Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

La symbolique du poisson dans le christianisme

Par Sami Antoine KHALIFÉ
Les premiers chrétiens employaient avant tout des symboles bibliques, agneau, arche, etc. Mais aussi certains symboles païens, après leur avoir ôté leur ancienne signification en leur donnant un sens dogmatique bien précis:
Pourquoi la représentation de Notre-Seigneur sous les traits d'Orphée avec une lyre à la main, entourée d'animaux ? C'est que, comme Orphée domptait par sa lyre les bêtes féroces et charmait les montagnes et les arbres, de même le Christ attirait les hommes par Sa parole divine et domptait les forces de la nature. Le symbole d'Orphée est largement utilisé dans les écrits des auteurs antiques, à commencer par Clément d'Alexandrie.
L'un des symboles les plus répandus aux premiers siècles chrétiens était le poisson:
Ce symbole fut également emprunté au paganisme. Chez les peuples primitifs, le poisson symbolisait la fécondité. Chez les Romains du début de notre ère, il devint un symbole érotique.
Le Christ lui-même était le premier à se servir du symbole du poisson en lui donnant un message spirituel : (« Suivez-moi et je vous ferai pécheurs d'homme » Mt 4, 19; Mc 1, 17). S'adressant à des pêcheurs, Il recourait naturellement à des images qui leur étaient proches et compréhensibles. Le Royaume céleste est comparé par Lui à un filet rempli de toutes sortes de poisons. L'image du poisson sert également de symbole des biens célestes (Mt 7, 9-11; 13, 47-48; Lc 5,10). Les images du pécheur et du poisson exprimant le prédicateur et le converti sont tout à fait compréhensibles.
Le sens des cinq lettres composant le mot « Ichthus », (« Ièsous Christos Theou Uios Sòter ») est : « Jésus-Christ , Fils de Dieu, Sauveur ». Ces mots qui expriment la foi en la divinité de Jésus-Christ et en Sa mission rédemptrice font que le symbole du poisson était une sorte de formule ancienne du Credo, condensé en un seul mot. Ce fut la principale raison derrière la large diffusion du symbole du poisson dans le christianisme. Les premiers chrétiens portaient au cou de petits poisons en métal, en pierre ou en nacre avec l'inscription « Sauve » ou « Que tu sauves ».
La signification première et essentielle du poisson, c'est donc le Christ Lui-même, parfois appelé par les auteurs antiques « poisson céleste » (« Ichtus ouranios »).
Parfois, nous rencontrons, dans les écrits, l'image d'un bateau, symbole de l'Église, porté par un poisson. Elle se réfère au fait que l'Église repose sur le Christ, son fondateur, ou encore que le Christ se trouve au milieu des chrétiens réunis à Lui par le baptême, et on représente alors de petits poisons entourant un plus grand. « Nous sommes de petits poisons, dit Tertullien ; nous naissons dans l'eau comme notre poisson (« Ichtus ») Jésus-Christ, et nous ne sommes sauvés qu'en restant dans l'eau. » Ainsi, le symbolisme du poisson renvoie à celui de l'eau, c'est-à-dire au baptême.
Il faut souligner ici la signification eucharistique de ce symbole alors même que le poisson n'a jamais été employé comme espèce eucharistique. En effet, chaque fois que l'Eucharistie est représentée, que ce soit l'image d'un banquet, une scène de consécration ou un simple symbole, le poisson y figure immanquablement. Le poisson précise le sens du pain et du vin.
Deux inscriptions funéraires datant du IIe siècle trouvées aux deux extrémités du monde chrétien en Phrygie et en Gaule sont significatives.
«  La foi me conduisait partout, écrit saint Abercius, Partout elle m'a servi en nourriture un poisson de source très grand, pur, pêché par une Vierge sainte: elle le donnait sans cesse à manger aux amis; elle possède un vin délicieux qu'elle donne mêlé d'eau avec le pain. » Le poisson que pêche la Vierge sainte est le Christ. Le pain et le vin mêlé d'eau, c'est déjà notre pratique eucharistique.
Saint Abercius, évêque d'Hiérapolis, est vénéré par l'Église comme égal aux Apôtres. Ce grand voyageur séjourna à Rome et sillonna tout l'Orient. Il a rencontré, de Rome à l'Euphrate, non seulement la même doctrine et le même sacrement, mais aussi le même symbole où convergent rite et doctrine: le poisson.
À l'autre extrémité, en France, on trouve l'inscription funéraire de Pectorius d'Autun. C'est un poème acrostiche en grec dont les lettres initiales forment les mots « Ischthus Elpis » - Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, Espérance. Dans « les flots éternels de la sagesse qui donne des trésors », dans « les eaux divines » qui rajeunissent l'âme, la « race divine du poisson céleste (...) la vie immortelle ». Le poème invite ensuite à prendre l'aliment doux comme le miel du Sauveur des saints et à manger l' « Ichtus » « que tu tiens dans les paumes de tes mains ». (Selon les premiers chrétiens, le fidèle recevait le pain consacré dans la paume de la main droite croisée sur la gauche).
Ainsi, de l'Euphrate à l'autre bout du monde, des premiers chrétiens en France, en passant par Rome, on constate que l'on parle de la même réalité et que le symbole du poisson était répandu partout et propre à l'Église tout entière.
Le rôle important que joue le poisson dans les récits de l'Évangile a certainement contribué à faire adopter ce symbole par tous les chrétiens.
Les premiers chrétiens employaient avant tout des symboles bibliques, agneau, arche, etc. Mais aussi certains symboles païens, après leur avoir ôté leur ancienne signification en leur donnant un sens dogmatique bien précis:Pourquoi la représentation de Notre-Seigneur sous les traits d'Orphée avec une lyre à la main, entourée d'animaux ? C'est que, comme Orphée domptait par sa lyre les bêtes féroces et charmait les montagnes et les arbres, de même le Christ attirait les hommes par Sa parole divine et domptait les forces de la nature. Le symbole d'Orphée est largement utilisé dans les écrits des auteurs antiques, à commencer par Clément d'Alexandrie.L'un des symboles les plus répandus aux premiers...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut