Pour les sources citées, la campagne en question est manifestement télécommandée. Elle découle de considérations régionales déterminées, ainsi que des développements liés au Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Selon des informations bien vérifiées, Wi'am Wahhab n'a pas manqué d'exposer ses plans aux pôles de la minorité. Et, sans feu vert généralisé, il n'aurait pas eu l'audace de lancer ses attaques au sortir de Rabieh, après une visite au général Michel Aoun. De plus, ni le Hezbollah, ni le mouvement Amal, ni le Courant patriotique libre n'ont officiellement commenté les propos incendiaires de l'ancien ministre. Leurs dirigeants, sans rien réprouver, se sont contentés d'indiquer qu'il ne faut pas exagérer la portée des attaques du héraut de Damas. Ajoutant qu'il ne faut pas les lier à des directives extérieures. Ils soulignent que Wahhab a le droit de s'exprimer, omettant les limites que la loi fixe concernant les symboles de l'autorité d'État, ou encore les qualités des personnes. Limites que l'intéressé, qui traite le président de la République de faible et de non-décisionnaire, outrepasse.
Wahhab vient, en outre, de recevoir un coup de pouce significatif de la part d'un autre ancien ministre, considéré également comme porte-parole occasionnel des Syriens, Abdel-Rahim Mrad. Ce dernier critique ceux qui défendent la présidence aujourd'hui, en soulignant qu'ils ne l'avaient pas du tout fait quand le président Émile Lahoud était attaqué. Mrad a, dans ce cadre, nommément mis en cause le patriarche Sfeir, affirmant ne pas bien comprendre les positions du prélat.
Répondant aux opposants, des loyalistes rappellent que chaque fois que le secrétaire général du Hezbollah ou le président du mouvement Amal sont critiqués, c'est le séisme. Au point qu'une fois une caricature de Hassan Nasrallah a failli provoquer une guerre civile. Quand il s'agit de ces pôles, il n'est donc plus question pour les minoritaires de minimiser les campagnes les ciblant. Alors qu'à leurs yeux attaquer le président de la République n'a rien de grave. Une logique que seul l'armement du Hezbollah explique, relèvent encore les majoritaires.
Pour le fond, les loyalistes estiment que les flèches tirées par les prosyriens en direction de Baabda, du Premier ministre, des FSI, de Fouad Siniora ou de Samir Geagea traduisent la poursuite du plan syro-iranien visant à empêcher l'émergence d'un État libanais souverain et indépendant, capable de gouverner le pays, mais aussi, actualité oblige, d'aider le Tribunal international, bête noire de Damas, à l'approche de la publication de l'acte d'accusation. On sait, à ce sujet, que les enquêteurs dépêchés à Beyrouth par le bureau du procureur Bellemare ont convoqué des témoins puisés dans le vivier du Hezbollah. Et qu'ils ont constitué des dossiers personnalisés consistants, des fichiers de communications de cellulaires, avec relevé d'empreintes digitales ou sonores ainsi que d'ADN. Retour, et arrivée, à l'armement du Hezbollah, en filigrane de l'affaire. Dès la mise en place du tribunal, un diplomate est-asiatique en poste à Beyrouth soulignait que « désormais les Libanais doivent choisir entre connaître la vérité et la paix civile, au détriment de la justice ».

