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Régionales françaises : sévère avertissement à Sarkozy, fragilisé à mi-mandat

Le président français Nicolas Sarkozy a reçu un avertissement sévère au premier tour d'élections régionales qui devraient avoir un impact sur la deuxième moitié de son mandat, puisqu'elles relancent l'opposition socialiste et dessinent une résurgence de l'extrême droite.

Lundi, la première secrétaire du PS Martine Aubry, grande gagnante du premier tour, estimait qu'en lançant un débat sur l'identité nationale, Nicolas Sarkozy avait "rouvert une porte" au Front national, parti d'extrême droite qui a effectué une nette remontée au 1er tour, en obtenant 12%./

"Les élections régionales, les élections intermédiaires, dans une situation de crise financière mondiale, c'est toujours des élections difficiles", a justifié le chef du gouvernement François Fillon.

"Nous sommes tous mobilisés pour nous battre", a insisté le Premier ministre, espérant un sursaut en cas de vote des abstentionnistes (53,6%) après un premier tour désastreux pour la majorité, unanimement qualifié dans la presse d'"avertissement", de "claque" ou de "désaveu".

Si la vague rose et verte, c'est-à-dire une alliance du Parti socialiste et de ses alliés écologistes, submergeait la France dimanche prochain, au second tour, cela marquerait "un tournant politique majeur du quinquennat", estimait le journal de gauche Libération.

Or le rapport de force est clairement favorable à la gauche: selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, le bloc gauche (53%) distance en effet de 14 points le bloc droite (39%). Le PS devance le parti présidentiel UMP et ses alliés de 3 points (29% contre 26%) et il arrive en tête dans 13 régions.

Ce scrutin, la dernière élection intermédiaire avant la présidentielle de 2012, a d'ores et déjà un impact national. La présence de 20 ministres sur les listes de droite lui a en outre conféré une valeur de test.

Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy avait sans cesse répété que le scrutin était régional et qu'il ne pouvait avoir de conséquences nationales. Mais il est pourtant intervenu à la veille du scrutin, tentant de jouer l'apaisement et promettant d'être à l'écoute des Français. Il a aussi annoncé "une pause" dans les réformes au second semestre 2011.

Le mauvais score de la droite apparaît comme "un échec" personnel et marque "le début d'une crise de leadership" pour le président, juge le politologue Stéphane Rozès.

Or la cote de popularité du chef de l'État est déjà en chute libre depuis plusieurs mois. Il a dû affronter la crise économique et ses conséquences sur l'emploi.

Des scandales à répétition, accusations de népotisme concernant son fils, écrits d'un de ses ministres sur la prostitution, dérapages racistes de dirigeants de droite lors d'un débat controversé sur l'identité nationale, ont terni son image et contribué à brouiller son message au sein de sa famille politique.

Lundi, la première secrétaire du PS Martine Aubry, grande gagnante du premier tour, estimait qu'en lançant un débat sur l'identité nationale, Nicolas Sarkozy avait "rouvert une porte" au Front national, parti d'extrême droite qui a effectué une nette remontée au premier tour, en obtenant 11,4%.

La droite se retrouve de fait coincée entre un PS triomphant, qui pourrait remporter la quasi-totalité des régions en tandem avec ses alliés d'Europe Ecologie (troisième force du pays avec 12%), et une extrême droite revigorée.

Le député socialiste Claude Bartolone, proche de Martine Aubry, a prévenu dès lundi que les négociations avec ses alliés verts devraient permettre "de préparer la présidentielle de 2012".

Pour éviter la débâcle, la droite espère encore sauver l'Alsace (est), et peut-être la Corse (sud), les deux seules régions qu'elle détient actuellement.

Toutefois, il reste difficile de tirer des pronostics à long terme de la déroute de la droite, car si le PS s'est clairement imposé à la tête de l'opposition, il n'a toujours pas de "candidat naturel" pour 2012, estime François Miquet-Marty, de l'institut de sondages Viavoice.


"Les élections régionales, les élections intermédiaires, dans une situation de crise financière mondiale, c'est toujours des élections difficiles", a justifié le chef du gouvernement François Fillon.
"Nous sommes tous mobilisés pour nous battre", a insisté le Premier ministre, espérant un sursaut en cas de vote des abstentionnistes (53,6%) après un premier tour désastreux pour la majorité, unanimement qualifié dans la presse d'"avertissement", de "claque" ou de "désaveu".
Si la vague rose et verte, c'est-à-dire une alliance du Parti socialiste et de ses alliés écologistes, submergeait la France dimanche prochain, au second tour, cela marquerait "un tournant politique majeur du quinquennat", estimait le...