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Nos lecteurs ont la parole

L’union salvatrice

Par Molly SELWAN
« De la pérennité du Liban, que l'histoire atteste, l'union intérieure aura donc toujours été la plus sûre des garanties, en même temps qu'elle offre au monde l'exemple rare et réconfortant d'une collaboration d'hommes et de groupes professant des religions diverses, mais conscients de leur appartenance à une même commune patrie. ». Il y a des phrases immortelles ; comme cette déclaration de l'éminent diplomate et homme de lettres libanais Nagib Dahdah dans son livre L'évolution historique du Liban et avec laquelle j'ai voulu introduire mon texte.
Le mot union a attiré mon attention, et je lis en filigrane « Comment ? » Face à ces querelles intestines, quand des courants individualistes, sous le couvert de la liberté d'expression, cherchent à semer la suspicion et la mauvaise foi (autant de galets dans la mare sous l'œil complaisant des médias) ; quand les efforts de réunir les chefs de clan autour d'une table ronde (devenue longitudinale à force d'être assujettie au communautarisme) ne donne aucun résultat ; quand tout, autour de nous, démontre l'impasse dans laquelle est en bute le gouvernement, il est temps pour l'État de faire son introspection. Il est temps pour chaque citoyen de faire sa propre révolution et, en se référant au philosophe Kant, d'introduire le quotient humain dans les solutions à venir. Nous avons deux grandes raisons d'être unis dans notre pays grâce auxquelles nous pouvons rayonner sur la région tout entière. Mais les leaders sont-ils prêts à certaines concessions ? Sont-ils prêts à rejeter les attributs qui déterminent les appartenances politiques, les allégeances aux puissances étrangères, autant de « vices de forme » qui empêchent le Libanais de plaider sa propre cause, soit l'unité dans la diversité ? Sont-ils prêts à libérer leur cerveau et leur langage de toute ambition malsaine, jalousie maladive, vengeance familiale et clanique, autant d'« actifs toxiques », qui sont des boulets aux pieds de toute réconciliation ? Il est nécessaire de se dépoussiérer de ces vaines particules, qui nous distinguent les uns des autres, pour renaître tous égaux par la naissance. Être libanais, c'est être quelqu'un qui enlève tous les artifices et les oripeaux dont il a encombré sa personne et sa vie pour se retrouver soudain délivré face à sa propre nature. Plonger dans l'eau pure de sa « libanité ».
L'amour du Liban n'a rien d'utopique (comme certains politiciens le proclament) ; si les termes de patrie, souveraineté semblent abstraits, ceux de terre, frontières, montagnes et fleuves sont bien réels. Leur réalité nous entoure et nous enveloppe chaque jour un peu plus dans une indéniable union de l'homme à la nature. Notre égalité est là, dans notre identité nationale, dans notre amour pour ce pays ; son eau, son sable, son soleil, son climat paradisiaque qui nous ramène dans un élan de remerciement à Dieu de nous l'avoir accordé. C'est dans cet amour pour notre propre terre que nous nous retrouvons tous, Libanais, sans distinction ethnique, religieuse et politique, dans l'harmonie incontournable d'un peuple autour de son pays. C'est donc, en un premier temps, l'union horizontale de l'amour de la terre qui fera de nous une nation soudée.
Chaque citoyen qui favorise l'unité à l'intérieur de son pays travaille pour la paix dans le monde. L'humanité a besoin de paix, en ce troisième millénaire, pour faire face à des défis qui dépassent notre entendement et peut-être aussi la science. Ce qui a un commencement a aussi une fin, et l'homme devient infiniment petit face à la nature déchaînée. Entre le danger du magma qui la ronge de l'intérieur et celui du cosmos qui risque de l'atteindre de l'extérieur, notre planète semble vulnérable, et l'être humain un zéro devant l'infini. Mais c'est quand il prend conscience de sa petitesse qu'il se tourne vers Dieu.
Si les idéologies se multiplient et sont utilisées, souvent à mauvais escient, en faveur des dangereuses dérives de ce siècle, elles n'en demeurent pas moins un sujet incontestable de rencontre dans cette région du monde pratiquante, où ne se comptent plus les églises et les mosquées, où se côtoient les clochers et les minarets. Il est écrit « Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux », et « Dieu est vérité et amour »
Les textes sacrés du Coran et de la Bible évoquent pour nous un seul Dieu : celui que nous adorons tous dans ce Moyen-Orient. Pourquoi accentuer nos différences en marquant les spécificités (chiites, sunnites, alaouites, évangélistes, orthodoxes, maronites, catholiques, etc.) plutôt que de favoriser l'union ? Par-delà les religions et le respect dû à chacune d'entre elles, il est demandé aux communautés d'arrêter cette violence au nom de Dieu. L'union des peuples du Moyen-Orient ne peut se faire que dans cette colonne verticale, pierre angulaire de la paix, qui est l'amour du seul Dieu de notre père à tous, Abraham.
En cette saison de fêtes, je souhaite que les pays qui nous entourent soient compréhensifs entre eux musulmans et envers les chrétiens, leurs frères en Dieu. Avec l'espoir de retrouver un accord entre juifs et Palestiniens dans cette région du monde, berceau du monothéisme.
« De la pérennité du Liban, que l'histoire atteste, l'union intérieure aura donc toujours été la plus sûre des garanties, en même temps qu'elle offre au monde l'exemple rare et réconfortant d'une collaboration d'hommes et de groupes professant des religions diverses, mais conscients de leur appartenance à une même commune patrie. ». Il y a des phrases immortelles ; comme cette déclaration de l'éminent diplomate et homme de lettres libanais Nagib Dahdah dans son livre L'évolution historique du Liban et avec laquelle j'ai voulu introduire mon texte.Le mot union a attiré mon attention, et je lis en filigrane « Comment ? » Face à ces querelles intestines, quand des courants...
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