Rechercher
Rechercher

Économie - Énergie

La marée noire affectera l’ensemble du secteur pétrolier

Nouveaux projets de forage gelés, réglementation renforcée, taxes augmentées... La marée noire du golfe du Mexique devrait affecter l'ensemble du secteur pétrolier, même les compagnies qui n'y sont pas impliquées. « Je pense qu'il va y avoir des implications à long terme, cet accident va avoir un impact sur le secteur tout entier », indique à l'AFP Tina Vital, analyste spécialisée dans les groupes pétroliers américains chez Standard and Poor's (SP). Alors que la marée noire impliquant notamment le groupe britannique BP, la plus grave depuis le naufrage de l'Exxon Valdez il y a 21 ans, continue de s'étendre, le gouvernement américain a proposé hier d'augmenter d'un cent par baril la taxe acquittée par les groupes pétroliers pour alimenter un fonds spécial de nettoyage et de protection des côtes. Le plafond des dépenses versées par le fonds serait en outre relevé d'un à 1,5 milliard de dollars, celui des indemnisations passant de 500 à 750 millions. En outre, l'administration du président américain Barack Obama a demandé le gel de tous les nouveaux projets de forage dans le golfe du Mexique, un virage à 180 degrés par rapport à la stratégie énergétique affichée jusque-là, qui prévoyait au contraire d'accélérer l'exploitation du pétrole au large des côtes américaines. « C'est une mesure prudente », a commenté Rex Tillerson, patron du premier groupe mondial, l'américain ExxonMobil, sur la chaîne CNBC. Il faut « étudier cet accident et voir s'il faut changer certaines pratiques » de forage du secteur, a ajouté M. Tillerson tout en rappelant « le rôle historique » de la région du golfe du Mexique dans « l'approvisionnement énergétique » du pays.
Les pratiques des groupes pétroliers, américains ou non, sont à présent scrutées par les autorités du monde entier. Bruxelles a ainsi convié mardi les groupes opérant en Europe à une réunion pour étudier la prévention d'accidents. « Les pratiques de forage sont au centre de l'attention. Il va certainement y avoir un durcissement de certaines réglementations qui va se traduire par des coûts de production plus élevés », estime Tina Vital. « Il y a eu beaucoup de progrès ces dernières années dans les techniques de forage et de production, mais pas dans les méthodes de protection ou de nettoyage, et il devrait y avoir beaucoup plus d'investissement en ce sens », a-t-elle ajouté. « Certaines mesures sont requises dans d'autres pays et pas aux États-Unis », comme les « fermetures acoustiques » des puits, des systèmes de fermeture d'urgence activés à distance des plates-formes offshore, obligatoires au Brésil et en Norvège notamment, poursuit Stewart Glickman, autre analyste de SP spécialisé dans les compagnies de services pétroliers. M. Glickman mentionne également des pratiques controversées qui pourraient être remises en cause, comme l'extraction de gaz non conventionnel contenu dans des rochers. « Plusieurs types de fluides sont envoyés dans de minuscules ouvertures de l'enveloppe rocheuse et cela facilite l'extraction du gaz naturel. Mais il y a des inquiétudes sur l'impact environnemental », fait-il valoir. Pour Mme Vital, la croissance de la production des grands groupes pétroliers devrait se trouver ralentie, mais elle souligne que « ce sont de très grosses multinationales » et que les difficultés rencontrées dans une région seront compensées ailleurs. À titre d'exemple, l'analyste n'a que très légèrement revu en baisse sa prévision pour la croissance de la production de Chevron, le deuxième groupe pétrolier américain, de « plus de 1 % à moins de 1 % » pour cette année.
Nouveaux projets de forage gelés, réglementation renforcée, taxes augmentées... La marée noire du golfe du Mexique devrait affecter l'ensemble du secteur pétrolier, même les compagnies qui n'y sont pas impliquées. « Je pense qu'il va y avoir des implications à long terme, cet accident va avoir un impact sur le secteur tout entier », indique à l'AFP Tina Vital, analyste spécialisée dans les groupes pétroliers américains chez Standard and Poor's (SP). Alors que la marée noire impliquant notamment le groupe britannique BP, la plus grave depuis le naufrage de l'Exxon Valdez il y a 21 ans, continue de s'étendre, le gouvernement américain a proposé hier d'augmenter d'un cent par baril la taxe...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut