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Liban - La Situation

Le Tribunal international semble faire de l’ombre aux municipales

Certes, les propos de Hassan Nasrallah seront, ce soir, de première importance car ils permettront aux observateurs de connaître la tendance de l'étape à venir. Mais force est de relever, dans ce contexte, le tapage médiatique provoqué autour de cette interview qui succède à celle récemment accordée par le président syrien Bachar el-Assad à la chaîne de télévision al-Manar. Lundi, à Sofia où il effectue une visite officielle, Saad Hariri a prévenu qu'il sévirait « d'une main de fer » à toute tentative de torpiller le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La réponse du Hezbollah à Beyrouth n'a pas tardé à fuser : les propos du secrétaire général porteront principalement sur le TSL et sur les fuites qui ont fait état d'une éventuelle implication de membres du Hezbollah dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Des médias proches de l'opposition n'ont d'ailleurs pas hésité à prédire un « nouveau 7 mai » dans le cas où l'étau du tribunal se resserrerait autour du Hezb. Dans le même temps, le patriarche maronite Nasrallah Sfeir a lui aussi choisi de monter au créneau en affirmant, dans un entretien accordé au quotidien saoudien al-Sharq al- Awsat, et dans une réponse implicite au chef du Hezb, qu'il convient de permettre au tribunal de remplir sa mission, « quel qu'en soit le prix ». « Il faut supposer que le tribunal est impartial, car le contraire n'a pas été prouvé », a ajouté le patriarche avant de noter que « la justice est la justice, et si ce tribunal est équitable, il faut qu'il puisse remplir la mission qui lui est impartie », a précisé Mgr Sfeir.
De source autorisée, il apparaît que, sur le terrain, le TSL a effectué d'importants progrès, en fichant notamment un grand nombre de cartes d'identité de citoyens libanais et en mettant en place une importante base de données obtenues des archives des deux opérateurs de téléphonie mobile. C'est ainsi que plus de 1 000 personnes ont été fichées, ajoutent ces sources, et que ces progrès représentent, pour le Hezbollah, une sorte de menace indirecte.
Les propos de M. Hariri et de Mgr Sfeir ont ainsi échoué à remettre le travail du Tribunal spécial dans le contexte qui devrait être le sien : faire la lumière sur la vérité et rendre justice, une justice « seule garante de la stabilité », comme l'a d'ailleurs martelé M. Hariri de Sofia. La plupart des journaux télévisés ont relayé ce climat d'expectative, voire de psychose, en tentant de prédire quels seront les propos de Hassan Nasrallah et quel impact ils auront sur la stabilité interne du pays.
De manière voulue ou totalement involontaire, toutes ces considérations ont contribué à jeter de l'ombre, hier, sur les derniers développements concernant le projet de loi électorale et le dernier délai permettant la convocation, dans les normes, du corps électoral. Ainsi, même si les travaux des différentes commissions n'ont pas pu être terminés dans les temps, il n'en reste pas moins que celles-ci ont activement rempli leur rôle, comme l'a souligné hier à L'Orient-Le Jour une source proche du ministère de l'Intérieur. La source confirme d'autre part une tendance qui s'est dégagée hier après-midi, suite à la visite de Ziyad Baroud à Aïn el-Tiné, selon laquelle les élections municipales vont vraisemblablement avoir lieu même si, à ce stade, cette tendance n'exprime qu' « un sentiment et non une certitude ». La source poursuit, en soulignant que le « troc » souhaité un temps par les différents courants politiques semble avoir, du moins pour l'heure, échoué, victime des trop grandes contradictions et divergences d'opinion qui sévissent actuellement. Ainsi, le différend implicite qui oppose Nabih Berry et Michel Aoun, de même que le désaccord entre la majorité et l'opposition sur le budget et la peur du TSL sont autant d'éléments qui empêchent les responsables de parvenir à un consensus sur le report des municipales. Ce statu quo sera-t-il modifié suite à la visite de Saad Hariri à Damas ? Un incident sécuritaire d'envergure viendra-t-il chambouler les priorités ? Les réponses à ces questions ne sont pas connues pour l'heure et le climat, à court terme, laisse certainement penser que les municipales pourront effectivement avoir lieu le 2 mai prochain. Toutefois, poursuit la source précitée, la réunion des commissions parlementaires « n'est pas décisive, contrairement à ce que pensent de nombreux observateurs ».
Certes, les propos de Hassan Nasrallah seront, ce soir, de première importance car ils permettront aux observateurs de connaître la tendance de l'étape à venir. Mais force est de relever, dans ce contexte, le tapage médiatique provoqué autour de cette interview qui succède à celle récemment accordée par le président syrien Bachar el-Assad à la chaîne de télévision al-Manar. Lundi, à Sofia où il effectue une visite officielle, Saad Hariri a prévenu qu'il sévirait « d'une main de fer » à toute tentative de torpiller le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La réponse du Hezbollah à Beyrouth n'a pas tardé à fuser : les propos du...
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