Selon lui, cette « chambre noire » serait liée aux manipulations qui auraient eu lieu au niveau du rapport relevant du ministère des Télécoms sur le fameux protocole signé par les FSI avec les États-Unis. Dans les faits, le quotidien as-Safir avait publié au début de l'année une information sur ce protocole et la capacité qu'il donnerait aux États-Unis de mettre la main sur certaines informations en matière de communications, ce qui avait permis au 8 Mars, et plus particulièrement au Hezbollah, de tirer à boulets rouges sur les FSI, le directeur général de cette institution, le général Achraf Rifi, ainsi que l'ancien Premier ministre Fouad Siniora. À la suite de cette polémique, une commission relevant du ministère avait été créée pour se pencher sur cette question. Or le quotidien al-Charq a récemment révélé qu'un premier rapport de cette commission avait abouti à des résultats qui ne vont pas dans le sens de la polémique initiée par le 8 Mars, et qu'il a donc été « totalement occulté », selon le député de Zahlé. En effet, selon Okab Sakr, « des pressions ont été exercées sur les ingénieurs et les experts présents au sein de cette commission pour les inciter à élaborer le rapport dans un sens bien particulier, mais ces derniers ont refusé ». Le ministre des Télécoms aurait aussitôt formé une deuxième commission avec d'autres personnes, qui aurait abouti à des conclusions complètement différentes, selon lesquelles le protocole signé par les FSI aurait « des conséquences graves pour la sécurité nationale ». Aussi, le député de Zahlé a-t-il plaidé en faveur d'une enquête pour savoir ce qui s'est réellement passé au ministère des Télécoms et ce qu'il en est de cette « chambre noire ».
Les propos de M. Sakr ont initié une polémique durant les dernières vingt-quatre heures, notamment avec le député Nabil Nicolas, qui a pris la défense du ministre Nahas. Le député Abbas Hachem a également pris la défense du ministre des Télécoms, tandis que les députés Ziyad Kadri et Khaled Zahraman (Courant du futur) ont été dans le sens de Okab Sakr, estimant que si les informations du quotidien al-Charq sont vraies, le ministre Nahhas doit être pénalisé.
Pour sa part, le bureau du ministre des Télécoms a répondu hier à M. Sakr, précisant qu'il avait formé une commission technique pour étudier la teneur dudit protocole, formée de deux ingénieurs du ministère des Télécoms et d'un officier de l'armée, en coordination avec le ministère de la Défense. Des officiers des FSI devaient également intégrer cette commission, mais il n'en a finalement rien été, les ministères de l'Intérieur et de la Défense ayant préféré s'abstenir de déléguer des représentants au sein de cette commission pour qu'elle demeure spécifiquement technique. Une opinion partagée, selon M. Nahas, par la commission parlementaire des Télécoms. La commission aurait donc été formée « uniquement d'experts très compétents, qui œuvrent dans le cadre des institutions de l'État, et qu'il ne faut pas mêler à des campagnes politiques ou médiatiques », selon le bureau de M. Nahas. De même, toujours selon le communiqué, le ministre des Télécoms ne s'est pas mêlé des discussions de la commission. De plus, « cette commission n'a émis qu'un seul rapport, et tout le reste ne représente que des brouillons partiels dans le cadre de la préparation du rapport », selon le bureau du ministre, qui précise enfin que les membres de la commission parlementaire ont pu suivre l'action de la commission technique tout au long de son travail.


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