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Nos lecteurs ont la parole

Relations équilibrées avec la Syrie

Joseph W. ZOGHBI
Les relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie sont la première pierre dans la construction de l'édifice des relations amicales et équilibrées. Cependant, pour que l'équilibre se fasse et que  l'amitié soit sans méfiance, il est nécessaire de « normaliser » les relations avec notre voisin pour que le Liban soit considéré comme un vrai partenaire.
Que pourrait-on dire des relations « normales » ?
Que la visite des officiels, président, Premier ministre, ministres, ne se fasse pas à sens unique, Beyrouth-Damas, mais alternativement Damas-Beyrouth aussi. Cela s'appelle le respect.
Que les visites ne soient pas seulement amicales, pour prendre le café, mais pour débattre de dossiers déjà étudiés et débattus en Conseil des ministres.
Que les responsables damascènes cessent de s'immiscer dans nos affaires intérieures. Et si cela devait se produire, que le ministère libanais des Affaires étrangères demande des explications à l'ambassadeur de Syrie au Liban, et que les vis-à-vis réagissent à ces déclarations.
Que l'ambassadeur de Syrie au Liban évite, comme tous les autres ambassadeurs et visiteurs d'ailleurs, de prendre des bains de foule et de faire des déclarations sur la politique du pays.
Que si nous avons quelque chose à dire à notre voisin, cela puisse se faire par voie diplomatique.
Que s'il y a un contentieux entre les deux pays, une opinion juridique soit formulée pour savoir si ce contentieux est fondé ou pas et comment le résoudre légalement  suivant les accords
internationaux.
Que le mystère des « disparus » qui pèse toujours sur nos relations soit élucidé.
Que les accords entre les deux pays, signés sous la contrainte lors de l'occupation du Liban par la Syrie, soient revus et renégociés, s'ils sont déséquilibrés. C'est le droit le plus absolu du Liban.
Que les ouvriers syriens travaillant au Liban, et ils sont les bienvenus, soient traités selon les lois en vigueur, et idem pour les Libanais travaillant en Syrie.
Que si le tracé des frontières doit avoir lieu et que la Syrie souhaite que cela commence par le Nord, soit. Pourquoi pas. On arrivera bien au Sud. Nous saurons alors bien vite quelles sont les intentions de notre voisin.
Par ailleurs, notre voisin a fait des efforts pour moderniser l'accueil aux frontières alors que l'accueil aux nôtres est moins qu'acceptable, ce qui est incompréhensible. Les bâtiments aux frontières doivent être ultramodernes, comme le sont ceux de notre aéroport. Faudrait-il être traités comme des voyageurs de seconde zone quand on traverse la frontière par voie terrestre ? Peut-être qu'un jour nos ministres concernés iront visiter ces frontières pour se rendre compte qu'elles ont vraiment besoin d'être conformes aux normes. Peut-être aussi qu'un espace ouvert entre la Turquie, la Syrie, la Jordanie et le Liban (comme l'espace Schengen) devrait être considéré en fonction d'un renforcement de la sécurité.

Joseph W. ZOGHBI
Les relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie sont la première pierre dans la construction de l'édifice des relations amicales et équilibrées. Cependant, pour que l'équilibre se fasse et que  l'amitié soit sans méfiance, il est nécessaire de « normaliser » les relations avec notre voisin pour que le Liban soit considéré comme un vrai partenaire. Que pourrait-on dire des relations « normales » ? Que la visite des officiels, président, Premier ministre, ministres, ne se fasse pas à sens unique, Beyrouth-Damas, mais alternativement Damas-Beyrouth aussi. Cela s'appelle le respect.Que les visites ne soient pas seulement amicales, pour prendre le café, mais pour débattre de dossiers...
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