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Nos lecteurs ont la parole

Vitres teintées et port d’arme

Par Mario MACARON
Monsieur le ministre de
l'Intérieur,
Je m'adresse à vous pour ouvrir ou, peut-être, rouvrir le débat sur un dossier qui pourrait vous paraître simple à comparer aux problèmes épineux qui sont notre pain quotidien, mais qui est, néanmoins, d'une importance non négligeable. En effet, suite aux péripéties nocturnes sanguinaires survenues il y a peu, je trouve tout à fait pertinent de soulever le problème des permis relatifs aux vitres tintées et au port d'arme légère, dits « permis VIP ».
En fait, ce phénomène est en vogue actuellement dans notre société : après les soirées en boîtes huppées, les voitures de luxe et la chirurgie plastique, on est à la recherche d'un nouveau mode d'assouvissement de notre folie des grandeurs. Qu'est-ce qui serait donc mieux qu'un amalgame combinant politique, pouvoir et supériorité ? Comme vous l'avez sûrement constaté, il suffisait d'être partisan de tel zaïm pour avoir le droit d'arborer à sa voiture des vitres fumées. Par la suite, ce vitrage sombre, assorti d'un permis le justifiant, ne peut qu'appartenir à quelqu'un de bien introduit et donc intouchable et irréprochable. Du coup, ces gens-là franchissent les barrages face à des agents craignant de se montrer trop tatillons et de risquer de finir dans un trou perdu du pays.
Votre politique fut de mettre un frein à ce « laisser-aller » en interdisant l'octroi de nouveaux permis et en vous limitant au renouvellement des permis déjà délivrés. Comme chaque initiative motivée par la garantie de l'intérêt général, la vôtre suscita des échos pleurnichards.
Je vous propose de légaliser ce nouveau caprice, en m'inspirant des règlements des Émirats arabes unis afin de profiter des avantages qu'il offre.
Sur le plan social, cela conduira à ôter à cette mode son cachet d'« interdit » et, de ce fait même, à n'encourager que les usagers qui cherchent réellement le côté pratique de ce type de permis. Sur le plan économique, cela permettra la commercialisation, bien que dérisoire, d'un nouveau produit sur le marché.
Aux yeux des agents de l'ordre, il faudra plus qu'un simple permis pour laisser passer une figure suspecte cachée derrière une vitre teintée, sachant que ce  type de vitres n'a jamais permis  aux malfaiteurs de camoufler leurs délits, pour fuir et circuler inaperçus après ou lors de leurs infractions.
Le second dossier nécessite des efforts plus grands. Il s'agit, vous l'avez deviné, des permis de port d'arme. L'histoire a prouvé que ce n'est jamais une arme qui a protégé une cible potentielle, qu'il s'agisse du président Kennedy, du pape Jean-Paul II ou, plus près de nous, de tous nos politiciens martyrs.
En somme, Monsieur le ministre, je vous propose, je vous appelle à liquider le dossier des vitres teintées pour, en revanche, traiter plus sévèrement, en collaboration avec le ministère de la Défense, la question des permis de port d'arme.
Monsieur le ministre de l'Intérieur,Je m'adresse à vous pour ouvrir ou, peut-être, rouvrir le débat sur un dossier qui pourrait vous paraître simple à comparer aux problèmes épineux qui sont notre pain quotidien, mais qui est, néanmoins, d'une importance non négligeable. En effet, suite aux péripéties nocturnes sanguinaires survenues il y a peu, je trouve tout à fait pertinent de soulever le problème des permis relatifs aux vitres tintées et au port d'arme légère, dits « permis VIP ».En fait, ce phénomène est en vogue actuellement dans notre société : après les soirées en boîtes huppées, les voitures de luxe et la chirurgie plastique, on est...
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