de cet hommage, ne pouvant rien ajouter, a-t-il dit, en substance, à ces mots sortis du cœur de ceux qui se sont succédé à la tribune.
À l'issue de cette rencontre-hommage, le ministre de la Justice devait remettre à Camille Aboussouan le trophée de l'USEK.
Le mot de circonstance prononcé par l'éditeur de Camille Aboussouan, Maurice Saliba, a donné le coup d'envoi des allocutions qui se sont succédé.Représentant le recteur de l'USEK, absent du pays, père Georges Hobeika, vice-recteur à la recherche et aux relations francophones, s'est « adressé à une des sommités intellectuelles du pays du Cèdre, lui avouant son « constant émerveillement devant les valeurs aussi bien humanistes et sociétales que littéraires et esthétiques qu'il n'a jamais manqué de défendre. Il a fait de ma lecture de ses œuvres une véritable passion ». Et sans vouloir égréner les principaux jalons du parcours glorieux d'écrivain,...
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