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Économie - Liban - Inflation

Les prix grimpent, la grogne sociale aussi

Parallèlement à l'augmentation du prix de l'essence, les chiffres officiels de l'ACS, publiés hier, sont venus confirmer la tendance à la hausse des prix des principaux produits de consommation au premier trimestre de l'année. Face à cette situation, les chauffeurs de taxi ont appelé à une grève aujourd'hui sur l'ensemble du territoire.
L'annonce hier d'une nouvelle augmentation des prix à la pompe a été accueillie par une vague de protestations dans les milieux syndicaux et parmi les citoyens, excédés par ce qu'ils perçoivent comme une injustice. Le prix des 20 litres de 98 octanes a ainsi augmenté de 100 livres à 34 500 livres, dépassant ainsi le pic historique atteint en 2008 (34 000 livres). Le prix du kérosène domestique a également enregistré une hausse de 400 livres, tandis qu'en contrepartie, le prix du bidon de mazout a baissé de 300 livres.
Parallèlement, l'Administration centrale de la statistique (ACS) a publié hier les chiffres officiels de l'inflation pour les trois premiers mois de l'année. Selon ces chiffres, les prix ont progressé de 4,5 % au Liban entre mars 2009 et mars 2010. Pour le seul mois de mars, les prix ont augmenté de 0,9 % par rapport à février.
D'une manière plus ponctuelle, les prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées ont progressé de 0,1 % sur base mensuelle, tandis que les prix des boissons alcoolisées et du tabac se sont stabilisés en comparaison avec février. Par rapport à mars 2009, les prix des boissons alcoolisées et du tabac ont toutefois enregistré une hausse de 7,8 %, indique le rapport. En outre, les prix des habits et chaussures ont augmenté de 6,4 % entre février et mars, mais demeurent en baisse de 6,8 % sur un an. Les prix des produits appartenant à la catégorie « Eau, Électricité et Combustibles » ont, quant à eux, augmenté de 4,3 % en mars, sur un mois, et de 14,9 %, sur un an, ajoute le rapport.
Notons également que, selon l'ACS, les prix des loyers ont augmenté de 6,1 % depuis mars 2009, tandis que les prix du transport et de l'éducation ont bondi respectivement de 16,3 % et de 9,6 %, sur un an. Toujours au niveau de l'évolution des prix des divers postes de consommation, les prix des restaurants et hôtels ont augmenté de 0,1 % en mars, sur une base mensuelle, et de 3,8 % sur un an. Selon l'ACS, seuls les frais de santé ont accusé une légère baisse en mars par rapport au mois précédent (-0,3 %), augmentant toutefois de 2,4 % en comparaison avec mars 2009. Enfin, les prix des services de télécommunications ont chuté de 13,1 % depuis un an, conclut le rapport.

Appel à une grève massive
Face à ce renchérissement du prix des biens de consommation et des carburants, plusieurs organismes syndicaux ont appelé à une réaction populaire massive pour envoyer un signal fort au gouvernement. Le syndicat des chauffeurs de taxi a de ce fait réitéré son mécontentement, déjà manifesté depuis plusieurs semaines. Au cours d'une conférence de presse organisée hier, il a annoncé qu'une grève générale sera organisée dès ce matin sur l'ensemble du territoire.
Dans un entretien avec L'Orient-Le Jour, le secrétaire général du syndicat, Ali Mehieddine, a dit s'attendre à une participation massive à cette grève, soulignant que ce mouvement n'était que le début d'un long parcours visant à mettre en application toutes les revendications des employés du secteur. « Outre la flambée du prix de l'essence, qui pèse désormais très lourd sur les chauffeurs de taxi et met en péril leur survie, ces derniers souffrent aujourd'hui d'une série d'injustices exacerbées par l'absence totale de l'État », a-t-il affirmé. Parmi ces abus figure notamment la concurrence déloyale. « De nombreuses voitures sans aucun permis ou portant des plaques rouges tronquées circulent aujourd'hui librement sur les routes libanaises, tandis que des voitures aux matricules verts transportent des passagers (...) sans aucun scrupule et sous l'œil indifférent des autorités », a-t-il déploré.
« Par ailleurs, les chauffeurs de taxi, à l'instar des autres usagers de voitures, paient aujourd'hui non seulement les frais de mécanique, mais aussi les frais liés au contrôle technique annuel obligatoire, pris en charge par une compagnie privée (...), a souligné M. Mohieddine. Il s'agit d'une double facturation dont le but unique est de permettre à cette compagnie instaurée par les requins de la mafia politique d'encaisser des sommes faramineuses. »
Toujours au niveau des revendications, le secrétaire général du syndicat des chauffeurs de taxi a souligné la nécessité d'abolir « les frais douaniers sur l'importation de nouvelles voitures à usage public afin que les chauffeurs puissent renouveler leur flotte, devenue très vieille (...) ». Il a également plaidé en faveur de l'application du plan national de transport urbain, dont le projet de loi « n'a toujours pas été soumis au Conseil des ministres, notamment pour des raisons politiques ».
D'autres syndicats et organismes ont également exprimé leur mécontentement, décidant de se joindre au mouvement d'aujourd'hui. Le comité des professeurs du secondaire a notamment annoncé qu'il se joindrait à la fois à la grève et à la marche, tandis que le parti du Rassemblement démocratique a fermement exprimé son soutien aux revendications générales, appelant les travailleurs, les chauffeurs de taxi, les enseignants et les représentants des professions libérales à soutenir la grève. « Nous souhaitons faire part de notre rejet catégorique de la politique appliquée par le ministère des Finances (notamment) en ce qui concerne la taxation de l'essence », a déclaré en substance leur communiqué. Toutefois, dans le camp opposé, un syndicat indépendant de chauffeurs de taxi a appelé à ne pas suivre la grève, « orchestrée à des fins personnelles ou politiques ». Quoi qu'il en soit, la grève d'aujourd'hui n'est qu'un prélude à la grève générale du 17 juin à laquelle a déjà appelé la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL). Elle reflète en tout cas un mécontentement général qui ne cesse de prendre de l'ampleur au fil des jours.
L'annonce hier d'une nouvelle augmentation des prix à la pompe a été accueillie par une vague de protestations dans les milieux syndicaux et parmi les citoyens, excédés par ce qu'ils perçoivent comme une injustice. Le prix des 20 litres de 98 octanes a ainsi augmenté de 100 livres à 34 500 livres, dépassant ainsi le pic historique atteint en 2008 (34 000 livres). Le prix du kérosène domestique a également enregistré une hausse de 400 livres, tandis qu'en contrepartie, le prix du bidon de mazout a baissé de 300 livres.Parallèlement, l'Administration centrale de la statistique (ACS) a publié hier les chiffres officiels de l'inflation pour les trois premiers mois de l'année. Selon ces chiffres, les prix ont...
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