Rechercher
Rechercher

Économie - Bourse

Washington s’interroge sur le krach éclair de Wall Street

Fausse manœuvre d'un trader ou effets pervers de marchés de plus en plus informatisés ? Sous le choc, les États-Unis cherchaient à comprendre hier les raisons du plongeon bref, mais extrêmement violent, de Wall Street jeudi.

Panique générale à la Bourse de New York jeudi, après la chute spectaculaire de 9 % du Dow Jones. (Mario Tama/ Getty Images AFP).

En quelques minutes jeudi, vers 18h45 GMT, le Dow Jones est passé d'une perte d'environ 200 points à 998,50 points, plus de 9 %, du jamais-vu sur la place new-yorkaise. Il s'est ensuite repris pour finir en recul de 347,80 points (-3,20 %).
Le président Barack Obama a assuré qu'une enquête était en cours pour expliquer une « activité boursière inhabituelle » et promis de protéger les investisseurs.
Jeudi soir, les régulateurs américains de la Bourse, la SEC, et des marchés des produits dérivés, la CFTC, avaient déjà annoncé qu'ils allaient « travailler avec les plates-formes boursières pour prendre les mesures appropriées pour protéger les investisseurs ».
Preuve d'un dysfonctionnement du marché, selon les opérateurs, certaines actions, comme celles du groupe de services informatiques Accenture ou du brasseur Boston Beer, qui produit la bière Sam Adams, se sont échangées brièvement à près de zéro.
« Nous ne pouvons pas accepter qu'une erreur technique effraie les marchés et cause un mouvement de panique. C'est inacceptable », a jugé le représentant démocrate de Pennsylvanie (Est) Paul Kanjorski. La commission des Services financiers de la Chambre des représentants, dont il est membre, va tenir une audition sur la question mardi à Washington.
Peu après le décrochage, les chaînes financières américaines ont fait état de rumeurs courant dans les salles de marché et désignant une possible erreur humaine commise par un courtier de la banque Citigroup lors d'une transaction.
Un porte-parole de Citigroup a affirmé que ces rumeurs étaient « infondées », jugeant « troublant » qu'elles se soient « propagées si loin ».
Mais très vite, le débat s'est porté vers la structure même des marchés, où la majorité des transactions sont effectuées par des ordinateurs surpuissants, à des intervalles de l'ordre de la milliseconde, à l'aide de programmes très complexes. « Est-ce qu'il y a eu une erreur dans une transaction ? Cela arrive régulièrement sur le marché, et si cela est arrivé au mauvais moment, cela a pu déclencher la panique », estime James Angel, professeur de finance à l'Université de Georgetown, à Washington, interrogé par l'AFP. Mais « ce qu'on a vu, c'est un bon vieux mouvement de panique à l'heure d'Internet », ajoute-t-il.
« Il va falloir attendre une autopsie complète, a jugé un blogueur financier du Wall Street Journal, Evan Newmark. Mais il ne me semble pas trop risqué d'avancer qu'après (une éventuelle) erreur de courtier, les ordinateurs de courtage à grande vitesse, dont les algorithmes tournent sans remord, ont pris le dessus. »
Au vu de la panique qui s'est emparée du marché, le NYSE-Euronext, opérateur de la Bourse de New York, a pris la décision jeudi après-midi de suspendre la cotation de certains titres pendant des périodes allant de 30 à 90 secondes.
« Cela signifie qu'on a retiré une grande partie de la capacité du marché, au moment où tout le monde voulait vendre, explique James Angel. Les ordres de ventes sont allés ailleurs, et les prix ont baissé encore plus vite. »
Autrement dit, ils sont allés sur les plates-formes électroniques, comme le Nasdaq, dont le patron a critiqué l'attitude de son concurrent.
En suspendant brièvement ces titres, le NYSE « leur a, en gros, tourné le dos, et le manque de liquidité dans les échanges des titres cotés chez eux a eu un effet disproportionné », a déclaré Robert Greifeld sur la chaîne CNBC.
« Vous avez un marché en pleine turbulence, la place principale ne répond pas, quel signal pensez-vous
que cela lance aux investisseurs ? » s'est-il insurgé.
Le patron du NYSE, Duncan Niederauer, a défendu un modèle en place depuis des années. « Personne n'abandonne ses obligations », a-t-il assuré.

En quelques minutes jeudi, vers 18h45 GMT, le Dow Jones est passé d'une perte d'environ 200 points à 998,50 points, plus de 9 %, du jamais-vu sur la place new-yorkaise. Il s'est ensuite repris pour finir en recul de 347,80 points (-3,20 %).Le président Barack Obama a assuré qu'une enquête était en cours pour expliquer une « activité boursière inhabituelle » et promis de protéger les investisseurs.Jeudi soir, les régulateurs américains de la Bourse, la SEC, et des marchés des produits dérivés, la CFTC, avaient déjà annoncé qu'ils allaient « travailler avec les plates-formes boursières pour prendre les mesures appropriées pour protéger les...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut