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Culture

Le « 104 », immense lieu culturel parisien, cherche un nouveau départ

Inauguré en grande pompe le 11 octobre 2008, le « 104 », haut lieu culturel parisien, peine à trouver sa place et attend en juin une nouvelle direction qui devrait mieux l'ouvrir sur son quartier et lui donner l'ampleur que méritent ses vastes espaces, écrit Philomène Bouillon, de l'AFP.
Cet imposant lieu artistique - plus étendu, avec ses 39 000 m2, que la place de la République, où l'on peut « coucher la tour Eiffel » - trône dans un faubourg populaire du nord de Paris, au 104 rue d'Aubervilliers (XIXe).
Malgré sa monumentale et magnifique prestance, le « 104 » n'attire pas les foules depuis son ouverture il y a un an et demi, alors que le maire socialiste Bertrand Delanoë pronostiquait « un signal fort à la communauté artistique mondiale ».
« Il faut garder en tête que Bertrand Delanoë et le maire du XIXe ont sauvé ce lieu de la démolition. Il n'y a dans le monde aucun établissement culturel de cette taille. Donc il n'y a aucun moyen de comparer ou de s'inspirer », explique à l'AFP Christophe Girard, adjoint (PS) à la Culture et président du conseil d'administration du 104.
Cet ensemble avait été édifié en 1873, notamment par Baltard. En 1905, il a hébergé le service municipal des pompes funèbres. 27 000 corbillards partaient chaque année du 104.
Chargé d'histoire, il a été protégé et réhabilité par la ville de Paris et magnifiquement restauré par l'Atelier Novembre (budget : 100 millions d'euros, puis 11 millions de fonctionnement, dont 8 de subvention de la mairie).
Aujourd'hui, il fonctionne comme une rue. On entre dans cette « cathédrale » par la rue d'Aubervilliers pour ressortir rue Curial. Sur le parcours, des ateliers d'artistes (200 artistes en résidence), deux salles de spectacles dans la nef centrale, 1 000 m2 de commerces (librairie, bric à brac Emmaüs, et bientôt un restaurant).
« La maison des petits ne désemplit pas », argumente la mairie, citant de nombreux événements culturels qui ont « très bien marché ».
Le premier jury avait choisi deux hommes de théâtre pour diriger le 104, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach. Au bout d'un an, ils ont jeté l'éponge.
« Comme toute équipe qui démarre, ils ont essuyé les plâtres », tempère M. Girard, selon qui « le lieu n'a pas encore totalement ouvert ».
Mais voilà, nombreux sont les visiteurs qui se sentent « perdus » dans cette grande bâtisse. On ne voit pas les artistes et, quand il fait froid, un vent glacial balaie la nef.
Spécialiste de culture et journaliste à Rue 89, Jean-Pierre Thibaudat avait parlé dès le début de « temple de glace qui jette un froid ».
De même, un groupe d'artistes et d'intellectuels, emmenés par Jean-Marc Adolphe, directeur de la revue Mouvement, a tenté depuis une semaine un « putsch » symbolique et sans violence, en occupant des salles ou le hall.
Ce collectif veut interroger la mairie sur l'avenir du 104 et déplore un « gâchis » : « Comment se fait-il qu'un an après son ouverture, on arrive à cette situation ? On veut entreprendre nous-mêmes une inspection du 104 et comprendre comment on peut en arriver là », dit à l'AFP Jean-Marc Adolphe.
La nouvelle direction aura justement à charge, répond indirectement M. Girard, de ne pas en faire un « lieu parisien élitiste ». Il faudra que « la présence des artistes soit mieux partagée, qu'on les voit, qu'on les rencontre ».
Quant au froid, « il faut trouver un moyen de réaménager cette halle » pendant les mois rigoureux, a-t-il ajouté.
Le lauréat choisi parmi les 56 candidats - une petite quinzaine a déjà été auditionnée - devra donc réinventer le « 104 ».
Inauguré en grande pompe le 11 octobre 2008, le « 104 », haut lieu culturel parisien, peine à trouver sa place et attend en juin une nouvelle direction qui devrait mieux l'ouvrir sur son quartier et lui donner l'ampleur que méritent ses vastes espaces, écrit Philomène Bouillon, de l'AFP.Cet imposant lieu artistique - plus étendu, avec ses 39 000 m2, que la place de la République, où l'on peut « coucher la tour Eiffel » - trône dans un faubourg populaire du nord de Paris, au 104 rue d'Aubervilliers (XIXe).Malgré sa monumentale et magnifique prestance, le « 104 » n'attire pas les foules depuis son ouverture il y a un an et demi, alors que le maire socialiste Bertrand Delanoë pronostiquait...
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