Peter Büttner, un chercheur allemand a avancé l'hypothèse que Johanna Spyri, l'auteur de Heidi, s'est en fait inspirée d'un écrivain allemand. /
Du haut des alpages verdoyants près du petit village de Maienfeld, dans l'est de la Suisse, l'univers de carte postale helvétique semble encore intact.
Au loin, les sommets enneigés des Alpes offrent un panorama majestueux. À flanc de colline, quelques petites maisons en bois et en pierre de taille, entourées de vaches broutant dans les près, complètent l'idylle suisse.
C'est sur les hauteurs de Maienfeld, au "Heididorf" (le village de Heidi), que l'auteur zurichoise Johanna Spyri a trouvé en 1879 l'inspiration pour son premier roman Heidi, qu'elle a écrit en tout juste quatre semaines.
Elle raconte l'histoire d'une petite orpheline aux cheveux bouclés, élevée par son grand-père et qui doit aller vivre auprès de sa tante à Francfort où la vie citadine va la rendre malade. Publié l'année suivante, le roman devient immédiatement un succès.
Un second tome paru en 1881, où la fillette enjouée retrouve enfin l'alpage suisse, finit de parfaire le succès de Mme Spyri, jusqu'alors peu connue.
Comme en témoignent des touristes coréens posant pour la photo devant une vache en plastique près de la "maison" de Heidi - en réalité l'habitation d'une amie de l'auteur - l'ouvrage de Spyri est devenu en plus d'un siècle un succès planétaire, traduit en plus de 40 langues et adapté au cinéma, en bande dessinée ou manga.
Mais cet univers idyllique est en passe de voler en éclats. Peter Büttner, un chercheur allemand a avancé l'hypothèse que Johanna Spyri s'est en fait inspirée d'un écrivain allemand, au grand dam des Suisses souvent irrités par l'arrogance de leur grand voisin.
En effectuant des recherches à Francfort, M. Büttner est tombé sur l'ouvrage d'un auteur tombé dans l'oubli, Hermann Adam von Kamp, qui a écrit en 1829 une nouvelle intitulée "Adelaïde, fille des alpages".
"J'ai de suite remarqué la même structure narrative: une petite fille élevée chez son grand-père, qui quitte sa patrie chérie et devient malheureuse à l'étranger avant de pouvoir rentrer chez elle", raconte-t-il.
"Je ne dis pas que Spyri a copié" von Kamp ou qu'elle l'a plagié, s'émeut M. Büttner. "Mais je présume que Spyri connaissait l'ouvrage et qu'il a servi d'impulsion", ajoute-t-il, évoquant le vocabulaire identique et le prénom de l'héroïne, qui est un diminutif d'Adelaïde.
Des arguments rejetés en bloc par les défenseurs de Spyri, dont des rues zurichoises portent le nom et dont l'oeuvre fait vivre la région touristique du "Heidiland" (le pays de Heidi).
"Les mots employés dans le roman de Spyri sont le vocabulaire de l'époque", rétorque Andreas von Sprecher, propriétaire du village de Heidi: "il s'agit d'un phénomène connu à l'époque, où les enfants des campagnes étaient envoyés en ville".
Pour cette raison, "cette histoire est populaire en Suisse car beaucoup de gens s'y reconnaissent", avance Judith Stump, responsable de la boutique du village, qui vend tasses et bouteilles de vin à l'effigie de la petite montagnarde.
Si M. von Sprecher estime possible que Johanna Spyri ait pu lire l'ouvrage de von Kamp, il exclut que cette dernière l'ait utilisé pour rédiger son succès mondial.
Alors qu'"Adelaïde" tient en une trentaine de pages, "Heidi est une oeuvre diffusée à des millions d'exemplaires", reconnaît M. Büttner, qui assure par ailleurs n'avoir "jamais voulu enlever Heidi aux Suisses".
Au loin, les sommets enneigés des Alpes offrent un panorama majestueux. À flanc de colline, quelques petites maisons en bois et en pierre de taille, entourées de vaches broutant dans les près, complètent l'idylle suisse.
C'est sur les hauteurs de Maienfeld, au "Heididorf" (le village de Heidi), que l'auteur zurichoise Johanna Spyri a trouvé en 1879 l'inspiration pour son premier roman Heidi, qu'elle a écrit en tout juste quatre semaines.
Elle raconte l'histoire d'une petite orpheline aux cheveux bouclés, élevée par son grand-père et qui doit aller vivre auprès de sa tante à...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine