Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble l'avait déjà dit, la chancelière l'a répété avec force devant les députés allemands : la zone euro devrait pouvoir exclure un de ses membres, « quand il ne remplit pas les conditions » d'appartenance à la monnaie unique, et ce « encore et encore ». La chancelière conservatrice a repris à son compte les propositions de M. Schäuble sur la création d'un Fonds monétaire européen (FME), qui, sur le modèle du Fonds monétaire international (FMI), viendrait en aide aux pays en difficulté. Depuis que Berlin a mis sur la table cette idée, loin de faire l'unanimité en Europe, le discours allemand insiste de plus en plus sur les sanctions qui seraient attachées à ce mécanisme, à savoir en dernier recours cette fameuse exclusion de la zone euro, et de moins en moins sur l'aide qu'il apporterait. Et ce même si le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a jugé à plusieurs reprises « absurde » une exclusion de l'un ou l'autre membre de la zone. Dans le cas de la Grèce, qui se débat avec ses problèmes budgétaires, il ne saurait être question d'aide, a affirmé Mme Merkel hier. Ce ne serait « pas la bonne réponse », selon la chancelière, qui prône de « s'attaquer à la racine » du problème. C'est-à-dire de laisser Athènes se débrouiller et tenter de regagner la confiance des marchés financiers à coups de mesures d'économie et de réformes. Hier soir, le Premier ministre grec Georges Papandréou n'a pas exclu d'avoir recours au Fonds monétaire international pour une aide financière, afin de s'assurer que son pays ne verse pas des taux d'intérêt trop chers pour emprunter sur les marchés et financer ses déficits. « Nous préférerions une solution européenne », mais « toutes les options sont ouvertes », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles aux côtés du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Lundi, les ministres des Finances de la zone euro avaient mis au point les grandes lignes d'une aide éventuelle, qui pourrait être activée si la situation grecque empirait. Mais pour le gouvernement allemand, confronté à une opinion publique résolument hostile à un sauvetage de la Grèce, ces dispositions n'ont pas valeur de « décision politique ». L'obsession de l'orthodoxie budgétaire de Berlin irrite ses partenaires. Certes les déficits budgétaires excessifs de certains au sein de la zone euro sont un facteur de déséquilibre, mais, ces derniers jours, plusieurs responsables ont insisté sur l'importance des « autres déséquilibres » entre les pays européens. Un message en direction de l'Allemagne, dont la balance commerciale et des paiements fortement excédentaires sont montrés du doigt depuis le début de la semaine. C'est la ministre de l'Économie française Christine Lagarde qui a initié la fronde, et hier elle a enfoncé le clou en enjoignant à l'Allemagne de « baisser les impôts », pour stimuler la consommation chez elle, et par ricochet les exportations de ses partenaires. Les prises de position de Berlin en faveur de la rigueur budgétaire interviennent à un moment où l'Allemagne peut difficilement se poser en donneuse de leçons. Le déficit budgétaire fédéral atteindra cette année un record, et hier Mme Merkel et son équipe se sont fait taper sur les doigts par Bruxelles : « La stratégie budgétaire présentée n'est pas suffisante, a jugé la Commission européenne. L'Allemagne est donc invitée à préciser la stratégie budgétaire qui lui permettra de corriger son déficit excessif. » Mais sur ce point, la chancelière, qui s'exprimait pourtant en plein débat budgétaire au Bundestag, n'a pas été très loquace.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble l'avait déjà dit, la chancelière l'a répété avec force devant les députés allemands : la zone euro devrait pouvoir exclure un de ses membres, « quand il ne remplit pas les conditions » d'appartenance à la monnaie unique, et ce « encore et encore ». La chancelière conservatrice a repris à son compte les propositions de M. Schäuble sur la création d'un Fonds monétaire européen (FME), qui, sur le modèle du Fonds monétaire international (FMI), viendrait en aide aux pays en difficulté. Depuis que Berlin a mis sur la table cette idée, loin de faire l'unanimité en Europe, le discours allemand insiste de...