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Nos lecteurs ont la parole

Tania Kassis, nouvelle icône du dialogue des religions

Lina Samir MOUKHEIBER
Ce nom, je l'ai appris à São Paulo l'hiver dernier. C'est une gentille dame de la diaspora libanaise, Leila Chamaa, qui me l'a soufflé à l'oreille. Tania Kassis, je ne la connaissais pas. Apparemment, son premier tour musical en Colombie et au Venezuela a bien résonné dans les cœurs de nombreux Libanais, hélas immigrants depuis plusieurs générations.
De retour au Liban, je me trouve aux rangs de ces milliers de téléspectateurs qui ont assisté à la grande ouverture des Jeux de la francophonie. Voilà que cette jeune et captivante diva chante son fabuleux Ave-Maria islamo-chrétien, debout entre ses deux muezzins Maen Zakaria et Mohammad Chaar, sur une scène des plus spectaculaires, avec pour décor de fond la ville de Beyrouth tout en lumières ainsi que les cimes étincelantes du Mont-Liban. Des larmes coulent, de chaudes larmes surgies d'un passé qui n'est plus et que beaucoup de Libanais espèrent ne reviendra plus. Ces larmes, enfouies au plus profond de moi-même durant quinze longues années de guerre, me parlent d'une blessure que seule la voix de Tania Kassis a pu cicatriser.
L'Allah Akbar enrobé d'Ave Maria, cet Ave Maria islamo-chrétien n'est rien d'autre qu'un cri du cœur. Ce même cri que Gebran Tuéni a lancé en ce fameux 14 mars 2005, Tania l'a chanté de la même place, la place des Martyrs. Gebran et Tania, deux générations de Libanais qui désormais affirment que le temps des guerres de religion est révolu et que l'appel au dialogue religieux seul portera la réponse à un Liban égal à lui-même.
Tania, ton chemin de retour au pays du Cèdre, nous l'accueillons à cœur joie en levant les bras au ciel pour que cette prière si attendue par des millions de Libanais, vivant au Liban et dans la diaspora, soit exaucée. Merci pour ce message d'amour qui sera lancé le 25 mars de Jamhour, commémorant la fête de l'Annonciation de la Vierge Marie, cette fête porteuse de promesses en des jours meilleurs. Le Liban de Gebran, le Liban de Tania, mon Liban et le leur, naîtra sous le ciel de la liberté et de la croyance en un seul Dieu, le Dieu de l'amour.

Lina Samir MOUKHEIBER

Ce nom, je l'ai appris à São Paulo l'hiver dernier. C'est une gentille dame de la diaspora libanaise, Leila Chamaa, qui me l'a soufflé à l'oreille. Tania Kassis, je ne la connaissais pas. Apparemment, son premier tour musical en Colombie et au Venezuela a bien résonné dans les cœurs de nombreux Libanais, hélas immigrants depuis plusieurs générations. De retour au Liban, je me trouve aux rangs de ces milliers de téléspectateurs qui ont assisté à la grande ouverture des Jeux de la francophonie. Voilà que cette jeune et captivante diva chante son fabuleux Ave-Maria islamo-chrétien, debout entre ses deux muezzins Maen Zakaria et Mohammad Chaar, sur une scène des plus spectaculaires, avec pour décor de fond la ville de...
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