Selon al-Watan, M. Walid Joumblatt a affirmé hier que sa visite à Damas « s'est déroulée en coordination totale avec les amis en Arabie saoudite » et s'inscrit dans le cadre des « réconciliations arabes » initiées par le roi Abdallah. Il a affirmé espérer que ces réconciliations soient couronnées par « un rapprochement syro-égyptien » et une réconciliation interpalestinienne.
Selon M. Joumblatt, la visite à Damas a constitué « un bon et convaincant début». Le chef du PSP a notamment souligné que le chef de l'État syrien a « tourné la page » et affirmé avoir « tiré beaucoup de leçons du passé ». Notons dans ce cadre que selon certaines informations, M. Joumblatt pourrait se rendre à Damas dans les 24 heures afin d'y rencontrer, notamment, le général Mohammad Nassif.
« La visite à Damas s'est inscrite naturellement dans le prolongement de celle, après une longue rupture, du roi Abdallah (...). Les particularités libano-syriennes ont été laissées de côté par l'Arabie saoudite ; mais tout comptes faits, l'accord de Taëf repose sur un accord saoudo-syrien », a-t-il dit.
Commentant la visite à Damas du ministre Ghazi Aridi, M. Joumblatt a affirmé avoir demandé au président Assad l'établissement d'un « lien direct », qui sera assuré, côté libanais, par M. Aridi, et, côté syrien, par le général Mohammad Nassif.
Conscient des critiques de M. Samir Geagea, qui demande l'instauration de relations d'État à État avec la Syrie, le chef du PSP a affirmé que « des considérations personnelles » dictaient sa conduite et que le retour de la confiance entre la Syrie et sa personne ne pouvait se faire que « sur une base à la fois personnelle et politique ».
Armes et résistance
Abordant la question des armes de la Résistance, M. Joumblatt a affirmé que l'existence d'une résistance est « un facteur de protection non seulement pour le Liban, mais aussi pour le monde arabe et islamique ».
« La question doit être tranquillement débattue dans le cadre d'une stratégie défensive », a-t-il dit, ce qui signifie, selon lui, « qu'au bon moment aussi bien pour le Liban que pour la région, et sur décision du Hezbollah, ces armes seront progressivement intégrées au sein des institutions ».
Au passage, M. Walid Joumblatt a écarté hier la possibilité que des éléments du Hezbollah soient impliqués dans l'assassinat du président Rafic Hariri et a mis en garde contre les « indiscrétions publiées dans la presse, s'appuyant sur le témoignages de certains ».
L'Iran
Au sujet de l'Iran, M. Joumblatt a affirmé que ce pays n'est pas une source d'inquiétude pour le monde arabe, mais que cela pourrait le devenir « si les intérêts (de l'Iran) en venaient à contredire les intérêts arabes, et en particulier l'axe saoudo-syrien ».
M. Joumblatt a également affirmé qu'il n'avait, personnellement, « aucun rapport avec l'Iran, ni positif ni négatif », précisant toutefois que s'il est invité en Iran, il consulterait, avant d'accepter l'invitation, le monarque wahhabite.
Par ailleurs, M. Joumblatt a estimé que l'accord entre les FSI et les États-Unis sur l'entraînement des Forces de sécurité intérieure « comprend beaucoup de défauts et que Washington n'a pas le droit de s'ingérer dans certains détails particuliers touchant à la souveraineté libanaise ».
Il a relevé en particulier l'anomalie consistant à exiger des photocopies des cartes d'identité et de passeports libanais. Ces documents pourraient bien finir entre les mains des Israéliens, a-t-il estimé, affirmant craindre qu'ils soient utilisés par des commandos israéliens pour assassiner des chefs libanais.
M. Joumblatt a ajouté que « des liens personnels » existent entre lui-même et certains responsables américains, mais qu'en définitive, les États-Unis étaient parvenus à une impasse « après le discours récent du président Obama ».
Enfin, après avoir affirmé que la résistance est légitime et qu'il est inévitable que l'occupation soit confrontée, les armes à la main, M. Joumblatt a affirmé que le massacre de femmes, d'enfants et de vieillards en Irak « n'est pas de la résistance » et qu'elle se fait « aux frais de l'unité nationale irakienne ».
Relevons pour finir que le chef du PSP a rencontré hier le président de l'Assemblée nationale française, Bernard Accoyer, au siège de l'ambassade.


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