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Économie - Espagne

Le chômage dépasse la barre symbolique des 20 %

Le chômage en Espagne a poursuivi son ascension et passé hier la barre symbolique des 20 %, mais, selon le gouvernement, cela ne remet pas en cause les prévisions du programme de stabilité devant permettre à l'Espagne de réduire ses déficits publics.
Le nombre de personnes à la recherche d'un travail était de 4,612 millions, soit 20,05 % de la population active, selon un communiqué de l'Institut national de la statistique (INE). Cela représente 286 000 personnes de plus qu'au trimestre précédent (le taux était de 18,83 %), et 602 000 de plus qu'un an plus tôt. La ministre socialiste de l'Économie, Elena Salgado, a reconnu la « gravité » de ces chiffres.
Cette augmentation survient alors que l'Espagne est sous la pression des marchés financiers en raison de la dégradation de ses finances publiques, et que son programme de stabilité budgétaire, pour ramener les déficits publics de 11,2 % en 2009 à 3 % en 2013, prévoit un taux de chômage de 19 % pour 2010.
« Ce taux (de 20,05 %) est compatible avec un taux de chômage moyen de 19 % pour cette année », a déclaré Mme Salgado à l'issue du Conseil des ministres.
« Nous prévoyons qu'il va diminuer au cours des prochains trimestres », a-t-elle ajouté, affirmant que la barre des 5 millions ne sera pas atteinte.
L'Espagne conserve le triste privilège d'enregistrer le chômage le plus élevé de la zone euro où le taux s'est établi en mars au « record » de 10 %, selon Eurostat.
Le taux de chômage espagnol augmente de manière continue depuis l'été 2007, quand il avait atteint un plancher historique à 7,95 %. Frappée par la crise et l'éclatement de sa bulle immobilière, l'Espagne est entrée en récession fin 2008 et peine à en sortir.
La dernière fois que le chômage a dépassé la barre des 20 % remonte au quatrième trimestre 1997 (20,11 %). Mais un chiffre de 4,612 millions de chômeurs est inédit depuis le début des séries statistiques de l'INE en 1976.
L'exécutif estime que l'économie espagnole montre des signes de reprise, et Mme Salgado a relevé hier que « la détérioration est beaucoup moins accusée qu'il y a un an », quand le nombre de chômeurs avait explosé de 802 800 personnes en trois mois.
Le secrétaire général du syndicat CCOO, Ignacio Fernandez Toxo, a, lui, affirmé que le chômage « n'a pas touché son plus haut » et a critiqué le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero. « Je crois que c'est la douzième fois ou plus qu'il vient nous dire que le chômage va baisser le mois suivant », a-t-il dit.
Mais la situation continue jusqu'ici de se dégrader. Le nombre de foyers dont tous les membres sont au chômage a augmenté à 1,298 million, et 36,5 % des jeunes actifs de 20 à 24 ans sont sans emploi.
Le chômage est devenu la préoccupation numéro un des Espagnols, et les socialistes, au pouvoir depuis 2004, sont désormais dépassés par la droite en intentions de vote dans plusieurs sondages.
« Ces chiffres terribles (...) sont inadmissibles, intolérables pour un pays comme l'Espagne », a lancé le leader de l'opposition de droite (PP), Mariano Rajoy. Ils « requièrent un changement radical de la politique économique maintenant », a-t-il ajouté.
Interrogé par l'AFP, le sociologue Fermin Bouza a affirmé qu'il fallait tempérer ce taux de chômage en raison de l'importance du travail au noir en Espagne. Selon lui, un nombre important de chômeurs entre « dans le circuit de l'économie souterraine » du pays, qui pèserait jusqu'à un quart du PIB, selon certaines études. « Le chômage réel s'approcherait plutôt de la moitié » du chômage officiel, affirme M. Bouza.
Le chômage en Espagne a poursuivi son ascension et passé hier la barre symbolique des 20 %, mais, selon le gouvernement, cela ne remet pas en cause les prévisions du programme de stabilité devant permettre à l'Espagne de réduire ses déficits publics.Le nombre de personnes à la recherche d'un travail était de 4,612 millions, soit 20,05 % de la population active, selon un communiqué de l'Institut national de la statistique (INE). Cela représente 286 000 personnes de plus qu'au trimestre précédent (le taux était de 18,83 %), et 602 000 de plus qu'un an plus tôt. La ministre socialiste de l'Économie, Elena Salgado, a reconnu la « gravité » de ces chiffres.Cette augmentation...
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