Bien sûr, ce ne sont pas les preuves médicales, ni les recherches scientifiques, ni les arguments évoquant l'atteinte à la liberté des non-fumeurs, ni les pays appliquant la loi antitabac qui manquent. Ce qui manque, c'est un politicien qui place l'intérêt public avant le sien comme il a promis de le faire. Ce qui manque, c'est la volonté d'un citoyen de poursuivre jusqu'au bout une lutte pour affirmer son droit. Ce qui manque, c'est le sacrifice nécessaire à l'aboutissement de cette lutte.
Nous avons réclamé une loi qui puisse nous protéger ; on nous propose hypocritement une zone non-fumeur (il a été démontré que le niveau des toxines sera le même au bout de seulement quelques minutes dans les deux zones).
Dans le but de justifier cette décision, on a prétexté le caractère indiscipliné du Libanais et l'hésitation des propriétaires des restaurants.
Mais pourquoi généraliser et se cacher derrière l'indiscipline du Libanais (de tous les Libanais ?) lorsque l'indiscipline est fille du laxisme officiel ? Ce prétexte n'a pourtant pas empêché l'installation des parcmètres, avec un système bien défini de paiement et de pénalité. Quant aux propriétaires des restaurants, ils se trouvent devant deux contraintes : l'une de nature économique (ils craignent une baisse des profits) et l'autre de nature sociale (comment obliger les fumeurs à respecter la loi sans susciter leur antagonisme).
Cependant, le problème n'en sera pas un si la loi était conçue à l'instar de celle existant dans tous les autres pays, qui nous ont devancés. Tout manquement à la loi entraînera une amende que doit supporter le propriétaire de l'établissement.
Pour couronner leur attitude timorée, les responsables ne semblent pas avoir l'intention d'augmenter les prix des paquets de cigarettes afin (prétendent-ils) de ne pas encourager la contrebande. Celle-ci peut être difficile à combattre et elle est inacceptable. Pourtant, aucun politicien ne semble décidé à éliminer la contrebande des DVD piratés.
Une question demeure : s'il n'est pas facile de combattre la contrebande, n'est-il pas plus difficile de combattre un cancer, d'élever un enfant avec des déformations génétiques, de voir une personne perdre l'usage de ses membres et de sa langue suite à une thrombose cérébrale ?
En attendant cette loi, ne nous résignons pas. Ne restons pas silencieux et défaitistes ! Adoptons les restaurants qui offrent des nuits non-fumeurs. Commandons des taxis non-fumeurs. Allons chez des fleuristes, coiffeurs et épiciers qui interdisent la cigarette dans leurs locaux.
Malheureusement, au Liban, ce fléau qu'est le tabagisme passif ne semble pas indigner les politiciens ni même une grande partie des non-fumeurs qui se sont résignés à vivre avec une pandémie qui les tue lentement. Que de fois n'a-t-on vu des femmes enceintes discuter pendant une quinzaine de minutes avec le serveur pour s'assurer que les légumes étaient bien lavés pour éviter tout risque de toxoplasmose ?
Pourquoi achetons-nous des sièges auto pour nos enfants ? Pourquoi de la peinture sans plomb pour leur chambre ? Pourquoi les vaccinons-nous ? Pourquoi prendre autant de précautions, lorsque nous n'appliquons pas la même vigilance quand il s'agit du tabagisme passif ?
Nos enfants, c'est ce que nous avons de plus cher au monde. Ces êtres innocents aux petites mains si douces, ces têtes bouclées qui se blottissent contre nous pour se sentir en sécurité, ces petites boules chaudes qui sentent le bon pain du matin, ces petites personnes que nous adorons ont un système immunitaire en voie de développement. Le tabagisme passif augmente leur risque d'infections respiratoires, d'otites, de tumeur du cerveau et de lymphomes. Il est inconcevable de ne rien faire pour les protéger.
L'homme des cavernes pouvait tuer sans être sanctionné. Des milliers d'années plus tard, à cause du laxisme officiel, nous vivons toujours en pleine préhistoire.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef