En effet, les compositions appartiennent aux différents grands maîtres qui se sont succédé à l'institut pontifical de musique sacrée qui a pris naissance il y a cent ans. Plus exactement en 1911, lorsque Licinio Refice prit en main la direction de cette école pour redonner aux chants liturgiques leur dignité. Dans le respect de cette coutume romaine, qui subsiste jusqu'à nos jours, le vent de modernisme a été vite balayé.
Refice est certainement l'un des grands compositeurs des chants sacrés qui sera honoré ce soir, puisque la chorale interprétera deux de ses compositions. Mais il y en aura d'autres notamment, celles de Domenico Bartolucci et de Lorenzo Perosi.
Ces travaux de maîtres de chorales, préservés jusqu'alors dans les archives de la basilique papale, ont été dépoussiérés et rafraîchis par ces voix uniques, qui deviennent tour à tour instruments. Sous la direction de Miserachs (à la fois organiste et chef de chœur à Rome), qui présentera en finale deux de ses Crux Fidelis et le Magnificat della Porta Santa. Puissantes et pures, ces voix bénies montaient telles des vagues pour mieux s'abaisser par la suite.
Les œuvres de tous ces grands compositeurs qui ont travaillé dur pour forger un édifice musical infaillible continuent à se perpétuer de génération en génération et à enchanter les esprits, tout comme l'a fait la chorale de Santa Maggiore en cette douce nuit de mars à l'église Saint-Louis des capucins à Beyrouth.

Les attaques et destructions israéliennes se multiplient dans la « zone tampon » occupée