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Culture - Rencontre

Écrivain colombien, Luis Fayad porte le Liban au cœur

Écrivain et journaliste colombien, Luis Fayad est, comme son nom l'indique, issu d'une famille d'origine libanaise. C'est avec émotion qu'il a découvert la terre de ses ancêtres, à l'occasion de sa participation aux Rencontres d'écrivains ibéro-américains qui se sont déroulées à Beyrouth, la semaine dernière.

Luis Fayad, Colombien certes, mais toujours attaché à ses racines libanaises.(Michel Sayegh)

Né à Bogota en 1945, Luis Fayad est colombien, certes. Mais un Colombien qui assure «porter le Liban dans (son) cœur depuis toujours». Normal pour ce descendant d'émigrés libanais, originaires de Baabda, dont l'enfance a été bercée par les récits de ses grands-parents sur le pays du Cèdre. «Ils m'ont raconté le Liban dans ses moindres détails: son histoire, son mode de vie, ses valeurs...», dit-il. Cette transmission orale qui a imprégné sa personnalité - «J'ai beaucoup de facettes libanaises», dit-il - n'a toutefois pas été jusqu'à l'apprentissage de la langue. «Mes parents et grands-parents s'exprimaient souvent en arabe entre eux, mais ils ne m'ont pas appris à parler cette langue», regrette-t-il. Expliquant que «c'est sans doute par souci d'intégration». Cette «lacune», il essaye aujourd'hui de la rattraper en prenant des cours d'arabe à... Berlin, où il est correspondant pour des journaux colombiens et espagnols depuis vingt ans.
«J'avais besoin d'apprendre la langue de mes ancêtres, même sur le tard», affirme ce romancier qui assure que son accent espagnol porte une empreinte libanaise et dont le premier roman, Les parents d'Esther, relate une saga familiale spécifiquement libanaise. Une épopée qui se déroule au Liban au début du siècle dernier et qui s'appuie sur des faits «minutieusement documentés et vérifiés», évidemment inspirée de sa propre histoire familiale.
Auparavant il avait signé, en 1968, un recueil de nouvelles, dont l'une d'elles, La chute des points cardinaux, commençait par le départ d'un navire du Liban portant à son bord des émigrés à destination du continent latino-américain.
C'est dire à quel point ce Colombien de troisième génération est resté attaché à ses racines libanaises. «Dans ma maison en Colombie, j'ai tout un mur du salon orné de portraits de mes aïeux», révèle-t-il. Un attachement aux racines qui lui donne le sentiment de devoir contribuer, «dans la mesure de mes moyens, à propager une image plus juste et valorisante du monde arabe que celle qui prédomine actuellement et, surtout, à inciter les gens en Amérique latine à construire leur propre opinion de la culture arabe indépendamment de celle qui est transmise par les États-Unis ou le monde occidental, assure-t-il. C'est là l'un des rôles de tout écrivain, poète ou intellectuel que de jeter des passerelles entre les cultures.»
Espérant d'ailleurs que ces journées de Rencontres d'écrivains ibéro-américains instaurent un début de relations directes entre les écrivains de «ses» deux pays, notamment à travers la traduction par des maisons d'éditions libanaises d'auteurs colombiens et vice versa, Luis Fayad gardera, pour sa part, de son séjour à Beyrouth, un sentiment différent de celui de ses collègues invités. «Parce que personnellement j'ai découvert le Liban, ni avec les yeux d'un touriste ni avec le regard d'un romancier, mais à travers le prisme de l'émotion», assure-t-il, avec ferveur.
Né à Bogota en 1945, Luis Fayad est colombien, certes. Mais un Colombien qui assure «porter le Liban dans (son) cœur depuis toujours». Normal pour ce descendant d'émigrés libanais, originaires de Baabda, dont l'enfance a été bercée par les récits de ses grands-parents sur le pays du Cèdre. «Ils m'ont raconté le Liban dans ses moindres détails: son histoire, son mode de vie, ses valeurs...», dit-il. Cette transmission orale qui a imprégné sa personnalité - «J'ai beaucoup de facettes libanaises», dit-il - n'a toutefois pas été jusqu'à l'apprentissage de la langue. «Mes parents et grands-parents s'exprimaient souvent en arabe entre eux, mais ils ne m'ont pas appris à...
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