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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Qui se ressemble, s’assemble

L'uniforme. On y est assez habitué au Liban. Les militaires, les « daraks », les pompiers, les soldats de la Finul, les médecins, les infirmières. Ça a du charme. C'est très sexy un homme en uniforme. Enfin, pas tous les mecs en uniforme. Pas ceux qui ont de l'embonpoint et qui font la circulation l'ongle long de l'auriculaire planté entre les incisives. Non non... on parle des hommes, les vrais de vrai. Genre Saint-Cyr, genre pompiers sublimes, genre le marin de Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut, genre Doctor Sheperd, genre fantasme quoi. C'est beau l'uniforme. Surtout quand il a un sens. Une raison d'être... Le Libanais aime l'uniforme. La Libanaise surtout. Elle l'aime pour elle. Quelles que soient les tribus auxquelles les Libanais appartiennent, ils enfilent leur uniforme. Et peu importe le milieu social ou la région dans laquelle on habite, généralement, quand on est jeune, entre 15 et 25 ans, on suit certains codes sociaux. Le plus important étant le code vestimentaire. Ce n'est pas un uniforme à proprement parler, ni un « costume » comme celui du personnel dont raffolent les « maîtresses de maison », ni un bleu de travail. C'est tout bonnement une espèce de déguisement que les Libanais arborent pour faire bien/pareil/mieux. Accessoires (surtout), compris. Être « in » (souvent out), à la mode, à la page, dans le vent est dans l'air du temps depuis des lustres. Partout dans le monde. Les Japonaises portent des jupes écossaises et des socquettes blanches, fantasment l'esprit petite fille des mangas et se font débrider les yeux. Les Françaises ont la french touch, un style qui marie les genres. Les Anglais sont en pantalon slim, les cheveux gélés en pétard. Les Italiens sur des Vespa, la chemise ouverte, des Ray-Ban sur le nez. Pas tous, certes. Mais beaucoup d'entre eux... Et puis, on a tous, quand on était jeune, succombé à l'appel de la similitude. Pattes d'eph, chemise à fleurs, cheveux longs, lunettes Emmanuelle Kahn dans les seventies. Docksides (Sebago), sweat Compagnie de Californie, Levi's 501, bracelet brésilien, chemise Façonnable, bomber ou perfecto Schott entre autres pour les trentenaires et les quadras des eighties. Dégaine grunge influence Kurt Cobain, Dragon Ball Z et dance music pour les ados des nineties... Un look à avoir, mais pas vraiment de style personnel. Ce qui est frappant aujourd'hui, c'est que nous ne sommes plus dans l'uniformisation question apparence chez les jeunes, mais partout, et plus effrayant encore, à tout âge. Les années 2000, question clonage, sont sidérantes. Tout le monde copie tout le monde. Nous sommes dans l'ère de l'imitation. On habille ses enfants pareils que ceux de la copine, on leur achète des vêtements chez les marques les plus chères - ça fait bien -, on les inscrit dans la même garderie, au même cours de taekwondo ou de ballet, dans la même école, on demande la même maîtresse. On leur fait un anniversaire comme les autres, au même endroit, avec le même buffet, les mêmes animateurs, les mêmes gens... le seul problème, c'est quand le mioche ne veut pas. On achète un cellulaire, pardon, un BlackBerry, à son gamin de 12 ans, parce qu'ils en ont tous un (faut surtout pas les marginaliser ces gosses), un sac Marc Jacobs et des ballerines Repetto. Et puis quand on a 30, 40, 50 ou 60 ans, on décide qu'il faut avoir à tout prix (et c'est bien le cas de le dire) un sac classique Chanel, un bracelet Love Cartier, un 4x4 seven seaters, une soirée finger food, un pantalon en cuir, et allez comprendre le truc « hype »qui sévit depuis peu, un Birkin de chez Hermès. Ça vaut vraiment le coup de débourser des milliers de dollars si c'est pour ressembler à ses copines. Mais bon, on n'est pas à un accessoire près, puisque même physiquement, les Libanaises sont toutes en train de se ressembler. Même petit nez, mêmes pommettes, mêmes lèvres et, bien sûr, mêmes seins, refaits chez le même médecin. Mais attention, le phénomène n'est pas uniquement propre aux femmes. Nos mâles ne sont pas en reste. Qui dit cellulaire, dit iPhone (le BB, c'est pour les femmes, surtout celles qui ne travaillent pas), qui dit ordinateur, dit MacBook, et qui dit gadget, dit iPad. C'est l'année du Mac, de la moto, de la grosse montre, du polo Ralph Lauren, des déjeuners dans les souks et du jogging sur la Corniche... du même régime et du chalet à Faraya.
L'uniforme. On y est assez habitué au Liban. Les militaires, les « daraks », les pompiers, les soldats de la Finul, les médecins, les infirmières. Ça a du charme. C'est très sexy un homme en uniforme. Enfin, pas tous les mecs en uniforme. Pas ceux qui ont de l'embonpoint et qui font la circulation l'ongle long de l'auriculaire planté entre les incisives. Non non... on parle des hommes, les vrais de vrai. Genre Saint-Cyr, genre pompiers sublimes, genre le marin de Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut, genre Doctor Sheperd, genre fantasme quoi. C'est beau l'uniforme. Surtout quand il a un sens. Une raison d'être... Le Libanais aime l'uniforme. La Libanaise surtout. Elle l'aime pour elle. Quelles que soient les tribus auxquelles les Libanais appartiennent, ils enfilent leur...
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