« Si ces informations s'avèrent exactes, nous allons examiner toute la gamme des outils à notre disposition pour faire changer d'avis la Syrie », avait affirmé le secrétaire d'État adjoint pour le Proche-Orient, lors d'une audition au Congrès. « Les États-Unis ont montré par le passé que nous étions capables d'agir (...). Je pense que toutes les options seront sur la table à ce sujet », avait ajouté M. Feltman, qui aurait par ailleurs exprimé une certaine gêne quant à la comparaison faite par le Premier ministre, Saad Hariri, entre « les armes de destruction introuvables » en Irak et les Scud.
Hier, Hillary Clinton, qui s'exprimait dans le cadre d'une conférence de presse avant l'ouverture d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN à Tallin, en Estonie, a exprimé à son tour des inquiétudes, tout en maintenant une main tendue vers le régime syrien. Aussi a-t-elle estimé que l'administration US avait conclu que les bénéfices d'envoyer un ambassadeur à Damas étaient plus importants que les coûts. Selon elle, la présence d'un ambassadeur dans la capitale syrienne donne à Washington une meilleure perception de ce qui s'y produit.
« Il existe une longue liste de domaines dont nous avons discuté avec les Syriens et nous avons l'intention de continuer à mettre en avant nos préoccupations. Nous pensons que la présence d'un ambassadeur là-bas augmente les possibilités de transmettre ce message d'une manière ferme et d'avoir, nous l'espérons, de l'influence sur le comportement de la Syrie », a indiqué Mme Clinton. « Nous pensons qu'il est important de poursuivre le processus du retour d'un ambassadeur. Il ne s'agit pas d'une sorte de récompense accordée aux Syriens et aux actions qu'ils entreprennent et qui sont profondément dérangeantes », a-t-elle ajouté.
Elle s'est toutefois gardée d'infirmer ou de confirmer la véracité des dires israéliens et koweïtiens au sujet du transfert des Scud, se contentant d'exprimer son « inquiétude ».
De son côté, le quotidien israélien Haaretz a estimé que Washington avait du mal à prendre une position tranchée sur la question du transfert des Scud , ce qui laisse supposer, d'après les diverses déclarations de responsables du Pentagone et du département d'État, que les États-Unis ne sont pas complètement certains que ce transfert ait réellement eu lieu et qu'ils ont uniquement des soupçons. Le Haaretz cite en outre des officiers israéliens, selon qui « le président syrien, qui prétend être un homme de paix, est au courant de cette livraison des missiles, ce qui prouve qu'il reste attaché à son alliance stratégique avec l'Iran et le Hezbollah ».
Dans le même sens, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé hier à la seconde chaîne de télévision privée israélienne, au sujet de la potentialité d'une guerre : « Nous ne voulons pas la guerre. Mais il y a des armes qui sont transférées au Hezbollah via la frontière entre la Syrie et le Liban, et c'est inadmissible. »
Mardi, un rapport de douze pages soumis par le Pentagone à des commissions du Congrès américain indiquait que l'Iran fournit des armes et des fonds s'élevant à 200 millions de dollars américains par an pour aider le Hezbollah à s'armer dans des proportions excédant celles de 2006 et entraîne des combattants du parti dans les camps libanais. « Pour l'Iran, le Hezbollah est un partenaire essentiel pour atteindre ses objectifs de politique régionale », note le rapport du Pentagone, qui examine l'ensemble de la structure militaire iranienne, ainsi que les relations de Téhéran avec la Chine, la Russie et le Venezuela.


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