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Liban

Les milieux politiques soulignent l’aspect « positif » des propos du chef du Hezbollah

De source informée, le ton calme, voire serein, du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de sa récente apparition télévisée mercredi dernier était plus que prévisible. En effet, précise la source, le message politique servant à alimenter la psychose autour de l'impact des résultats de l'enquête a soigneusement été distillé par les médias proches de l'opposition. Ceux-ci ont en effet pris soin de faire allusion à un nouveau « 7 Mai » si le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) décidait d'aller trop loin. C'est donc forcément, une fois le terrain correctement préparé, un Hassan Nasrallah calme qui a répondu aux questions de son interlocuteur, car il était certain d'avoir fait passer le message politique qui lui tenait tant à cœur, avant même la diffusion de l'interview.
« Tout se passe comme s'ils se doutaient de quelque chose » du côté du Hezbollah, ajoute la source précitée, et qu'il y a donc une nécessité de préparer le terrain et l'opinion publique à l'étape suivante. Elle assure en outre qu'il est possible de distinguer entre « accusation politique et accusation individuelle », et insiste sur le fait que le Hezb veut par-dessus tout éviter une interprétation politique des résultats de l'enquête, dans le cas où certains de ses membres se verraient impliqués.
Quoi qu'il en soit, les différents responsables politiques, toutes tendances confondues, ont salué les aspects qualifiés de « positifs » dans le discours de M. Nasrallah. L'étape actuelle semble donc non pas à l'effervescence, mais bien à l'accalmie politique.
Le ministre de l'Éducation Hassan Mneimné a ainsi qualifié hier les propos du chef du Hezbollah d'« acceptables », ajoutant que le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) n'« est pas politisé » et qu'il faut attendre de connaître ses décisions. « Les propos de M. Nasrallah sont calmes, contrairement aux prévisions diffusées par les médias », a noté M. Mneimné qui a aussi souligné la nécessité de coopérer avec le TSL. « Je pense que tous les Libanais sont avec le tribunal, a-t-il dit. Le tribunal a convoqué des centaines de personnes jusqu'à présent, en tant que simples témoins, et la procédure suivie reste pour l'heure exempte de tout défaut, aucune interrogation ne l'entoure et tout ce qui a été publié par les médias n'est que conjectures (...) Il faut laisser le tribunal faire son travail. »
Pour le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, « trois éléments ont marqué les propos de Hassan Nasrallah : d'abord, le fait qu'il ait reconnu l'existence des convocations, ensuite, la tentative de présenter le tribunal comme étant une instance politisée, et enfin, l'annonce de sa coopération conditionnée avec ce tribunal ». Pour M. Souhaid, le tribunal est « au-delà de toute politisation, des considérations politiques internes et même régionales. Il œuvre de manière professionnelle (...) et il appartient à toutes les parties de coopérer avec les commissions d'enquête ».
Le Amid du Bloc national (BN) Carlos Eddé a estimé, dans un communiqué publié à l'issue de la réunion hebdomadaire du parti, que Hassan Nasrallah se comporte comme s'il bénéficiait d'une « identité et d'une entité indépendantes, car il n'accepte pas ce à quoi l'ensemble des Libanais ont donné leur accord. La loi libanaise et la loi internationale sont applicables à tous, quelles que soient leurs fonctions ».
Le député du bloc « Liban d'abord », Samir Jisr, a tenu à rappeler que le dossier du TSL a été longuement examiné autour de la table du dialogue national en 2007 et que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé à plusieurs reprises que tout le monde souhaitait connaître les véritables circonstances de l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre Saad Hariri. Samir Jisr a également souligné que le simple fait de convoquer une personne « ne signifie pas que celle-ci est accusée », avant de se demander « qui peut prendre la défense d'une personne dont l'enquête prouve la culpabilité ». M. Jisr a déclaré d'autre part que le tribunal « ne vise pas les armes du Hezbollah, ni son rôle », car la mission de cette institution est clairement définie et encadrée.
Le député du bloc des Forces libanaises Antoine Zahra a dit craindre que « les doutes émis sur le travail du TSL » servent en fait de « prélude à un refus de coopération avec celui-ci ». M. Zahra a dit « ne pas comprendre pourquoi tant de tapage est en train d'être fait autour du fait que des membres du Hezbollah ont été convoqués pour être entendus » et a appelé « à ne pas se perdre en conjectures avant la publication de l'acte d'accusation ».
Le député Élie Marouni a quant à lui décelé dans les propos de M. Nasrallah « un début positif qui augure une coopération du Hezbollah avec le tribunal qui a convoqué des éléments du parti ou des proches du Hezb afin d'écouter leurs dépositions, sans pour autant les accuser de quoi que ce soit ». Mais M. Marouni a d'autre part mis en relief « un second message qui comporte un avertissement au tribunal au cas où les choses vont plus loin qu'une simple convocation. Le cas échéant, cela est considéré comme une politisation ».
Pour le député du Bloc du futur, Nidal Tohmé, « le discours de sayyed Nasrallah sur le fait qu'il faut rebâtir la confiance permet de faire face à l'ennemi et de barrer la route aux dissensions ». « Le discours de Nasrallah est en de nombreux points positif et commun à notre vision des choses au sein du 14 Mars », a souligné M. Tohmé qui a aussi déclaré que « personne au Liban » ne souhaite que le Hezb soit entendu par le TSL comme accusé.
Le député Hady Hobeiche a tenu à relever que le camp du 14 Mars ne s'est jamais fondé sur « ce qui a été dit dans les médias » en ce qui concerne le TSL.
Le ministre de la Santé, Mohammad Jawad Khalifé, a affirmé pour sa part que Hassan Nasrallah s'est montré « clair et logique » dans les propos prononcés sur le TSL et concernant la coopération de son parti avec cette instance. « Le meilleur moyen de protéger ce tribunal est de l'éloigner des fuites médiatiques et des accusations préalables », a déclaré le ministre.
Le député Alain Aoun a lui aussi relevé la clarté et la globalité des propos de M. Nasrallah et a qualifié cela de « positif », avant de souhaiter que le travail du tribunal soit préservé des « tensions et de la politisation ».
De source informée, le ton calme, voire serein, du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de sa récente apparition télévisée mercredi dernier était plus que prévisible. En effet, précise la source, le message politique servant à alimenter la psychose autour de l'impact des résultats de l'enquête a soigneusement été distillé par les médias proches de l'opposition. Ceux-ci ont en effet pris soin de faire allusion à un nouveau « 7 Mai » si le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) décidait d'aller trop loin. C'est donc forcément, une fois le terrain correctement préparé, un Hassan Nasrallah calme qui a répondu aux questions de son...
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