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Liban - Aboul-Gheit Qualifie De « Risibles » Les Allégations Sur Le Transfert De Scud Au Hezbollah

Les craintes d’une agression israélienne, à court terme, s’estompent

Les Libanais ont vécu au cours des derniers jours dans la crainte d'une possible conflagration régionale dont le Liban serait, comme à l'accoutumée, le point de départ et le principal champ d'action. Ces vives appréhensions ont été principalement entretenues par l'intense tapage médiatique orchestré par les milieux officiels américains et israéliens au sujet des informations faisant état d'un transfert présumé par la Syrie de missiles Scud au Hezbollah. La visite éclair effectuée samedi par le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Aboul-Gheit, est venue entretenir et renforcer le climat de psychose qui commençait à se dessiner sur la scène locale, d'autant que cette visite n'a été annoncée que la veille de l'arrivée du ministre égyptien.
Les développements des dernières quarante-huit heures ont toutefois largement dissipé les craintes d'une agression israélienne, imminente ou à court terme, encore que les expériences passées, dont notamment la guerre de juillet 2006, ont apporté la preuve que dans une région aussi complexe, instable et en ébullition que le Moyen-Orient, les impondérables ne doivent jamais être exclus. D'autant que la politique obstructionniste que le gouvernement de Benjamin Netanyahu continue de suivre avec obstination place l'ensemble du processus de paix dans une impasse, ce qui accroît à l'évidence les risques de dégradation incontrôlée, et donc de conflagration subite.
C'est un tel blocage qui a poussé le Premier ministre Saad Hariri - qui vient d'effectuer une visite à Rome - à entrer en contact par téléphone au cours des dernières vingt-quatre heures avec le président Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande, Angela Merkel, et son homologue italien, Silvio Berlusconi, dans le but de faire le point des derniers développements sur la scène régionale et d'examiner avec eux les moyens susceptibles de relancer les efforts de paix dans la région afin, précisément, d'éviter toute escalade militaro-sécuritaire dont le Liban ferait les frais. En soirée, M. Hariri a reçu dans ce même cadre un appel téléphonique du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

Préoccupation française
 En soirée, un communiqué de l'Élysée a indiqué que lors de son entretien téléphonique avec M. Hariri, le président Sarkozy a « marqué sa préoccupation face aux tensions qui se développent dans la région ». « Il est crucial que chacun fasse preuve de responsabilité et s'abstienne d'actions susceptibles de nourrir ou d'accroître ces tensions et d'affecter la stabilité régionale », a dit le chef de l'État français.
M. Sarkozy a « exprimé son souhait de voir surmonté le blocage qui touche l'ensemble des volets du processus de paix au Proche-Orient, et souligné l'engagement de la France à cette fin ». Rappelant « le soutien constant de la France au Liban, à travers notamment trois conférences économiques et financières et un engagement continu au sein de la Finul », le président français a assuré M. Hariri « que la France se tenait aux côtés du Liban et des Libanais », ajoute le communiqué.
Il reste que pour l'heure, aussi bien le chef de la diplomatie égyptienne que le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, et plusieurs responsables locaux, dont notamment le « numéro deux » du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, ou le ministre Boutros Harb ont exclu une quelconque conflagration dans le contexte présent. Le ministre égyptien des AE ainsi que les responsables libanais ont mis l'accent à cet égard sur le fait que les allégations sur un transfert de Scud au Hezbollah sont infondées, voire irrationnelles ou même « ridicules », compte tenu des caractéristiques techniques et matérielles des Scud.

