Mais dans le même temps, l'Iran a affirmé par la voix de son négociateur nucléaire Saïd Jalili, en visite à Pékin où il a été reçu jeudi par le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, avoir le soutien de la Chine sur l'inefficacité de l'arme des sanctions. « Nous avons souligné ensemble lors de nos discussions que cette arme des sanctions avait perdu de son efficacité », a déclaré M. Jalili, ajoutant cependant : « Vous devez demander à la Chine sa position. » Le négociateur iranien a également appelé les pays occidentaux à changer leurs « méthodes erronées » et à « cesser de menacer l'Iran ». « La Chine, comme grand pays, peut jouer un rôle important pour faire changer ces mauvaises méthodes », a-t-il affirmé.
La Chine est la seule, parmi les six pays soupçonnant l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire (Chine, États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne), à demeurer réticente à l'adoption de nouvelles sanctions à l'ONU. Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme civil, ce que nie la République islamique. Sur CBS, M. Obama a averti que l'acquisition par l'Iran d'une telle arme aurait des « effets déstabilisateurs majeurs dans la région ». Les États-Unis ont affirmé cette semaine que Pékin avait accepté d'engager des « négociations sérieuses » pour l'adoption de nouvelles sanctions. La Chine n'a pas confirmé cette information.
Le président chinois doit se rendre aux États-Unis les 12 et 13 avril pour un sommet consacré au nucléaire, au cours duquel la question iranienne devrait être largement abordée. Alors que Pékin et Washington ont traversé ces derniers mois une phase de fortes tensions, MM. Obama et Hu ont souligné, lors de leur conversation téléphonique, l'importance de maintenir de bons rapports. Selon Pékin, M. Hu a assuré à son interlocuteur « que des relations économiques et commerciales saines et stables » étaient « dans l'intérêt des deux pays ». Des différends économiques et commerciaux ont contribué aux turbulences des derniers mois dans les relations bilatérales, notamment la question du taux de change du yuan que les États-Unis jugent largement sous-évalué. Ces tensions ont été liées également à des questions politiques comme la rencontre entre M. Obama et le dalaï-lama, ou une vente d'armes américaines à Taïwan.

