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Nos lecteurs ont la parole

À la fois saints et pécheurs

Jean RIACHI
Merci au père Dominique Hélou pour son magnifique article sur la réponse catholique face aux scandales de pédophilie (voir L'Orient-Le Jour du samedi 10 avril 2010). À chaque paragraphe, il y a une réponse nouvelle et je suis convaincu que, s'il l'avait cru opportun, le père Helou nous en aurait encore apporté des milliers d'autres. Que des prêtres commettent des péchés, quoi de plus naturel ? Ils sont avant tout des hommes, et tous les hommes font le bien comme ils font le mal et sont donc alternativement saints et pécheurs. Pour Luther, ils sont à la fois saints et pécheurs. L'Église catholique distingue parmi les hommes ceux qu'elle reconnaît « saints » ou « bienheureux », et il s'agit rarement de prêtres et encore moins d'évêques ou de papes. Même à ceux-là, et malgré une vie édifiante au service des autres (on pense à Mère Teresa, si proche de notre temps),  l'Église refuse la qualité de saints. Les Églises catholique et orthodoxe ne reconnaissent que la Vierge Marie comme immaculée, non pas par ses propres mérites, mais dès sa conception, par la volonté de Dieu. Dans sa chute, Adam a emporté l'humanité tout entière et le combat pour la sainteté est un combat qu'il faut mener mais en sachant que seule la grâce de Dieu peut nous sauver.
 Peut-être est-ce par souci de ménager son public que le père Dominique a qualifié les prêtres pédophiles de « traîtres » en les comparant à Judas. Et de souligner que l'Église primitive ne s'est pas arrêtée au geste de Judas pour juger les disciples du Christ, mais à l'action des autres disciples, les onze (et tous les autres) qui,  par leur vie exemplaire, ont donné la foi et changé la vie de générations de chrétiens.
Le père Dominique a déjà une lourde tâche à essayer de convaincre les gens que les scandales de pédophilie ne doivent pas leur faire perdre foi en Dieu et confiance en son Église. Voilà pourquoi sans doute n'a-t-il pas voulu parler à rebrousse-poil. Je n'ai pas cette mission et donc j'ai envie de dire ce que j'ai sur le cœur: ces prêtres sont des hommes comme les autres. Si la justice des hommes doit les condamner, qu'elle le fasse ;  la pédophilie est un crime qui doit être puni pour le mal irréparable qu il fait aux enfants qui en sont  victimes. Mais tous ceux qui se disent chrétiens doivent aussi penser à la souffrance de ces prêtres.
Tout péché est un mensonge et conduit à vivre dans la solitude et l'ombre. Seule la vérité permet de vivre dans la lumière. C'est le secret de la joie des saints et de notre tristesse de pécheurs. Alors, pensons à la solitude de ces prêtres, à leur remords et leur souffrance de ne pas pouvoir résister à d'horribles pulsions. À nous les hommes et femmes bien pensants - et à qui Dieu a fait la grâce de ne pas avoir de pulsions pédophiles -, j'ai envie de dire, comme Jésus à qui on amène la femme adultère: « Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre. » Au lieu de condamner, comme dans la scène de l'Évangile, éloignons-nous, la tête basse, en pensant à tous ceux à qui nous avons fait du mal et à tous ceux que nous n'avons pas secourus alors qu'ils avaient besoin de notre aide, à toutes ces fautes que Jésus est en train d'écrire dans le sable avec Son doigt, pendant que nous-mêmes, sûrs de notre intégrité et indignés par ce scandale, condamnons l'Église, ses prêtres et son chef.
Mon cher Dominique, le passage le plus beau de ton argumentaire, c'est quand tu dis qu'être témoin du Christ en ces périodes de persécutions contre l'Église est un grand moment. Tu as fait le choix difficile d'être au service de l'Église et je trouve magnifique que tu dises cela. J'entends souvent des sermons dans nos églises du Liban dans lesquels les prêtres parlent de l'Église persécutée en Orient. Quelle erreur! Pour moi, si des chrétiens d'Orient sont persécutés, comme en Égypte ou en Irak, la plupart ont la chance de vivre leur foi avec la ferveur de ceux qui se doivent d'être les témoins du Christ au milieu de musulmans pour la plupart respectueux et tolérants. L'Église persécutée, c'est l'Église d'Occident. Son ennemi ? Ni el-Qaëda ni Ahmadinejad, mais Satan qui a envahi les esprits et en a chassé Dieu sous prétexte que ce Dieu l'empêche d'accéder à l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

Jean RIACHI
Merci au père Dominique Hélou pour son magnifique article sur la réponse catholique face aux scandales de pédophilie (voir L'Orient-Le Jour du samedi 10 avril 2010). À chaque paragraphe, il y a une réponse nouvelle et je suis convaincu que, s'il l'avait cru opportun, le père Helou nous en aurait encore apporté des milliers d'autres. Que des prêtres commettent des péchés, quoi de plus naturel ? Ils sont avant tout des hommes, et tous les hommes font le bien comme ils font le mal et sont donc alternativement saints et pécheurs. Pour Luther, ils sont à la fois saints et pécheurs. L'Église catholique distingue parmi les hommes ceux qu'elle reconnaît « saints » ou « bienheureux »,...
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