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Liban - Politique

Joumblatt : Entre le Liban et la Syrie, c’est l’avenir qui compte

Walid Joumblatt s'est expliqué hier sur sa visite mercredi à Damas et sa rencontre avec le président Bachar el-Assad après six ans de rupture. 

Joumblatt : « Trouver un équilibre entre stabilité et vérité. » Anwar Amro/AFP

« La rencontre avec le président Assad a eu lieu dans une ambiance très marquée par la cordialité, la franchise et l'échange positif », a déclaré le chef du PSP, Walid Joumblatt, lors d'une conférence de presse tenue à son domicile, à Clemenceau.
« Nous avons évoqué certaines étapes du passé récent, le passé ancien ayant été éternellement tourné », a-t-il dit, précisant que la discussion a pris comme point de départ l'époque de la prorogation du mandat Hraoui (1995-1998), pour aborder par la suite les phases ultérieures.
Ces phases ont été « marquées par des failles, un manque de communication et une mauvaise visibilité entre le président Assad et nous, ce qui a conduit aux problèmes et à la tension » que l'on connaît.
« Ouvrir la page du futur est bien plus essentiel que le passé. Les leçons du passé sont importantes, mais l'avenir l'est davantage encore. Et cet avenir verra la mise en œuvre d'un plan de route politique qui commence par le soutien et la protection du rôle de la Résistance dans la défense du Liban et dans la poursuite de la libération », a-t-il dit.
Pour lui, les relations libano-syriennes doivent être édifiées sur la base de « rapports d'État à État » dans les domaines sécuritaire, économique et politique. « Ces relations sont nées dans le sang et les sacrifices communs qui ont mené à l'accord de Taëf », a-t-il souligné.
Il a en outre mis l'accent sur « l'importance qu'accorde la Syrie à la stabilité du Liban ».
« La discussion a, de plus, porté sur la situation politique mais aussi sociale des Palestiniens au Liban. Nous sommes convenus de la nécessité de traiter ces deux questions, car il n'est plus possible de maintenir davantage ces conditions de vie misérables, humainement et politiquement, qui portent en germes un certain nombre de dangers », a-t-il fait valoir.
« Nous avons également parlé de la question du tracé de la frontière entre les deux États et de la nécessité de l'entamer, car il s'agit d'un des thèmes sur lesquels il y a eu un accord à l'unanimité entre les participants à la table de dialogue. Quitte à ce que l'on commence par les régions non soumises à l'occupation » israélienne, a-t-il ajouté.
Selon M. Joumblatt, « le point central aux yeux du président syrien est l'établissement de la confiance entre les deux États et entre les dirigeants, et cela nécessite un langage unique ».
« Il a été question aussi au cours de l'entretien de la particularité de la Montagne (druze) et de la nécessité de maintenir la cohésion historique entre ses habitants et la grande famille arabe et syrienne. »
Il a précisé que sa rencontre avec M. Assad ne sera pas la dernière, indiquant qu'il allait charger le ministre des Travaux publics et des Transports, Ghazi Aridi, de la mission consistant à « renforcer en permanence les relations avec la direction syrienne ».
Il a enfin remercié tous ceux qui ont contribué à rendre cette visite possible, notamment le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Interrogé sur le point de savoir s'il comptait, après cette visite, quitter le centre pour se positionner au sein du 8 Mars, M. Joumblatt a répondu : « Il ne s'agit pas de passer d'une position à une autre, mais plutôt d'une confirmation des constantes, en premier lieu le soutien à la Résistance, le tracé de la frontière et l'édification de relations politiques, économiques et sécuritaires authentiques, conformément à Taëf, entre les deux États libanais et syrien. »
Prié de commenter les propos tenus par Hassan Nasrallah, la veille, au sujet du Tribunal international, M. Joumblatt a dit : « Il a formulé des observations au sujet de l'enquête, mais moi-même, je n'ai pas les données qu'il a en sa possession pour être en mesure d'en parler. Je constate toutefois qu'à la fin de l'interview, il s'est montré coopératif au sujet de la poursuite de l'enquête, et cela est très positif ».
« Le tribunal était le premier dossier qui avait suscité l'unanimité à la table de dialogue en 2006. Plus tard, s'il en sort quelque chose qui menacerait la stabilité, nous devrions, Hassan Nasrallah, Saad Hariri, moi-même et tout le monde œuvrer en vue d'une stabilité en équilibre avec la vérité. Mais je ne peux pas trancher moi-même, car il y a M. Hariri et les familles des martyrs. »
En réponse à une question sur la Syrie, il a affirmé que cette dernière « respecte l'indépendance et la pluralité libanaises ». « Il n'a pas été facile de sortir du passé. Mais nous avons pu le faire », a encore dit M. Joumblatt, indiquant par ailleurs qu'il irait en Iran s'il y était invité.

Réactions
Commentant la visite de M. Joumblatt en Syrie, l'ancien président de la République Amine Gemayel a estimé que M. Joumblatt « semble vouloir être au centre », tout en ajoutant que cette visite « pourrait ouvrir la voie à des développements allant plus loin que cela ».
Le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a pour sa part expliqué que la visite du chef du PSP à Damas
« entre dans le cadre de la particularité druze ».
M. Souhaid a constaté que M. Joumblatt a réaffirmé sa position au sujet du tribunal international, évoqué les relations libano-syriennes sous l'angle de Taëf, c'est-à-dire des relations institutionnelles, d'État à État, et qu'il a refusé de se joindre au 8 Mars, « préférant rester au centre ».
Ahmad el-Assaad, chef de l'Option libanaise, a de son côté souligné que Walid Joumblatt « commet une erreur s'il croit que son retournement politique est suffisant pour ouvrir une page nouvelle avec la Syrie ».
Enfin, l'ancien vice-président de la Chambre, Élie Ferzli, a estimé que M. Joumblatt « jouera désormais un rôle d'avant-garde dans la protection de la Résistance ». 
« La rencontre avec le président Assad a eu lieu dans une ambiance très marquée par la cordialité, la franchise et l'échange positif », a déclaré le chef du PSP, Walid Joumblatt, lors d'une conférence de presse tenue à son domicile, à Clemenceau.« Nous avons évoqué certaines étapes du passé récent, le passé ancien ayant été éternellement tourné », a-t-il dit, précisant que la discussion a pris comme point de départ l'époque de la prorogation du mandat Hraoui (1995-1998), pour aborder par la suite les phases ultérieures.Ces phases ont été « marquées par des failles, un manque de communication et une...
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