Des études épidémiologiques et moléculaires apportent des preuves du caractère cancérigène des radiations solaires pour les cancers de la peau.Stéphane Danna/AFP
Les carcinomes basocellulaires (CBC) et squameux (CS) sont les cancers de la peau les plus courants, et sont causés par une exposition excessive aux rayons UV, qu'ils viennent du soleil ou de cabines de bronzage. Les deux maladies sont rarement mortelles, mais elles peuvent provoquer de nombreux ennuis de santé (maladies des os, cancers d'autres organes, défiguration).
Maria Chanco Turner, dermatologue à Washington et éditorialiste pour Archives of Dermatology, explique : « Les études épidémiologiques et moléculaires apportent des preuves importantes du caractère cancérigène des radiations solaires pour les cancers de la peau avec ou sans mélanome. »
Pour sa part, Robert Stern, dermatologue et chercheur au centre pour le cancer Dana-Farber-Harvard, estime, dans son étude, que « la prévalence d'un passif de cancer de la peau est environ cinq fois plus importante que pour le cancer du sein ou de la prostate, et plus importante que la prévalence sur 31 ans de tous les autres cancers combinés ». « Malgré leur grande fréquence, les données sur le taux de survenue dans la population des cancers sans présence de mélanome sont très largement inexistantes », poursuit Robert Stern, soulignant qu' « environ un septuagénaire sur cinq a eu un cancer de la peau sans présence de mélanome ».
Par ailleurs, « environ 13 millions de non-Hispaniques blancs vivant aux États-Unis début 2007 ont eu au moins un cancer de la peau sans présence de mélanome », insiste-t-il.
Howard Rogers, dermatologue à Norwich, dans le Connecticut aux États-Unis, auteur principal d'une autre étude sur la prévalence des cancers de la peau sans présence de mélanome, fait remarquer : « Nous avons affaire à un problème qui ne s'en va pas. Les chiffres poursuivent leur progression à un taux de 4,2 % chaque année, en moyenne, de 1992 à 2006. »
Howard Rogers et son équipe ont découvert que « le nombre total d'interventions pour cancer de peau au sein de la population prise en charge par le programme Medicare a augmenté de 76,9 % » en quatorze ans. Et avec le vieillissement de la génération issue du baby-boom, le nombre de personnes victimes de cancers de la peau sans présence de mélanome devrait augmenter, représentant un problème important de santé publique.
Selon HealthDay, un service d'informations sur la santé, « les chercheurs du centre médical de l'Université Erasme de Rotterdam, aux Pays-Bas, ont appelé à une "stratégie de santé corrigée" traitant le cancer de la peau comme une maladie chronique ne nécessitant pas seulement un traitement ponctuel, mais également un suivi continu des patients, de la prévention et de l'éducation ».
De son côté, le Dr Suephy Chen, professeure associée de dermatologie à l'école de médecine de l'Université Emory, aux États-Unis, explique : « Cela ne peut que s'aggraver, notre population vieillit. Ces personnes qui ont grandi dans les années 1970 et 1980 lorsqu'il n'y avait pas d'importantes campagnes pour se protéger du soleil atteignent maintenant la cinquantaine et la soixantaine, et commencent à être touchées par des cancers de la peau. »
« Imaginez que l'exposition au soleil est comme de l'argent qu'on met à la banque sans pouvoir le retirer, décrit Howard Rogers. Vous ne pouvez pas vous débarrasser des dommages que vous avez, mais une exposition continue au soleil accélère la vitesse à laquelle vous développerez de nouveaux cancers de la peau. Protéger sa peau du soleil aidera à réduire cette vitesse. »

