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Nos lecteurs ont la parole

Mon bijou, mon droit ?

Par Sandra KHAWAM
Je pensais m'être habituée aux multiples pollutions qui nous empoisonnent la vie : pollutions environnementales, politiques (querelles de chiffonniers), sonores (tapages nocturnes, pétards en toutes occasions, klaxons abusifs, etc.). J'essaie d'éviter la plupart, donc pas de talk-show après le journal, escapades dans la nature, musique à fond la caisse dans la voiture. La seule pollution que je n'ai pas réussi à ce jour à esquiver est la pollution visuelle. Vous comprenez que je ne peux pas conduire les yeux fermés. Obligée donc de subir tous les panneaux publicitaires de Beyrouth à Batroun par exemple, aller-retour. La tronche des candidats aux législatives, les dessous de lingerie rouge pour la Saint-Valentin en passant par Noël, la fête des profs...
Chaque saison apporte son lot de création sympa, comique, ridicule, exaspérant, révoltant. Il y en a pour tous les goûts. Dernier rejeton de la fête des mères : une affiche publicitaire pour bijoux, « Mon bijou, mon droit ». On y voit une jeune femme, probablement pas encore mère, bijoutée, qui vous nargue d'un regard sûr, réclamant le plus simplement du monde bambin de deux ans ? Exclu. Par déduction, je comprends que la demande s'adresse à l'homme qui doit à coup de quelques centaines, ou mieux, quelques milliers de dollars, honorer sa dette.
L'enfant, c'est le plus souvent la femme qui le désire. L'homme, avouons-le, est moins pressé d'être père. Nous leur cassons les oreilles à nos chers mecs avec notre horloge biologique qui s'affole, passée la trentaine. Nous n'avons vraiment pas besoin de compensation pour le bonheur d'être mère.
Je ne suis pas féministe, mais avec de pareilles publicités on le devient. Un peu de dignité voyons... Quels messages voulons-nous transmettre ? Avons-nous oublié que l'amour maternel est inconditionnel ? Nous aimons sans rien recevoir en retour, ou si peu. Avons-nous oublié qu'un cadeau est un don et surtout jamais un droit ? Mère de trois garçons, je souhaite, si je peux faire une liste comme à Noël, trois paires de bisous, trois grands « hugs » et trois sourires. Bonne fête à toutes les mères !
Je pensais m'être habituée aux multiples pollutions qui nous empoisonnent la vie : pollutions environnementales, politiques (querelles de chiffonniers), sonores (tapages nocturnes, pétards en toutes occasions, klaxons abusifs, etc.). J'essaie d'éviter la plupart, donc pas de talk-show après le journal, escapades dans la nature, musique à fond la caisse dans la voiture. La seule pollution que je n'ai pas réussi à ce jour à esquiver est la pollution visuelle. Vous comprenez que je ne peux pas conduire les yeux fermés. Obligée donc de subir tous les panneaux publicitaires de Beyrouth à Batroun par exemple, aller-retour. La tronche des candidats aux législatives, les dessous de lingerie rouge pour la Saint-Valentin en passant par Noël, la...
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