Les entretiens d'Aboul-Gheit
Arrivé samedi matin à Beyrouth pour une visite éclair d'une dizaine d'heures - il a été accueilli à l'aéroport Rafic Hariri par son homologue libanais Ali Chami et par l'ambassadeur d'Égypte Ahmad Fouad el-Bidiaoui - le ministre Aboul-Gheit a tenu dès son arrivée à dissiper les appréhensions évidentes exprimées par les Libanais au sujet de la situation régionale. Réaffirmant que « l'Égypte se tient aux côtés du Liban en toute circonstance et face à toutes les menaces », le chef de la diplomatie a tourné en dérision les informations sur les missiles Scud. « Ces allégations sont des mensonges et sont ridicules, a-t-il affirmé. Ceux qui connaissent ces missiles savent que ces rumeurs sont risibles. » M. Aboul-Gheit a, par ailleurs, précisé, au cours d'une rencontre informelle, en soirée, à l'hôtel Phoenicia avec un groupe restreint de journalistes, que sa visite express n'était nullement impromptue et qu'elle avait été préparée à l'avance, depuis plusieurs semaines. C'est sous le signe du soutien au Liban dans ces circonstances délicates que M. Aboul-Gheit a ainsi placé sa visite à Beyrouth. Arrivé à bord d'un avion spécial, il a déclaré au salon d'honneur de l'aéroport : « Cette visite au Liban a pour but d'exprimer l'amitié et le soutien (de l'Égypte) à ce pays et à ce peuple (libanais). L'Égypte s'intéresse à la question libanaise et elle soutient le Liban dans ces circonstances délicates. » À un journaliste qui lui demandait s'il comptait transmettre aux dirigeants libanais une mise en garde au sujet d'une agression israélienne contre le Liban, le ministre égyptien a déclaré : « Nous ne pouvons pas concevoir de transmettre des messages à un frère arabe de la part de l'ennemi. Quant à l'affaire des missiles Scud, ceux qui connaissent ces missiles savent qu'il s'agit là de mensonges risibles. »

Chez Hariri
M. Aboul-Gheit s'est ensuite rendu à la Maison du centre où il a tenu une réunion avec le Premier ministre Saad Hariri, en présence de l'ambassadeur el-Bidiaoui, de l'ancien député Bassem Sabeh, et des conseillers du Premier ministre, Mohammad Chatah, Hani Hammoud et Nader Hariri. Cette réunion a été suivie d'un déjeuner donné par M. Hariri en l'honneur de son hôte et auquel était également convié le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, qui avait conféré auparavant avec le président du Conseil.
Selon certaines informations dignes de foi, une réunion d'un peu plus de deux heures, portant sur la double conjoncture régionale et locale, aurait été tenue entre le chef de la diplomatie égyptienne, le Premier ministre, le leader des FL et l'ancien Premier ministre et chef du bloc parlementaire du Courant du futur, Fouad Siniora.
Au terme de ses entretiens à la Maison du centre, M. Aboul-Gheit a conféré avec le chef du Législatif, Nabih Berry, ainsi qu'avec son homologue libanais, Ali Chami, au palais Bustros. Au terme de son entrevue avec M. Berry, le ministre égyptien a souligné, en réponse aux questions des journalistes, qu'il ne s'attendait pas à une agression israélienne contre le Liban.
Ce point de vue a été exprimé durant le week-end par le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, qui a souligné, au cours d'un meeting, qu'une « lecture politique de la situation nous amène à exclure une agression prochaine ». « Mais nous prenons nos précautions comme si la guerre devait éclater demain », a-t-il précisé dans ce cadre.
Même son de cloche chez le ministre du Travail, Boutros Harb, et M. Fouad Siniora, qui ont également exclu une conflagration imminente, soulignant que l'affaire des missiles Scud vise à faire pression sur la Syrie et le Hezbollah.
Notons, enfin, que le ministre israélien de la Défense a déclaré à la radio israélienne qu'Israël « n'a nullement l'intention de lancer une nouvelle guerre à sa frontière nord » (avec le Liban), mais il a toutefois relevé que « l'acheminement de nouvelles armes (au Hezbollah) porte atteinte à l'équilibre de forces et menace gravement la stabilité de la région ».

Les Libanais ont vécu au cours des derniers jours dans la crainte d'une possible conflagration régionale dont le Liban serait, comme à l'accoutumée, le point de départ et le principal champ d'action. Ces vives appréhensions ont été principalement entretenues par l'intense tapage médiatique orchestré par les milieux officiels américains et israéliens au sujet des informations faisant état d'un transfert présumé par la Syrie de missiles Scud au Hezbollah. La visite éclair effectuée samedi par le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Aboul-Gheit, est venue entretenir et renforcer le climat de psychose qui commençait à se dessiner sur la scène locale, d'autant que cette visite n'a...
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