Le président de la République en compagnie du député Salam. Photo Dalati-Nohra
M. Wahhab a ensuite affirmé respecter le président « dont nous avions soutenu de nombreuses positions ». « Nous ne l'avons invité à démissionner que par souci de son image. Il a parlé à plusieurs reprises de l'amendement de la Constitution, sans que personne ne réagisse. Il a tablé sur la transparence au niveau des nominations, mais celles-ci ont été les pires jamais vues. Nous avons alors estimé qu'il devrait démissionner s'il n'était pas capable d'imposer des changements et des réformes. De la sorte, il embarrassera tout le monde et le chantage pratiqué à l'encontre de la présidence de la République pourra cesser », a-t-il dit.
Mais l'explication de M. Wahhab n'a convaincu personne. Plusieurs parlementaires et partis ont situé la campagne de ce dernier dans le prolongement des tentatives visant à rétablir le fait accompli syro-iranien au Liban, même s'ils disent savoir qu'elle est principalement motivée par des raisons personnelles.
Pour le député Nehmé Tohmé, elle est « absolument injustifiée ». Il a jugé que le président Sleiman devrait être remercié pour ce qu'il a fait pour le Liban « dans la mesure où il a permis au pays de reprendre son rôle international, grâce à ses nombreuses visites à l'étranger ». M. Tohmé a exprimé l'espoir qu'il n'y ait pas de parties étrangères derrière cette campagne.
Son collègue Ammar Houri a pour sa part jugé que celle-ci « ne fait que mettre en évidence l'attachement du chef de l'État à la ligne nationale fondée sur les moyens démocratiques dans une société pluraliste ». « Les attaques stupides dont il est la cible ne feront que le renforcer », a-t-il estimé, alors que le député Khodr Habib a considéré qu'« à travers le président, ce sont tous les Libanais, ainsi que la stabilité et la sécurité du pays, qui sont attaqués ». « L'objectif de cette campagne est de pratiquer un chantage et des pressions afin d'affaiblir le régime politique, pour empêcher le chef de l'État d'accomplir ses missions constitutionnelles. Elle vise aussi à opérer un retour vers une époque révolue. Même si elle est motivée par des considérations personnelles, son extension montre que certains essaient de revenir à la période d'avant 2005 », a-t-il dit.
Bassil : « Réformer la Constitution pour soutenir le président »
Membre du Bloc parlementaire du changement et de la réforme, M. Youssef Khalil a jugé nécessaire de tenir la présidence de la République à l'écart des conflits politiques, affirmant que cette fonction devrait être respectée par tous, « sans exception aucune », avant de mettre l'accent sur les rapports « excellents » entre le président Sleiman et le chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun. C'est également le point de vue du ministre de l'Énergie, Gebran Bassil, qui, interrogé au sujet de la déclaration incendiaire faite par M. Wahhab à partir de Rabieh, a affirmé qu'il appartient au CPL de répondre à ce sujet. « L'important n'est pas le lieu à partir duquel une déclaration a été faite, puisque les tribunes sont ouvertes à tous. Les auteurs de propos déterminés en assument la responsabilité », a-t-il dit, avant de mettre l'accent sur la nécessité de « concrétiser la volonté de protéger la présidence de la République et la personne du président, à travers l'introduction des modifications nécessaires à la Constitution ». « Ce sera un appui réel et non plus verbal à la présidence », a-t-il fait remarquer.
Après avoir dénoncé des « tentatives douteuses d'assujettir les institutions étatiques », le député Atef Majdalani a pour sa part « remercié les détracteurs du président pour avoir, grâce à leur campagne, permis à la majorité des Libanais d'exprimer leur attachement à la notion d'État et à tous ceux qui œuvrent pour la concrétiser ».
Rendant un vibrant hommage au chef de l'État, l'ancien ministre Tammam Salam, reçu hier à Baabda, a estimé que le Liban « a besoin de dirigeants responsables qui donnent et ne prennent pas, qui rassemblent et ne divisent pas, qui bâtissent et ne détruisent pas et qui s'abstiennent de dénigrer les autres et de lancer des accusations de traîtrise », a-t-il dit, alors que l'ancien ministre Ahmad Fatfat a vu que c'est « le consensus » qui est pris pour cible à travers la campagne contre le président.
Dénonçant une campagne injustifiée, le Renouveau démocratique a de son côté estimé qu'elle « touche le fondement du choix démocratique des Libanais dont les représentants avaient élu Michel Sleiman à la tête de l'État ». « Les auteurs et les instigateurs de cette campagne ont pris pour cible le système démocratique, l'unité nationale et la légalité démocratique », a insisté le parti de M. Nassib Lahoud dans le communiqué qu'il a publié au terme de sa réunion hebdomadaire.
Quant au Parti national libéral, il a d'emblée estimé que les détracteurs du président agissent « en fonction d'un agenda déterminé, en vue de détourner l'attention du débat autour d'une stratégie de défense ».
Au niveau religieux, le Conseil supérieur melkite a salué le rôle assumé par le chef de l'État au plan national, depuis son accession à la magistrature suprême, et s'est félicité de ce qu'il a aussi réussi à ramener le Liban sur l'échiquier international.
L'évêque maronite de Jbeil, Mgr Béchara Raï, s'est dit également consterné de voir « à quel point le niveau moral de certains dirigeants a pu tomber pour leur permettre de s'attaquer au président » et a invité l'État à sanctionner ces personnes.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine