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Liban - Pâques

Les homélies pascales axées sur un retour aux valeurs du christianisme

Bien qu'abordant chacune le thème de la Résurrection sous un angle différent, les homélies pascales de dimanche, prononcées par les chefs religieux des différentes communautés, étaient toutes porteuses d'un même appel à un retour à Dieu et aux valeurs véhiculées par le christianisme, que ce soit au plan personnel ou national.

Après la messe à l’église Saint-Georges de Kleyaa, le commandant de la Finul, le général Alberto Asarta, se plie gaiement aux rituels pascals. Photo Reuters

À Beyrouth, le métropolite Élias Audi, qui a célébré la hajmé en la cathédrale Saint-Georges des grecs-orthodoxes, au centre-ville, en présence des ministres de l'Information, Tarek Mitri, et de la Justice, Ibrahim Najjar, a souligné que le Liban a besoin du repentir de chacun de ses fils pour sortir de sa crise, exprimant le souhait d'une « allégeance au pays seulement et non pas aux communautés, aux clans, aux partis ou aux autorités, aussi importants soient-ils, parce qu'ils sont tous voués à la disparition ». « L'allégeance individuelle a remplacé l'allégeance nationale », a déploré Mgr Audi, en constatant que certains « n'hésitent pas a œuvrer pour satisfaire l'autorité dont ils répondent au détriment de leur pays ». « Nous prétendrons vivre dans un pays démocratique, sachant que la liberté d'expression est le fondement d'un tel système. Une voix libre reste plus forte que les armes les plus fortes. Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir pour principe de respecter l'autre et sa liberté d'opinion ? Pourquoi ne pas répondre à une opinion par une autre et à un raisonnement par un autre ? » s'est-il interrogé.
Après avoir plaidé pour un respect de la Constitution, des lois, de la liberté d'opinion, il a appelé les Libanais à « unir leurs efforts pour édifier un État fort, des institutions nobles et pour préserver l'intégrité de la justice ». Mgr Audi a également plaidé pour une justice humaine « que seul peut garantir un État fort capable d'accorder aux individus leurs droits et de les pousser à accomplir leurs devoirs (...) pour qu'aucun citoyen ne se sente lésé ou opprimé parce qu'il est traité sur base non pas de son appartenance nationale, mais de ses attachements politiques, communautaires et autres ».
Mgr Audi a ensuite mis l'accent sur le fait que « personne, dans les pays démocratiques où les lois et la Constitution sont respectés, n'engage un débat autour de la date d'échéances électorales », avant de souligner l'importance de l'alternance au pouvoir.
Le métropolite a par ailleurs dénoncé la présence de boîtes de nuit dans des quartiers résidentiels, jugeant inadmissible que les habitants « soient contraints de sacrifier leur sommeil et leur bien-être pour les besoins du développement du tourisme ».
De manière générale, il a plaidé pour le droit des individus à une vie digne à tous les plans. « Il est du devoir de l'État de veiller au respect de ce droit. Il est ainsi du droit d'une personne de conduire sa voiture sans être interceptée par un voleur professionnel et sans mourir à cause d'un chauffard. Il est de son droit d'acheter un médicament non frelaté, des aliments sains et de respirer un air non pollué par les émanations des centrales électriques ou des gaz provenant des dépotoirs ou des pots d'échappement des véhicules », a-t-il dit.
Mgr Audi a ensuite critiqué vivement les établissements de commerce qui ont contraint leurs employés à travailler un jour de fête. « L'argent de la terre entière ne permettra pas à quelqu'un d'acheter son bonheur ou sa santé. Lorsque quelqu'un tombe malade, c'est vers Dieu qu'il se tourne et non pas vers son établissement de commerce. (...) Un congé d'un jour n'appauvrira personne », a-t-il commenté, en se demandant s'il est permis de « fouler au pied des traditions, comme les réunions familiales un jour de fête, pour une poignée d'argent ».

Matar
L'archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, a estimé que la foi dans la coexistence et dans l'amour du prochain sont susceptibles de préserver le pays et l'unité des Libanais.
Mgr Matar, qui a célébré la messe pascale en la cathédrale Saint-Georges des maronites, au centre-ville, a jugé nécessaire de donner une chance au gouvernement d'union nationale pour faire sortir le pays de la crise et de la tension « qui caractérisent le débat autour de certaines questions en suspens » et de respecter les personnalités libanaises, notamment le chef de l'État.
L'archevêque grec-
catholique de Beyrouth, Mgr Youssef Kallas, a mis l'accent sur « l'ouverture et le rapprochement entre toutes les communautés sur base d'un même engagement national ». « La joie de la Résurrection ne peut pas être complète sans celle de la fraternité accomplie et vécue », a-t-il affirmé dans l'homélie qu'il a prononcée durant la messe pascale célébrée en l'église Saint-Jean Chrysostome, rue de Damas.

Aram Ier
Le catholicos Aram Ier a célébré la messe pascale en la cathédrale d'Antélias des arméniens-orthodoxes. Dans son homélie, il a appelé au respect de la vie humaine soulignant qu'« aucun individu n'a le droit d'attenter à la vie d'un de ses prochains », avant de relever que « notre mode et notre concept de vie ne correspondent pas aux valeurs et aux principes que le Christ a partagés avec nous à travers sa Résurrection. »
Mgr Aram Ier s'est félicité du climat d'entente qui prévaut dans le pays, « notamment grâce à la formation d'un gouvernement d'union nationale et à la conférence de dialogue ». « Il a jugé nécessaire de consolider ce climat « loin des susceptibilités et des déclarations diffamatoires de nature à raviver la tension dans le pays ».
À Beyrouth, le métropolite Élias Audi, qui a célébré la hajmé en la cathédrale Saint-Georges des grecs-orthodoxes, au centre-ville, en présence des ministres de l'Information, Tarek Mitri, et de la Justice, Ibrahim Najjar, a souligné que le Liban a besoin du repentir de chacun de ses fils pour sortir de sa crise, exprimant le souhait d'une « allégeance au pays seulement et non pas aux communautés, aux clans, aux partis ou aux autorités, aussi importants soient-ils, parce qu'ils sont tous voués à la disparition ». « L'allégeance individuelle a remplacé l'allégeance nationale », a déploré Mgr Audi, en constatant que certains « n'hésitent pas...
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